Des mamans et leurs enfants sur TikTok

#momoftiktok : ces mamans qui se revendiquent plus Simpson que Kardashian

Loin des posts policés d'Instagram qui valorisent une maternité idyllique, ces mères génération Z racontent leur quotidien sans fard ni paillettes. Pas toujours très propre, mais très frais et déculpabilisant.

Internet n'est plus (seulement) une vitrine exhibant une maternité sublimée entre fleurs fraiches, biscuits maison et body 3 mois fabriqué en Gironde. Pour mettre fin à la tyrannie de la mère parfaite, de jeunes mamans créent sur Internet des espaces plus francs et moins infantilisants. En termes d'abréviations niaises, on fait une pause : le BB1 pour premier enfant, le « lulu » pour pilule et autre « gygy » pour gynécologue disparaissent. Et sur TikTok, les mamans misent sur l'humour pour dépeindre leur réalité de mère qui se débat avec leur fatigue, leurs responsabilités et parfois leur ennui. Tout en se marrant franchement avec leurs gosses.

Qui sont les mamans de TikTok ? #momoftiktok

Maia Knight porte des hoodies trop grands souvent tachés et ses cheveux en boule sur la tête. Généralement dans es vidéos, ses deux jumeaux blondinets – Scout et Violet – chouinent en arrière-plan. Pendant ce temps-là, la jeune américaine de 26 ans prépare des biberons à base de lait en poudre. Dans son appartement aux murs dénudés, pas de lumière repassée au filtre Hey Darling, de décoration digne d'un intérieur AD Magazine, ou « d'expériences de vie » toutes plus inoubliables les unes que les autres. À la place, cette mère célibataire de la côte Est s'affiche sans maquillage et montre une réalité banale, loin des saynètes reluisantes des Instamoms de 2010. Et la formule a séduit. La tiktokeuse compte plus de 8,2 millions de followers qui suivent avec intérêt sa vie de « Girl party always 👶🏻👶🏻 ✨ I'm mom and dad ✨ » (pour « aime faire la fête avec ses copines, Je suis maman et papa », comme indique sa bio). Dans ses vidéos qui affichent régulièrement plus d'un million de vues, elle dévoile sa routine, ses craquages et ses petites bourdes ( « zut, j'en suis à 1 ou 3 cuillères ?  » ).

La pionnière de la mouvance #momoftiktok (déjà plsu d'un milliard de vues....), c'est Mada Graviet, une américaine au physique de mannequin qui rassemble quelque 400 000 followers. Encore une fois, tout est dans sa bio : « not that serious, rez's mom. » (pas si sérieuse, maman de Rez). Avec ses longs cheveux blonds ébouriffés, ses mini shorts en coton et sa passion pour la junk food, elle évoque plus l'influenceuse skateboard que la maman parfaite d'Instagram. Et a ouvert la voie à une myriade de jeunes femmes bien dans leurs pompes, qui sans se prendre la tête s'expriment avec franchise et décontraction.

@madagraviet

Every new fit is my favorite fit

♬ original sound - mada

C'est le cas de Danielle Ruppert (Mama Ruppert pour les intimes), ancienne mère porteuse qui documente avec tendresse, auto-dérision et bonne humeur sa grossesse et l'arrivée de sa petite fille. Avec ses cheveux teints en bleu, ses t-shirts trop grands et ses chorégraphies décomplexées, elle propose l'image d'une maternité qui ne donne pas envie d'avaler de l'eau de Javel.

@mamaruppert

Reply to @kait_is_cool_19 still no baby. Lots of dance videos coming your way today though!😅

♬ Up - Cardi B

Une vision anti-consumériste de la maternité

La vie de famille de ces influenceuses s'éloigne de la frénésie de consommation et de l'envie de paraitre « upper class » (classe supérieure) qui régentait Instagram. Oui, certaines vidéos sont sponsorisées, et oui, ces mamans TikTok nouent parfois des partenariats avec des marques de soins ou de jouets pour enfants. Mais grosso modo, leurs vidéos ne donnent pas l'impression que l'on a raté sa vie si son intérieur est dépourvu des derniers bibelots bourgeois à la mode et que l'on arbore pas les tenues pointues des personnages de la série Euphoria. Moins canapés scandinaves que litières pour chats, moins cadres dorés sur murs crèmes que câbles d'ordinateur emmêlés dans tous les coins, c'est l'ambiance ici. Comme le souligne Romper : « On voit les intérieurs des banlieues tels qu'ils sont réellement, non tel qu'un agent immobilier les mettrait en scène. On est chez les Simpson, pas chez les Kardashian. » Enfin.

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