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Des enfants qui font du yoga
© FatCamera via GettyImages

Yoga, débat, cuisine... découvrez l’école où l’on enseigne les soft skills aux enfants

Le 26 avr. 2019

Non, les soft skills ne sont pas l’apanage de la start-up nation ni du monde des RH. Dans le monde de l’éducation aussi, en plus des maths et du français, on commence à s’intéresser aux savoir-être. Et ce, dès le plus jeune âge.

À Paris, à deux pas de l’Arc de Triomphe, on prépare l’ouverture d’une nouvelle école qui entend développer les compétences académiques comme les compétences humaines des enfants âgés de 3 à 11 ans. À son origine, un groupe de parents en quête de nouvelles méthodes pédagogiques.

Pour s’inspirer et dénicher les meilleures méthodes, les fondateurs de Concordia Bilingual School Paris sont allés voir ce que l’on fait ailleurs. Méthode de Singapour ou pédagogie scandinave, école à la maison voire unschooling, Montessori ou écoles privées londoniennes... le monde de l’éducation ne manque pas de modèles.

Après trois années de benchmark, des interviews avec des pédagogues, des neuro-scientifiques et des parents, l’école est sur le point d’ouvrir ses portes. Côté hard skills, le programme classique n’a rien à envier à ses voisins. Il sera donc appliqué à la lettre, dans un environnement bilingue français-anglais. C’est du côté des méthodes – inspirées du système anglo-saxon – que l’on verra la différence avec les bancs de l’école publique.

Yoga, débats et petits pains

Comme dans les écoles d’Outre-Manche, la pratique du sport a une place de choix. Les enfants sont encouragés à se dépenser physiquement pour mieux apprendre ensuite. Des sports d’équipe mais aussi le yoga. Pas question de perfectionner sa posture du flamant rose pour impressionner tout le monde sur Instagram. L’idée est d’apprendre aux plus petits à gérer leurs émotions. Deux à trois fois par semaine, les maternelles découvrent comment faire le vide et se calmer. Comme en entreprise où la pratique de la sophrologie se développe pour lutter contre le stress et le burn-out.

Utile tout au long de la vie, l’éloquence s’apprend dès le plus jeune âge. Dès la maternelle, les élèves participent à des débats. Les moins de 6 ans ne vont pas s’interroger sur l’intérêt ou non du Referendum d’Initiative Citoyenne. En revanche, ces moments d’échanges leur permettent d’apprendre à exprimer une opinion et la défendre. Et se prononcer en faveur des petits pois à la cantine, c’est déjà un bon début pour l’affirmation de soi.

Dans le monde d’aujourd’hui, on ne parle plus que de travail collaboratif, de transversalité des compétences, etc. Ces soft skills sont plus importantes que jamais mais elles ont très peu de place dans le système éducatif actuel où les élèves sont cantonnés à leur bureau et leur cahier. Les fondateurs de Concordia Bilingual School Paris ont donc imaginé un projet à l’échelle de toute l’école. Pour la première année, les élèves construiront tous ensemble une boulangerie. Plans, construction, confection des gâteaux et ventes au profit d’une œuvre caritative : tout le monde sera impliqué dans le projet, de A à Z.

Apprendre à se connecter à la nature plutôt qu’à Internet

Développer les softs skills des plus petits, c’est aussi leur apprendre à se connecter à la nature. Les jeunes élèves, habitués à la vie urbaine de la capitale, bénéficient donc d’après-midis au grand air. Dans le cadre du programme Forest School, les primaires font des séjours à la ferme au cours de l'année. Rien à voir avec l’école buissonnière, l’objectif est toujours d’apprendre mais au contact de la nature voire grâce à la nature. Plutôt que derrière un écran.

L’exposition aux écrans est limitée mais on est loin de l’école de la décroissance. Au contraire, la tech tient une place prépondérante dans les hard skills, notamment avec des ateliers de code. En matière d’éducation, tout est une question d’équilibre.

Des soft skills qui coûtent cher

Permettre aux enfants de développer toutes leurs compétences et d’exprimer leur personnalité, on aurait du mal à trouver quelque chose à y redire. Mais le développement des compétences humaines à l’école demande à la fois des enseignants formés à de nouvelles méthodes et du temps. Les effectifs des classes sont donc limités à 20 élèves afin de proposer un accompagnement personnalisé à chaque enfant. Une méthode qui a un coût : 1 200€ par mois à partir de la grande section. L'école des soft skills, ce n’est donc pas encore pour tout le monde.

Les initiatives comme Concordia Bilingual School Paris ne sont pas à la portée de toutes les bourses, c'est vrai. Et tous les parents n'ont pas les moyens de créer l'école de leurs rêves. Mais tout le monde a le pouvoir de participer à changer les choses. L'Américain Jeff King, qui a lui même créé son école en Californie pour éduquer les jeunes générations à l'écologie, appelle chaque citoyen à militer, à son niveau, pour faire changer les systèmes en place. De quoi inspirer tous les parents, et leurs enfants.


POUR ALLER PLUS LOIN

> À la découverte de l’école secrète d’Elon Musk

> La salle de classe est-elle ringarde ?

> Soft skills : derrière l’effet de mode, attention aux dérives

Commentaires
  • Vous avez également les écoles démocratiques de l'EUDEC qui sont de belles propositions, à des coûts plus raisonnable, de proposer à nos enfants de quoi s'adapter eux enjeux de notre société.

    Belle journée à tous,

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