De gauche à droite : Yat Siu, Brian Amstrong et Roham Gharegozlou

Qui sont les nouveaux patrons stars du « Web3 » , ce nouveau web dopé aux cryptos ?

Roham Gharegozlou, Devin Finzer ou Brian Armstrong… Ces noms de PDG ne vous évoquent rien ? Ils comptent pourtant jouer un rôle clé dans le Web3, cette nouvelle version du web dite « décentralisée » . 

Sundar Pichai, Jeff Bezos, Mark Zuckerberg, Tim Cook, Satya Nadella... Le monde de la tech est encore largement incarné par les patrons des GAFAM. Mais de nouvelles têtes apparaissent et ont bien l'intention de devenir les futurs influents du numérique. Ils officient dans les cryptomonnaies, les NFT, la blockchain ou plus largement le Web3, cette version du web censée être plus décentralisée et où tout échange est monétisé. Sélection non exhaustive de ces nouveaux boss. Spoiler : cette nouvelle version du web n’est pas plus égalitaire que la précédente. 

Devin Finzer et Alex Atallah (OpenSea), les prochains Jeff Bezos ?  

Ces deux new-yorkais sont à la tête de l’une des entreprises phares de l’économie des NFT : OpenSea, une place de marché où l’on peut vendre et acheter des œuvres d’art numériques certifiées sur la blockchain, mais aussi des items de jeux vidéo, des avatars numériques, des tickets pour des évènements en ligne... C’est là où s’achètent les CryptoPunks ou les Bored Ape Yacht Club, ces avatars hors de prix dont les célébrités raffolent. 

Le montant total des transactions mensuelles sur OpenSea est autour de 3 milliards de dollars avec seulement 300 000 utilisateurs. Devin Finzer et Alex Atallah ont fondé l’entreprise en 2017 quand les NFT étaient encore un acronyme quasi-inconnu. On peut dire qu’ils ont eu le nez fin. Leur fortune se chiffrerait à 2,2 milliards de dollars chacun selon Forbes

Malgré son succès, OpenSea traîne déjà quelques casseroles. La plateforme est aussi connue pour ses nombreux fraudeurs. Contrairement à d’autres marketplaces de NFT, OpenSea est ouvert à tous, et le site a du mal à contrôler les NFT créés à partir d'œuvres volées. 80 % des NFT mis en vente sur la marketplace seraient soit du plagiat, de fausses collections ou des spams, selon un chiffre avancé par OpenSea sur son compte Twitter. 

Roham Gharegozlou (Dapper Labs), l’avant-gardiste

Fin 2017, Roham Gharegozlou, alors CEO du fonds d'investissement Axiom Zen, lance les CryptoKitties, un jeu un peu idiot où l’on collectionne, achète et revend de petits chats virtuels. Mais c’est aussi l’une des premières applications décentralisées basées sur la blockchain Ethereum. Et l’un des premiers crypto-jeux. Depuis, cet entrepreneur de 32 ans a créé une autre entreprise (Dapper Labs) et lancé un autre projet très populaire : NBA Top Shot, le jeu de Panini virtuel qui a rendu le NFT presque mainstream. On y achète et collectionne des extraits de matchs de basket sous forme de NFT. Sa société est aujourd’hui valorisée 7,6 milliards de dollars. 

Roham Gharegozlou a la ferme intention de porter les intérêts de l’industrie de la blockchain aux oreilles des décideurs politiques. Dapper Labs est la première société dans le secteur des NFT à s’être enregistrée au niveau fédéral pour pouvoir exercer un lobby auprès du gouvernement américain. 

