Chiffre 4,5 et logos ethereum

L’investisseur phare de la Silicon Valley veut injecter 4,5 milliards de dollars dans le Web3

Andreessen Horowitz a beaucoup misé – et gagné – sur les réseaux sociaux à la fin des années 2000. Il n'a pas l'intention de louper le coche des cryptos et du Web3. Il se lance à coups de milliards de dollars. 

L’argent continue de couler à flots pour les entrepreneurs des cryptomonnaies. Le capital-risqueur Andreessen Horowitz (a16z) a annoncé une levée de fonds de 4,5 milliards de dollars pour alimenter un fonds exclusivement dédié aux startups de la crypto, dévoile le Financial Times. C’est plus du double du montant levé l’an passé dans ce domaine. 

Après Facebook et Twitter, place à Coinbase et OpenSea

Cette annonce illustre bien le très fort intérêt de la Silicon Valley pour les actifs virtuels : qu’il s’agisse de NFT, de crypto gaming, de DeFi (finance décentralisée), de plateformes d’échanges de cryptomonnaies, ou du Web3, cette nouvelle version du web décentralisée et basée sur la blockchain… C'est un signal fort car Andreessen Horowitz, lancé en 2009, est l’un des fonds historiques de la tech aux États-Unis. Il a notamment été l’un des premiers à financer Airbnb, Twitter, Facebook et d'autres géants actuels. Plus récemment, le fonds a misé sur les plateformes de trading Coinbase et Uniswap, la marketplace des NFT OpenSea ou encore Solana Labs, une blockchain alternative à Éthereum et Bitcoin. 

Si a16z parvient à ses fins, ce sera le plus grand fonds dédié aux cryptos jamais créé. Mais c’est loin d’être le seul VC à s’y intéresser. Au total, les fonds ont injecté 31,6 milliards de dollars dans des entreprises de la crypto en 2021 ; c’est sept fois plus qu’en 2020, estime PitchBook. 

Bataille de milliardaires sur les réseaux

Pour certains observateurs, ce fort intérêt des investisseurs pour les cryptomonnaies et le Web3 dénaturerait l’essence même du projet. En effet, le Web3 est censé redonner le contrôle aux utilisateurs, en leur permettant d’avoir la main sur leurs données et leurs créations. Contrairement au Web2, où toute la valeur créée est détenue par les grandes plateformes. Le fait de voir affluer tous les VC historiques de la Silicon Valley vers ces projets montre que cette nouvelle version du web appartient toujours aux mêmes. Ils ont investi dans les géants du Web2, les voilà maintenant aux côtés du Web3, mais leurs motivations – le profit basé sur l'emballement de la spéculation – ont-elles réellement changé ?

C’est en tout cas l’opinion de Jack Dorsey, l’ex-PDG de Twitter reconverti dans la crypto (certes, on a vu mieux en défenseur d’un web décentralisé) qui s’attaque depuis plusieurs semaines à Andreessen Horowitz, au point de se faire bloquer par Marc Andreessen, l’un des fondateurs. « Vous ne possédez pas le Web3, a notamment tweeté Jack Dorsey fin décembre. Ce sont les fonds et leurs associés qui le possèdent. Cela n’échappera jamais à leurs motivations. Ce sera finalement une version du web tout aussi centralisée, mais avec un nom différent. »

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