Le chiffre 1,6 accompagné d'images de CryptoPunks

Folie des CryptoPunks : les ventes dépassent 1,6 milliard de dollars

Ils sont pixélisés, un peu étranges et se vendent parfois des millions de dollars l'unité. Snoop Dog et Jay Z affichent le leur en photo de profil. Comment la folie des CryptoPunks fait vriller les plus riches.

S’il fallait choisir une image pour illustrer la frénésie autour des NFT, ces jetons non fongibles attestant l’authenticité d’un objet numérique, ça serait sans aucun doute l’un de ces petits personnages pixélisés baptisés CryptoPunks. Certains arborent une coupe de cheveux un peu étrange, d’autres des boucles d’oreilles, une casquette, d’autres encore, plus rares, ressemblent à un zombie, un singe ou un alien… Il y a 10 000 CryptoPunks au total. Ils ont tous été générés par un algorithme de manière aléatoire. On retrouve certaines caractéristiques d’un punk à l’autre, mais aucun ne se ressemble tout à fait. 

Leurs ventes totalisent aujourd’hui 1,62 milliard de dollars selon Larva Labs, l’entreprise à leur origine. Cela représente plus de 15 % de la totalité du marché des NFT. Ce sont eux, parmi tous les autres projets, qui génèrent le plus de ventes records. La plus élevée à ce jour a été réalisée en mars 2021 : pour le punk #3100, un alien coiffé d’un bandeau bleu et blanc vendu 7,6 millions de dollars. 

Petite histoire des CryptoPunks

Selon une passionnante enquête de Wired sur leurs origines, les CryptoPunks sont considérés aujourd’hui comme des œuvres antiques du crypto-art, l’ « équivalent d'œufs de Fabergé d’une culture émergente » . Ils n’ont pourtant que quelques années d’existence, mais font partie des tous premiers projets de NFT artistiques. Leurs créateurs s’appellent John Watkinson et Matt Hall, deux ingénieurs, geeks de la blockchain et amis de longue date. Ils ont l’idée des punks en 2017 en voulant transposer leur passion commune pour les cartes Magic dans le monde numérique. Pour cela, ils réfléchissent à un moyen de créer de la rareté pour une image virtuelle et découvrent le potentiel des NFT.

Les CryptoPunks ont eu une résonance au-delà du simple monde des cryptonerds, parce qu’ils ont été repérés assez rapidement par des galeristes et personnalités de l’art contemporain, dont Anne Bracegirdle, ex-curatrice de la maison Christie’s qui décrète que les deux geeks sont les nouveaux Warhol. On suppose que son avis est éclairé et certainement libre de toute considération financière.

Si en 2021, tu n'as pas ton CryptoPunk, c'est que t'as raté ta vie

Au départ, les CryptoPunks ont été proposés gratuitement à toutes personnes possédant un portefeuille Ethereum. Il suffisait de les réclamer. L’un des primo-acquéreur a ainsi réussi à en amasser 758. Rapidement, un marché de la revente s’est créé. En trois semaines les prix ont grimpé de 3 à 2 600 dollars. Puis plusieurs dizaines de milliers de dollars au bout de quelques mois, et plusieurs millions à partir de 2021, année bénie des NFT. Parmi les acquéreurs on trouve forcément des VIP fortunés comme Snoop Dog et Jay Z. 

Les CryptoPunks créent un très fort sentiment communautaire. Ceux qui en possèdent se retrouvent sur Discord et Twitter en affichant en photo de profil le punk qu’ils ont acheté. Et dans la vraie vie lors d’événements VIP sur des yachts de luxe. Afficher son punk c’est une manière de dire qu’on fait partie d’une élite, dotée d’un certain flair pour le futur.  

Je suis un NFT : « J'ai l'impression de vivre dans le métavers maintenant, le monde physique me ralentit »

Certains acquéreurs vont même jusqu’à s’identifier très fortement à leur punk. Wired raconte l’histoire de Claire Silver, une artiste américaine qui se voit offrir plusieurs CryptoPunks en 2017. Sa carrière artistique (elle-même crée des œuvres NFT) décolle lorsqu’elle affiche en février 2021 l’un d’eux en photo de profil : le punk #1629, une dame aux cheveux roses coiffée d’un chapeau noir. Depuis, elle essaye de ressembler de plus en plus à son personnage en arborant notamment une perruque rose. ​​ « J'ai l'impression de vivre dans le métavers maintenant, le monde physique me ralentit » , explique-t-elle au magazine américain. « J'ai vu beaucoup d'autres Punks dire des choses similaires ; on se transforme lentement en notre identité numérique. »

premium2
commentaires

Participer à la conversation

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.