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Hydrocarbures dans nos assiettes : E.Leclerc s’engage

Le 4 oct. 2016

Octobre 2015 : foodwatch révèle que des aliments tels que le riz, les corn flakes, ou les pâtes, conditionnés dans des emballages carton sont contaminés par des hydrocarbures dangereux. E.Leclerc s’engage à rectifier ses pratiques.

L’écrasante majorité des aliments que nous avons testés – y compris des aliments consommés par les enfants, ou bio – sont contaminés par des dérivés de pétrole, des huiles minérales dangereuses pour la santé. Le problème est connu des fabricants, des politiques et des experts depuis de nombreuses années. Mais ni la France ni l’Union européenne n’ont mis en place de législation destinée à protéger les consommateurs.

Ingrid Kragl, directrice de l’information de foodwatch France

L'an dernier, les résultats d’une étude menée en laboratoire en France, en Allemagne et aux Pays-Bas par l'association foodwatch — la plus grande à l’échelle européenne, avec 120 produits examinés - sonnaient l'alarme : riz, céréales pour le petit-déjeuner, couscous, lentilles, cacao en poudre ou pâtes étaient contaminés par des dérivés de pétrole dangereux pour la santé. Ces substances toxiques sont en effet suspectées d’être cancérogènes, mutagènes (qui altèrent le patrimoine génétique) et de perturber le système endocrinien.

Et les résultats incriminent la France: elle fait figure de mauvais élève, avec six produits testés sur dix (60%) contenant des huiles minérales de la catégorie la plus dangereuse (MOAH). Plusieurs marques étaient citées dans le rapport : des pâtes pour enfants de la marque Carrefour, du cacao en poudre Nestlé ou Van Houten, des lentilles Auchan, des corn flakes Intermarché ou Monoprix, du couscous bio, et également du riz de chez E. Leclerc.

E.Leclerc est le premier groupe en France à apporter une réponse concrète à ce problème de santé publique. Sur son blog, Michel-Edouard Leclerc s’est engagé à éliminer les MOAH d’ici mi-2017 sur ses marques propres (Marque Repère, €co+) et à respecter une limite à la présence de MOSH dans ses produits. Il affirme, par ailleurs, avoir posé des exigences claires auprès des grandes marques vendues dans ses supermarchés.

Comme tout distributeur et industriel, nous avons été amenés à nous pencher sur la problématique des perturbateurs endocriniens. Mais c’était la première fois, en tous les cas pour E.Leclerc, que nous étions confrontés à cette question de la migration des encres d'emballages.

Interrogés, les pouvoirs publics – comme souvent – n'avaient pas vraiment de réponse. De son côté, foodwatch a étayé son interpellation et nous a communiqué sans difficulté l’intégralité des études et analyses sur lesquelles elle s’appuyait.

En croisant leurs résultats avec nos propres analyses, nous avons abouti aux mêmes résultats.

Michel-Edouard Leclerc

Et Michel-Edouard Leclerc détaille et précise ses engagements. Côté marques nationales, un premier courrier du distributeur envers les marques est resté sans grand effet... Aussi, le cahier des charges des acheteurs de chez E.Leclerc va être enrichi d'une prohibition des emballages pouvant contaminer par des MOAH et/ou dépassant des seuils de MOSH supérieurs à 2 mg/kg dans les aliments.

Côté marques de distributeur, la Scamark (société qui développe les gammes MDD pour E.Leclerc) va donner l'exemple et revoir ses cahiers des charges pour prendre en compte ces nouvelles exigences. Sur plus d'une cinquantaine de références identifiées, leurs emballages et conditionnements devraient être satisfaisants à partir du 2eme semestre 2017.

La nouvelle est réjouissante... mais beaucoup reste à faire. Peut être que d'autres marques pourraient emboîter le pas à E.Leclerc. Mais les pouvoirs publics devraient également se saisir du dossier : "un simple arrêté interministériel permettrait d'interdire la présence de MOAH et de réduire considérablement la présence de MOSH dans les emballages industriels" explique Michel-Edouard Leclerc. "Mais c'est surtout au niveau européen que cela se joue. Si nos scientifiques estiment le sujet suffisamment important, alors fi du silence et de la passivité : on attend des actes !" conclut-il.

Foodwatch salue l’engagement de E.Leclerc, alors même qu’aucune réglementation ne protège aujourd’hui les consommateurs contre les dangers des hydrocarbures dans les aliments. Nous appelons maintenant le gouvernement, les autres marques et distributeurs à prendre leurs responsabilités et faire de même.

 

Karine Jacquemart, directrice générale de foodwatch France

Comment et pouquoi trouve-t-on des hydrocarbures dans nos aliments ? Rappel des faits

Les aliments peuvent être contaminés à toutes les phases : chaîne de production, stockage, transport. Mais l’étude de foodwatch montrait que la plupart des huiles minérales migraient dans les aliments à partir des emballages en papier ou carton recyclés. Les emballages fabriqués à partir de fibres recyclées peuvent présenter un danger réel pour la santé si les aliments ne sont pas protégés de façon adéquate.

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