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Une femme se cache le visage avec un livre
© Siora Photography via Unsplash

Confinement : trois textes à lire pour éviter de céder aux idées faciles

Le 13 nov. 2020

Reconfinement, semaine 2, vous tournez en rond ? Voici trois textes, repérés dans la presse et sur le web, pour agiter ses neurones et éviter de céder aux idées faciles.

Pour casser ses idées reçues

L’idée principale : Les digital nomads, ces télétravailleurs itinérants (dans des lieux paradisiaques de préférence), n’ont pas le moral, nous apprend un long article du New York Times. Leur situation est pourtant enviable : travailler depuis un lieu exotique, on a vu bien pire en période de pandémie. Mais l’enquête d'Erin Griffith, basée sur plusieurs témoignages, casse les idées reçues. Ennui, recalage aux frontières, culpabilité, confrontation aux haters, isolement, l’impression de ne jamais profiter du lieu dans lequel on se trouve… La vie des digital nomads, censée incarner le meilleur du télétravail, n’est pas aussi belle que leurs photos postées sur Instagram.

La citation forte : « En période de pandémie, les digital nomads ont simplement fait du workation un état permanent. La mauvaise nouvelle, c'est que c’est le pire des deux mondes (le monde du travail et celui des vacances). Ils devraient profiter d’un environnement magnifique, mais ne peuvent pas, car ils doivent travailler. Leurs pensées anxieuses vont et viennent entre "Pourquoi est-ce que je ne vis pas ma meilleure vie ?" et "Pourquoi est-ce que je ne suis pas le meilleur au travail ?"»

Pour remettre ses idées au clair

L’idée principale : Il sera certainement difficile de passer au crible tous les arguments avancés dans Hold-Up, documentaire sorti le 11 novembre (déjà massivement commenté sur les réseaux sociaux) alimenté par différentes thèses complotistes et intox autour du Covid-19. Mais Les Décodeurs du Monde se sont pliés à cet exercice d’utilité publique. Le quotidien revient sur sept fausses affirmations mises en avant dans ce film dont un mystérieux pic des mortalités après le Lancetgate, la situation idéalisée de la Suède, la remise en cause hâtive du confinement... Libération explique de son côté la genèse de Hold-Up et détaille le CV d’une partie des 37 intervenants.

La citation forte : « Si le documentaire se présente comme une enquête journalistique, elle ne l’est que sur la forme. Les propos des intervenants ne sont jamais ni contextualisés ni questionnés. Surtout, si le propos reste dans un premier temps très général (comme sur la peur « entretenue » par les politiques) ou insiste sur des controverses bien établies (comme un long passage qui prend fait et cause pour l’hydroxychloroquine en s’appuyant sur l’étude rétractée du Lancet), il dévie peu à peu vers un complotisme très confus. » (Libération)

Pour comprendre comment s’installent les idées complotistes

L’idée principale : pour comprendre comment certaines thèses fumeuses deviennent des croyances populaires, il faut lire le récit « Mes amis complotistes » de l’écrivain Emmanuel Ruben dans le dernier numéro du 1. Le romancier raconte comment deux de ses amis, des musiciens, ont progressivement adhéré à des thèses complotistes – le confinement aidant à « ruminer ses idées fixes » – puis à la propagande de Donald Trump. Le tout teinté d’un antisémitisme rampant. Le texte raconte aussi le sentiment de désarroi et d’humiliation du narrateur face aux discours de ses compagnons qui « eux connaissent le dessous des cartes ».

La citation forte : « Le principe actif du complotisme c’est l’inversion dans l’ordre de l’interprétation des faits. On part d’une conséquence voulue (la réélection de Trump, la défaite de Macron…) ou d’une finalité crainte et fantasmée (le gouvernement totalitaire global) et l’on cherche les indices qui peuvent mener à la cause (la fabrication du virus en laboratoire, l’existence d’un réseau pédo-sataniste mondial...). C’est ainsi que prospèrent toutes les religions : la croyance en l’existence de Dieu présuppose toutes les manifestations de sa sainteté. Mais c’est une religion noire (...) car le complotiste, croyant agir par humanité pour libérer les Hommes de l’aveuglement, agit en réalité par ressentiment.»

Marine Protais - Le 13 nov. 2020
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