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Les ministres anglais interdits d’Apple Watch

Le 13 oct. 2016

Theresa May a tranché : les montres connectées et les smartphones ne sont plus autorisés aux réunions de cabinet ministériel. Sécurité oblige !

En matière de sécurité informatique, les politiques ne sont généralement pas meilleurs que les autres : ils n’y connaissent pas grand-chose. Il y a quelques jours, ce sont les ministres australiens, et le premier d’entre eux Malcom Turnbul, qui se faisaient épingler pour leur usage inconséquent des outils numériques. Ils avaient pris l’habitude, comme de loquaces pré-pubères, d’échanger via WhatsApp sur leurs dossiers en cours... Or, tout responsable sécurité stagiaire le confirmera : l’appli au milliard d’utilisateurs n’a pas été spécialement conçue pour véhiculer des secrets d’Etat.

Theresa May ne compte pas faire preuve d’un tel laxisme. Et pour elle, la sécurité de ses services commence par quelques mesures simples : plus de smart Watch, plus de smartphones et plus de gadgets connectés dans son conseil. Le tout semble être de pur bon sens : chacun de ces objets pouvant être hacké et transformé en micro, ou en caméra. The Telegraph cite une source anonyme pour mieux expliquer la précaution : « Les Russes essaient de tout pirater ». Reconnaissons ici que les Russes ont bon dos ! En effet, madame la Première ministre semblait viser plus spécifiquement les Apple Watch… qui ne sont pas franchement un produit made in Kremlin. Mais bon, sans doute que chez nos amis britanniques, l’espion est mieux connu pour venir du froid…

Quoiqu’il en soit, les militants qui avaient décerné le titre de « méchante de l’année » à Theresa pour dénoncer ses positions concernant la surveillance des citoyens, apprécieront de la découvrir si précautionneuse en matière de confidentialité des données. « Au lieu de répondre à l’inquiétude des citoyens au sujet des divulgations d’Edward Snowden en faisant reculer les capacités de surveillance de l’Etat, elle a défendu un projet de loi (The Investigatory Powers Bill) visant à instaurer une législation autorisant la surveillance la plus intrusive de tous les pays démocratiques » avait déclaré Harmit Kambo, directeur de campagnes chez Privacy International. Comme quoi, le numérique n'a rien changé : la raison d'Etat finasse toujours aussi subtilement quand il s'agit de définir jusqu'où, pour quoi et pour qui il est nécessaire d'assurer l’étanchéité des secrets...

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