Une mule sur fond twitter

« Money mules »  : quand les cybercriminels recrutent des mules financières sur Twitter

Qui n’a pas rêvé de gagner de l’argent vite et facilement ? Une promesse alléchante en cette période d'inflation et de tensions financières. Une situation sur laquelle surfent les cybercriminels à la recherche de mules pour blanchir leur argent sale. Leur nouveau terrain de jeu ? Twitter.

Si le phénomène des mules qui ingèrent de la drogue pour le compte de trafiquants est bien connu, celui des mules financières, aussi appelées « mules bancaires », l'est beaucoup moins. Utilisée par des réseaux cybercriminels pour blanchir de l'argent, la pratique s'est accrue depuis la crise sanitaire et fait de plus en plus de victimes.

Qu’est-ce qu’une mule financière ?

Selon la définition d’Interpol, les mules financières, également appelé « passeurs d’argent » sont des « personnes recrutées – souvent à leur insu – par des organisations criminelles pour transférer des fonds en leur nom et blanchir des profits illicites ». Les cibles des cybercriminels ? Des personnes vulnérables économiquement (étudiants, chômeurs, …) ou psychologiquement. Selon Stephen Kavanagh, Directeur exécutif des Services de police d’Interpol : « Les stratagèmes utilisés pour le recrutement peuvent prendre la forme d’un emploi, de relations amoureuses ou d’investissements, ou simplement d’un service rendu à un ami. » Ainsi, la mule financière reçoit de l'argent dont elle ignore la provenance, le transfère sur des comptes appartenant à des criminels et empoche une contrepartie financière (voire sentimentale) au passage.

L'expert en cybersécurité Josep Albors n'est pas surpris par le procédé : « Les cybercriminels ont d'abord utilisé les e-mails, puis les SMS, et maintenant les réseaux sociaux », a-t-il déclaré au journal El Pais. L'objectif est toujours le même, permettre aux malfaiteurs d’échapper aux autorités en multipliant le nombre d’intervenants afin de brouiller les pistes. « Il est assez difficile d'identifier les personnes derrière tout cela car elles changent constamment les comptes utilisés pour recevoir les transferts d'argent. Ce n'est pas aussi facile que de trouver et d'arrêter la mule financière », poursuit Josep Albors.

Le numérique, nouveau terrain de jeu des criminels

Vous cherchez un emploi à temps partiel ? Voulez-vous travailler en ligne ? Voilà comment débutent le plus souvent les messages envoyés en DM aux utilisateurs de Twitter. Pour en savoir plus sur l'offre d'emploi, les destinataires sont invités à contacter l'employeur via une autre application de messagerie. Si le procédé peut surprendre, le phénomène s'est extrêmement développé en deux ans. Une croissance qui inquiète les autorités. Pour alerter et dénoncer cette pratique, Interpol a d'ailleurs lancé une campagne mondiale en août 2022.

Selon le journal El Pais, le recrutement se fait principalement sur Twitter. Questionnée à ce sujet, la plateforme a indiqué lutter contre le phénomène. Toutefois, elle rappelle aux utilisateurs qu'ils ont le contrôle de leur compte et qu'ils peuvent choisir de ne pas accepter les messages directs. Twitter recommande également de signaler les messages suspects.

Pour rappel, en participant à une chaîne d’activité criminelle, les « mules bancaires » s’exposent à des sanctions pouvant aller jusqu'à 5 ans d'emprisonnement et 375 000 euros d'amende pour blanchiment d’argent.

premium2
commentaires

Participer à la conversation

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.