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40 % des jeunes ne veulent pas d'enfants par peur du dérèglement climatique

En cause : la crainte d'un avenir jugé « effrayant » par 6 jeunes sur 10.

Publiée dans The Lancet Planetary Health, c'est l'étude la plus importante jamais lancée sur les jeunes et le climat. Menée conjointement par des institutions universitaires au Royaume-Uni, en Europe et aux États-Unis,Young People’s Voices on Climate Anxiety, Government Betrayal and Moral Injury : A Global Phenomenon a sondé 10 000 jeunes afin de collecter leurs avis et appréhensions quant au dérèglement climatique. Conclusion : la génération Z flippe sévère et près de la moitié d'entre elle estime que l'espèce humaine est condamnée...

Éco-anxiété, solastalgie et sentiment de trahison

L'ambiance n'est pas à la fête, loin de là, et ce de manière quasiment uniforme au sein de tous les pays où a été conduite l'étude. En Australie et au Brésil, en passant par la Finlande, la France, l'Inde, le Nigeria, les Philippines, le Portugal ou encore le Royaume-Uni et les États-Unis, il semblerait que l'éco-anxiété et la solastalgie se portent fort bien, merci pour eux.

En effet : 84 % des jeunes se déclarent inquiets, 59 % extrêmement inquiets. Plus de 50 % des sondés se sentent tristes, anxieux, en colère et impuissants. En outre, plus de 45 % des Z interrogés considèrent que leur sentiment à propos du réchauffement climatique impacte négativement leur vie de tous les jours. Plus frappant encore : 40 % des jeunes hésitent fortement à avoir des enfants en raison de l'avenir incertain qui les attend...

Selon l'étude, la détresse psychologique des Z serait majoritairement imputable à l'insuffisance des actions mises en place par leur gouvernement, qui produirait chez eux un fort sentiment de trahison et d'accablement.

Child Free : 1 planète, 0 enfant

Chez les moins de 25 ans, Thomas Robert Malthus, prêtre anglican qui recommandait au tournant du XIXe siècle de faire moins d'enfants pour faire face aux famines, n'a jamais été aussi populaire.

Entre l'effondrement de la biodiversité, la raréfaction des ressources et les hausses de températures, les Z cherchent des leviers d'action à activer à leur niveau. Inspirés par une étude menée par des chercheurs de l’Université suédoise de Lund, ils seraient prêts à tirer une croix sur leur potentielle progéniture. En effet, l'étude stipule que tout enfant né en moins permettrait d'éviter la production de 58 tonnes de CO₂ par an (soit 50 allers-retours Paris-New York ! ), une action bien plus efficace que remplacer la voiture par le vélo (2.4 tonnes de CO₂ par an) ou l'adoption d'un régime végétarien (0.8 tonnes de CO₂ par an).

Au vu des résultats de l'étude, le mouvement Child Free serait en hausse. En 2019, la sociologue Charlotte Debest rappelait au micro de France Culture que les ginks (Green Inclination No Kids, pour engagement vert, pas d'enfant) ne représentaient que 5 % des Français d'après l'enquête la plus récente (2011) de l'Institut National d’Études Démographiques.

Méthodologie : étude menée par sept institutions universitaires au Royaume-Uni, en Europe et aux États-Unis via le sondage de 10 000 jeunes âgés d'entre 16 et 25 ans au sein de 10 pays différents.

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