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RSE et salariés : « le coût de l’inaction sera (bien) supérieur au coût de l’action »

© Benjamin Child

Co-working, télétravail... Alors que les employés désinvestissent physiquement de plus en plus l'entreprise, la RSE serait-elle le levier d'engagement le plus efficace ?

Les effets annoncés de longue date (le premier rapport du GIEC date de 1990) du dérèglement climatique et de la crise énergétique se font fortement ressentir dans le quotidien des Français, à la maison ou au travail. Comment l’inaction environnementale et sociale des entreprises impacte-t-elle alors le quotidien des salariés ? Quelles conséquences pour leurs dirigeants ? Réponses avec le baromètre de Imagreen et Kantar.

Une frontière entre convictions personnelles et actions des entreprises de plus en plus poreuse

Les chiffres parlent d'eux-mêmes : 90 % des salariés estiment la situation sociale et environnementale préoccupante, 76 % d’entre eux déclarent prendre en considération ces enjeux dans leur quotidien et 3,7 millions de travailleurs admettent ressentir un décalage entre leurs convictions personnelles et leur quotidien en entreprise. Ainsi, 4 salariés sur 10 se trouvent en pleine dissonance cognitive. « En plus de peser fortement sur le moral et la vie privée, ce désengagement et cette dissonance ont des conséquences dans l’entreprise : baisse de la prise d’initiatives, retard dans l’exécution des tâches qui manquent de sens, remise en question de la stratégie d’entreprise et des décisions, conflit avec les collègues, voire démissions. (...) », commente Justin Longuenesse, Président d’Imagreen.

Les entreprises doivent être motrices de la transition

Pour un salarié sur trois, l’entreprise doit être actrice de la transition sociale et environnementale. Elle est considérée comme le 2ème acteur prioritaire du changement (après le Gouvernement et avant l’action citoyenne). Pourtant, 1 salarié sur 2 doute de l’efficacité des actions de son entreprise et plus d’un tiers se dit inquiet quant à la capacité de celle-ci à trouver des solutions dans l’avenir. Un manque de confiance en partie alimenté par des campagnes de greenwashing qui sont constatées ou connues par presque 6 salariés sur 10 dans leur entreprise. Pour Béatrice Guilbert, Directrice conseil chez Kantar : « Les salariés ont bien conscience de l’urgence de la situation et considèrent que les solutions doivent être trouvées collectivement. Et on note que l’entreprise joue un rôle important au sein de ce collectif, notamment par des changements de modèles économiques ou des stratégies de relocalisation qui sont plébiscités par les salariés interrogés. »

La RSE, un levier d’engagement et de transformation mal maîtrisé et sous exploité

Dans un dernier volet, le baromètre d’Imagreen et Kantar révèle que la Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE) est un levier d’engagement et de transformation mal maîtrisé et sous exploité par les entreprises. Si un salarié sur 3 reconnaît ne pas savoir si son entreprise bénéficie d'une direction RSE, ils sont 50 % à estimer être mal informés sur le rôle même de la RSE.

Au-delà des aspects techniques, ils sont 60 % à regretter de ne pas être assez — voire pas du tout — impliqués dans la stratégie RSE de leur société. Un manque d'implication qui, à terme, pénalise les entreprises, explique Justin Longuenesse, Président d’Imagreen : « Nous estimons à 2,3 millions, le nombre de salariés évoluant dans des entreprises de 100 salariés et plus qui sont désengagés en partie pour des questions sociales et environnementales. Nul doute que ce chiffre ne fera qu’augmenter à chaque nouvelle « secousse visible » du dérèglement climatique. En plus de la fuite des talents et du turn-over, ce désengagement représente un coût très lourd pour les organisations : un salarié désengagé est moins productif, il s’absente, il critique ouvertement la stratégie de l’entreprise dans sa sphère privée. (...) Notre étude s’inscrit pleinement dans le constat exprimé par le GIEC dans son dernier rapport : le coût de l’inaction sera (bien) supérieur au coût de l’action. »

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