Kathryn Haun, Olaf Carlson-Wee et Cathie Wood

Qui sont les fonds de capital-risque du Web3 ?

a16z, ARK, Paradigm, Polychain… Ces noms vous paraissent ésotériques ? Il s’agit des argentiers du Web3, ces fonds de capital-risque qui injectent leurs capitaux dans les entreprises du métavers.

Le Web3 est encore ce territoire en friche où l’on croise pêle-mêle des stars du rap, des grandes entreprises de la distribution ou bien des anonymes propriétaires immobiliers. Si certains doutent encore du potentiel ou de l’intérêt de ce terrain de jeu encore mal dégrossi, les financiers, eux, déversent des flots de capitaux. Près de 30 milliards de dollars pour la seule année 2021, selon le site spécialisé Business Hala. « When in doubt, follow the money », dit l’adage. Alors pour comprendre le Web3, rien de mieux que de suivre la trace de l’argent investi. Après les patrons du Web3, zoom sur quelques-un·e·s des grands argentiers du Web3. Sans surprise, les Américains et Américaines font la course en tête. 

a16z de Marc Andreessen et Ben Horowitz

Qui : Sous ce nom crypté opèrent deux des VC les plus influents de la Silicon Valley, Marc Andreessen et Ben Horowitz, fondateurs du fonds de capital-risque Andreessen Horowitz. Dinosaures du Web1 – les deux hommes se sont rencontrés chez Netscape –, ils sont devenus des monstres du Web2 en misant à leurs débuts sur Facebook, Twitter, Airbnb, Pinterest. Sous l’impulsion de Chris Dixon, qui pilote les investissements, a16z se positionne désormais comme le plus large capital-risqueur du Web3. 

Quoi : a16z a deux marottes : les cryptomonnaies et la blockchain. Le fonds a déjà placé ses pions chez les nouveaux poids lourds du Web3 : la blockchain Solana, le jeu Axie Infinity de l'éditeur Sky Mavis, la plateforme d’échange de NFT OpenSea et Coinbase, le géant des cryptomonnaies. Les deux VC de Menlo Park scrutent maintenant de près le projet NFT Bored Ape Yacht Club. Début février, des discussions étaient entamées pour un potentiel futur investissement.

Combien : a16z revendique un en-cours de gestion de 28,2 milliards de dollars. L’entreprise cherche à lever 4,5 milliards principalement pour investir dans les cryptomonnaies et la blockchain. 

ARK Invest de Cathie Wood

Qui : Basé à Saint Petersburg en Floride, ce fonds d’investissement est la propriété de Cathie Wood, VC star présentée comme la Warren Buffet des nouvelles technologies. « Mamma Cathie Wood », comme la surnomment certains utilisateurs de Reddit, est un personnage haut en couleur. À 65 ans, elle est reconnue pour son flair mais aussi pour sa capacité à jouer sur le fil du rasoir, assumant des stratégies d’investissement très risquées. Une audace qui lui est reprochée, autant que son penchant pour des valeurs disruptives qui connaissent depuis quelques mois de sévères déconvenues sur les marchés.

Quoi : Spatial, génomique, robotique, cryptomonnaies et Web3… La société ARK n’investit que dans les technologies les plus rupturistes. Mais son fait d’arme principal reste d’avoir misé sur Tesla, l’entreprise de véhicules électriques fondée par Elon Musk. Cathie Wood s'emploie à défendre coûte que coûte ce choix, alors même que de sérieux doutes s'élèvent sur la solidité de l'entreprise.

Combien : En décembre 2021, ARK Invest faisait état d’un en-cours de gestion de près de 17 milliards de dollars. Soit un plongeon important après un pic à 60 milliards d’en-cours douze mois plus tôt. Mais en un an, l’entreprise a subi les conséquences de ses choix d’investissements, uniquement centrés sur des valeurs technologiques dont le cours s’est effondré.  

KRH de Kathryn Haun

Qui : Moins connue que sa consœur Cathie Wood, Kathryn Haun n’en reste pas moins une investisseuse redoutable. Elle vient de quitter le fonds a16z, où elle officiait en tant qu’associée, pour lancer sa propre structure, KRH. En annonçant avoir recruté l’un des dirigeants du fonds concurrent Polychain, lui-même ancien de Coinbase, elle marque son intention de s’entourer des meilleur·e·s. 

Quoi : « Le Web3 va transformer Internet », professe Kathryn Haun. Avec KRH, elle entend donc miser à fond sur les cryptomonnaies et les blockchains. 

Combien : KRH cherche ainsi à rassembler quelques 900 millions de dollars afin de créer deux fonds d’investissements distincts dédiés aux cryptos.

Paradigm de Fred Ehrsam et Matt Huang

Qui : Paradigm est le fonds de capital-risque fondé par Fred Ehrsam et Matt Huang. Le premier est un ancien trader de Goldman Sachs, devenu milliardaire de la tech après avoir co-fondé l’application d’échange de cryptomonnaies Coinbase. Il avait alors moins de 30 ans. Le second, trentenaire également, a fait ses armes dans l’un des fonds star de la Silicon Valley, Sequoia Capital. 

Quoi : Le fonds se positionne sur le marché très compétitif des cryptomonnaies. Ce qui les différentie d’autres investisseurs ? La légitimité qu’ils tirent de l’association avec les prestigieuses universités de Stanford et Harvard, qui ont pris des parts dans leur société d’investissement. Dans le portfolio du jeune fonds, on trouve des gros bonnets du secteur des cryptos tels Uniswap, Chainalysis et, évidemment, Coinbase. Mais aussi des jeunes pousses : Reflexer Labs, Opyn ou Parallel. Le fonds cherche à se démarquer également via son extension de nom de domaine : .xyz qui rassemble les entreprises du Web3 ayant reçu le soutien des fondateurs. 

Combien : Avec ses 2,5 milliards de dollars uniquement alloués au secteur des cryptos, Paradigm est l’un des plus gros investisseurs du secteur. 

Polychain de Olaf Carlson-Wee

Qui : Cheveux bonds peroxydés, vernis à ongles, t-shirt aux imprimés psychédéliques… dans le monde feutré du capital-risque, Olaf Carlson-Wee revendique son originalité. Premier employé de la plateforme d’échange de cryptomonnaies Coinbase, il fonde en 2016 Polychain Capital à seulement 27 ans. Il accepte de se faire payer en BTC pendant ses trois premières années chez Coinbase, ce qui lui assure aujourd’hui une fortune confortable.

Quoi : L’un des premiers faits d’armes d’Olaf Carlson-Wee date de 2018, à l’occasion de la Web3 Conference à Berlin. À cette époque, le Web3 n’en est qu’à ses balbutiements et les investisseurs hésitent à se jeter dans le bain. Contournant les frileux, le fondateur de Polychain Capital se rapproche d’Harry Halpin, le fondateur d’un protocole ultra-sécurisé baptisé Nym. La startup a depuis levé 6,5 millions de dollars et recruté la lanceuse d’alerte Chelsea Manning. Depuis, Polychain Capital a misé sur les blockchains alternatives Solana et Tezos. Mais aussi sur Dfinity, le premier internet computer apte à stocker des smart contracts. Le fonds entend accélérer en devenant l’un des principaux investisseurs de la DeFi. Les géants Uniswap, Compound ou Aave font d’ores et déjà partie de son tableau de chasse. 

Combien : Le fonds revendique 2 milliards de dollars sous gestion.

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