Yat Siu (Animoca), l’accompagnateur 

Yat Siu, entrepreneur hongkongais (qui a grandi en Autriche) de 49 ans, s’est intéressé un peu par hasard au NFT. En 2017, il se trouve que l’entreprise qu’il vient de racheter partage les locaux d’Axiom Zen, développeur des CryptoKitties. Depuis, Yat Siu est devenu une figure incontournable du Web3, explique Tech Crunch. Son entreprise Animoca accompagne et soutient financièrement une bonne partie des entreprises de cette nouvelle famille du web depuis leurs débuts. C’est Animoca qui a été la première à miser sur Dapper Labs ; Animoca encore qui a investi très tôt dans le jeu Axie Infinity ou dans OpenSea, Animoca qui a racheté le métavers Sandbox… Cette société n’est pas pour autant un fonds d’investissement. Il s’agit d’un éditeur de jeux vidéo qui a pris le tournant des NFT et a décidé d’incuber et d’investir dans des entreprises de ce domaine. 

Trung Thanh Nguyen (Sky Mavis, Axie Infinity), le maître du jeu 

Le gaming est certainement le secteur qui va le plus efficacement s’emparer de la blockchain et des modèles décentralisés. Trung Thanh Nguyen, développeur vietnamien, avait cette conviction avant de créer le jeu Axie Infinity en 2018. On y achète et élève des NFT de petits monstres façon Pokémon, qui peuvent également participer à des combats. Axie Infinity, qui réunit 3 millions de joueurs, est l’un des modèles les plus aboutis de jeux dit play-to-earn, où l’on joue pour gagner de l’argent. Plus vous gagnez de combats, plus vous remportez des SLP, l’une des monnaies du jeu. Aux Philippines, certains joueurs ont abandonné leur travail pour gagner leur vie grâce à leurs Axies. Et le SLP est accepté dans de plus en plus de commerces. Axie Infinity envisage de laisser aux joueurs la possibilité de prendre part aux décisions de développement du jeu. Ce qui ressemblerait véritablement à un modèle décentralisé « Web3 » . 

Brian Armstrong (Coinbase), le gourou de la décentralisation

Cet ex-ingénieur d’Airbnb s’est passionné pour le Bitcoin dans les années 2010 et commence à coder Coinbase alors qu’il travaille encore pour le site de location entre particuliers, et que le Bitcoin ne vaut pas plus de 15 dollars. Aujourd’hui, sa plateforme de trading de crypto-actifs réunit 73 millions d’utilisateurs. Le crâne rasé, toujours vêtu de noir, Brian Armstrong aime bien répéter qu’il faut « démocratiser » l’argent de la même manière qu’Internet a réussi à démocratiser l’information. En avril 2021, Coinbase a réalisé la plus grosse entrée en Bourse d’entreprise américaine depuis Facebook en 2012. Depuis cette arrivée fracassante à Wall Street, l’entreprise a vu sa valorisation chuter, suivant le cours volatil des cryptomonnaies

Changpeng Zhao (Binance), la légende des cryptobros

On l’appelle aussi « CZ » chez les cryptobros. Cet entrepreneur sino-canadien de 44 ans est considéré comme une légende de la crypto, car il est parvenu à devenir la plus grosse fortune des cryptomonnaies en quelques mois (96 milliards de dollars selon Bloomberg). Celle-ci se rapproche des sommes titanesques accumulées par le PDG de Meta Mark Zuckerberg, et les fondateurs de Google Larry Page et Sergey Brin. Avec 85 millions d’utilisateurs, sa plateforme d’échanges de cryptomonnaies Binance a dépassé son rival américain Coinbase, créée pourtant 4 ans plus tôt.

Sam Bankman-Fried, le golden boy 

C’est le plus jeune de cette nouvelle génération de patrons stars. Sam Bankman-Fried, aka « SBF » (les initiales semblent à la mode dans le Web3) a 29 ans et a créé FTX, un concurrent de Binance et Coinbase, il y a deux ans. Selon Forbes sa fortune s’élèverait déjà à 22,5 milliards de dollars. De quoi faire de cet entrepreneur diplômé en physique et en mathématiques au look décontracté, l’un des hommes de moins de trente ans les plus riches de l’histoire (seul Mark Zuckerberg a été plus riche avant la trentaine). Sa société basée aux Bahamas vient de lever 400 millions de dollars. FTX est la première plateforme à avoir introduit les « tokenised stock » , (ou actions tokenisées), un produit financier qui permet d’investir dans des entreprises de la Bourse traditionnelle sans sortir de FTX.

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