Femme avec un test de grossesse

Critizr propose un congé pour fausse couche à ses salariées

© Couverture du livre de Judith Aquien Trois mois sous silence. Le tabou de la condition des femmes en début de grossesse, Éditions Payot © Claire Morel Fatio

Alors que la députée Paula Forteza a déposé fin mars une proposition de loi pour une meilleure prise en charge de la fausse couche, l'entreprise Critizr prend les devants et accorde dès à présent à ses salariés un congé pour affronter le deuil périnatal.

Depuis le 1er mai 2022, l’entreprise Critizr, PME spécialiste de la relation client, propose cinq jours de congés pour fausse couche à l’ensemble de ses salariées ainsi que leur conjoint·e. Une initiative qui vise à reconnaître « le caractère spécifique de la souffrance vécue » . en écho à la proposition de loi de la députée Paula Forteza qui milite pour une meilleure prise en charge de cette expérience traumatisante qui selon un rapport publié en 2021 dans The Lancet, touche une femme sur 10.

Briser le tabou de la grossesse qui ne se mène pas à terme

L'élue entend briser le tabou autour de cette expérience traumatisante en plaidant pour un congé spécial après une fausse couche. Plus largement, Paula Forteza souhaite créer un « parcours de soins complet et spécifique de la fausse couche » , qui allie temps d'information, entretien psychologique et jours de congé pour la femme concernée ainsi que son ou sa partenaire. On espère que le cas Critizr inspirera les prochains législateurs qui auront à se prononcer sur cette proposition de loi. Notons qu'en complément de ce congé pour fausse couche, Critizr a également mis en place un congé menstruel pour les règles douloureuses et les personnes victimes d’endométriose.

À ce jour, près d'une centaine d'entreprises, signataires du Parental Challenge, propose d'ores et déjà ce type de congés à leurs employés. Le Parental Challenge, co-fondé par Judith Aquien, est à la fois une guide et une charte d'engagement « pour que chacune et chacun puisse s'épanouir dans son entreprise tout en étant parent. » Judith Aquien, auteure de Trois mois sous silence. Le Tabou de la condition des femmes en début de grossesse (Payot, 2021) est également à co-fondatrice du collectif #faussecouchevraivécu à l'initiative de la pétition du même nom, qui milite pour que le sujet de la fausse couche soit reconnu comme un réel « une étape potentielle de la maternité qui n’a pas à être cachée. »

Nouvelle-Zélande à l'avant-garde

Si en France la prise de conscience n'en est qu’à ses balbutiements, la Nouvelle-Zélande, dirigée par Jacinda Ardern depuis 2017, a voté le 24 mars 2021 l’instauration d’une loi garantissant un congé spécial de trois jours aux parents confrontés à une fausse couche à tout moment de la grossesse, ou à la naissance d'un bébé mort-né. « Le deuil qui accompagne une fausse couche n'est pas une maladie, c'est une perte, et il faut du temps pour se remettre physiquement et mentalement d'une telle perte » , avait alors indiqué la députée travailliste Ginny Andersen qui a mené le projet devant le Parlement.

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