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Personne tenant un smartphone danas sa main et navigue sur l'application Instagram
© Erik Lucatero via Getty Images

Moins de likes, moins de notifications… Pourquoi les réseaux se mettent à la diète

Le 12 nov. 2019

Critiquées pour être trop addictives, les plateformes de la tech multiplient les mises à jour et initiatives pour préserver notre « bien-être digital ».

À partir de la semaine prochaine, une partie des utilisateurs américains d’Instagram ne verront plus le nombre de « likes » récoltés par les publications des autres. Ils pourront toujours consulter ceux de leurs propres photos, mais en se rendant sur une page spécifique.

Le réseau social, propriété de Facebook, teste déjà cette fonctionnalité dans six pays, dont le Canada, l’Australie et le Brésil depuis juillet 2019. « Nous faisons cette expérience parce que nous souhaitons que nos utilisateurs se concentrent sur les photos et les vidéos partagées, pas sur le nombre de likes qu'ils recueillent. Nous ne voulons pas qu'Instagram donne l'impression d'être une compétition », avait expliqué un porte-parole de la plateforme cet été.

Instagram (et les réseaux sociaux en général) sont en effet régulièrement pointés du doigt pour le stress voire les comportements addictifs qu’ils suscitent. Y compris par d’anciens dirigeants de ces entreprises qui disent haut et fort que les plateformes n’ont souvent qu’un but : générer de la dopamine via les likes et notifications en tout genre pour nous rendre accros. En mai 2017, un sondage britannique de la Royal Society for Public Health mené auprès de 1 500 jeunes (14-24 ans) évaluait l’impact de cinq réseaux sociaux sur la santé mentale. Instagram était jugé le plus néfaste, entraînant des sentiments d’infériorité et d’anxiété. Facebook, Twitter et Snapchat étaient également considérés comme ayant des effets majoritairement négatifs sur le bien-être des répondants.

La fin des petits points rouges sur Facebook

Instagram n’est d’ailleurs pas la seule plateforme à revoir son interface pour la rendre moins stressante et addictive. Facebook teste aussi la fin des compteurs de like. Le réseau a également récemment mis en place une fonctionnalité qui permet de masquer les notifications intempestives sur la page d’accueil de l’application. Vous savez, ces petits points rouges agaçants qui s’accumulent pour vous indiquer qu’un illustre inconnu a publié sur un groupe que vous suivez vaguement, ou qu’un nouvel article est en vente sur la marketplace Facebook où vous ne mettez jamais les pieds. « Nous mettons en place de nouveaux paramètres dans la barre de navigation pour permettre aux utilisateurs de se connecter plus facilement aux choses qu’ils aiment et de contrôler les notifications qu’ils reçoivent », explique un porte-parole de Facebook à TechCrunch.

Le mouvement est plus général que ces mises à jour, qui peuvent paraître anecdotiques. Nir Eyal, consultant de la Silicon Valley et spécialiste de la captologie (cet art de capter l’attention des utilisateurs), expliquait à L’ADN que de nombreuses entreprises de la tech faisaient désormais appel à ses services pour rendre leurs technologies moins addictives. Il citait notamment les outils d’Apple pour gérer son temps d’écran. Ou Google qui multiplie les expérimentations liées au « bien-être digital ».

Et Google créa l’agenda papier

Dans une vidéo publiée le 3 octobre 2019 issue de ces expérimentations, Google et son partenaire Studio Design expliquent très sérieusement comment se passer de son smartphone pendant une journée grâce à un morceau de papier plié en 4 sur lequel sont notés les rendez-vous et infos utiles pour la journée. Une « invention » baptisée « Paper phone » fortement inspirée… de l’agenda papier. En moins bien.

Après avoir élaboré des applications et technologies fortement addictives, les GAFA seraient-elles devenues des entreprises philanthropes soucieuses de notre bien-être psychique ? Pas si vite. Ces améliorations servent aussi leur business et sont indispensables à la survie des plateformes sur le long terme. Le but est d’améliorer l’expérience utilisateur pour faire en sorte que ceux-ci perçoivent les plateformes comme des lieux positifs. Et continuent de les utiliser.

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