Un homme blanc fait ses cartons dans son bureau

Sommes-nous tous égaux face au quiet quitting ? Selon une étude, pas vraiment

Grande Démission et autre « démission discrète »... Pas de doute, la pandémie nous fait regarder le travail autrement. Mais peut-on tous autant se le permettre ? Et bien non.

Une nouvelle étude du National Bureau of Economic Research éclaire davantage l'impact de la pandémie sur notre rapport au travail. Baptisée « De la grande résignation à la démission silencieuse, où sont les ouvriers ? », l'étude révèle que le phénomène de désengagement au travail ne touche pas toutes les catégories socio-professionnelles de la même manière.

Quand le boulot ne fait plus rêver

Qualifiant le désengagement des salariés que leur boulot ne fait plus rêver, la démission silencieuse affolerait les services RH. Pourtant, selon une récente étude, tous les salariés ne seraient pas égaux devant la démission tranquille. Selon les chercheurs de l'Université de Washington, le quiet quitting serait davantage un phénomène masculin que féminin. En outre, la baisse du nombre d'heures travaillées serait plus élevée pour les titulaires de diplômes que pour les moins scolarisés. Enfin, elle toucherait davantage les jeunes actifs que les travailleurs plus âgés. Ainsi, sur la période 2019-2022, les hommes âgés de 25 à 39 ans auraient travaillé en moyenne 16 heures de moins par an (contre 6 pour les femmes.) À l’intérieur de ce groupe, la plus forte diminution de temps de travail concernait davantage ceux qui avaient les revenus les plus élevés. En moyenne, les employés américains ont travaillé 11 heures de moins pendant la pandémie que durant la période 2007-2020.

Quiet quitting et pénurie de main-d’œuvre

Couplée à une politique d'immigration restrictive, la pandémie priverait de plusieurs millions de personnes le marché du travail américain. Si selon de nombreux d'experts les facteurs démographiques expliquent en grande partie le ralentissement du marché du travail américain, l'étude du National Bureau of Economic pointe aussi du doigt le phénomène de quiet quitting. Pourquoi ? Pour mieux comprendre le marché du travail post-pandémie, les chercheurs de l'Université de Washington ont décomposé la baisse du nombre d'heure travaillé cumulée en distinguant « la marge extensive » (extensive margins, moins de personnes travaillant) et la « marge intensive » (intensive margins, travailleurs effectuant moins d'heures). Résultat ? Plus de la moitié de la baisse du nombre total d'heures travaillées est imputable à la marge intensive.

Face à ce constat, on voit mal comment le quiet hiring (embauche silencieuse), annoncée comme la tendance 2023 sur le marché du travail, pourrait se concrétiser. En effet, comment demander à des employés en poste d’assumer de nouvelles fonctions pour compenser la pénurie de main-d’œuvre alors qu'ils ont déjà le pied sur le frein ?

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