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Une femme insomniaque qui tient sa tête entre deux oreillers
© andriano_cz vue GettyImages

À force d'être obsédés par le sommeil, on finit par passer des nuits blanches

Le 9 déc. 2019

Le marché de la SleepTech pèsera bientôt 4 milliards de dollars mais ça ne va pas nous aider à mieux dormir.

Montres connectées, bracelets tracker, robot oreiller…. rien n’arrête le marché de la SleepTech. Fin 2024, il devrait même peser 4 milliards de dollars – soit une augmentation de 18 % sur la période 2017-2024.

Le sommeil, tout le monde en veut. Et pour cause. Il nous rend plus créatif. Il permet à notre cerveau de se débarrasser des toxines et d’éviter les maladies neurodégénératives. Et il pourrait même aider à traiter l’anxiété. Que des avantages, donc. Sauf qu’avec plus de la moitié des Français qui déclarent mal dormir, on est loin de profiter des bienfaits d’un sommeil de qualité.

Heureusement, la SleepTech est là pour nous aider. Heureusement ? Pas si sûr. Dataïstes avérés ou simples possesseurs d’un tracker de sommeil, à force d’être obsédés par notre temps passé au lit, on finit par ne plus dormir.

Notre obsession pour le sommeil a un nom : orthosomnie

Une étude publiée dans le Journal of Clinical Sleep Medicine décrit plusieurs cas de patients atteints d’un nouveau mal : l’orthosomnie, c’est-à-dire l’obsession de « bien » dormir. À chaque fois, c’est la même histoire. Le patient muni d’un tracker contrôle son sommeil à la minute près et se plaint d’un sommeil trop léger, trop segmenté ou simplement insuffisant. Pour les chercheurs, le problème de ces patients ne se trouve pas dans leur assoupissement mais plutôt à leur poignet.

Les chercheurs notent que les trackers de sommeil peuvent « renforcer l’anxiété ou le perfectionnisme lié au sommeil de certains patients. » Et c’est d’autant plus embêtant qu’une autre étude publiée dans le Journal of Sleep Research montre que les bracelets connectés sont efficaces pour mesurer la durée du sommeil mais pas sa qualité. Ainsi, Mme B., l’une des participantes de la première étude, en voyant ses résultats positifs rétorque aux médecins « alors pourquoi est-ce que mon Fitbit dit que je dors mal ? »

Dormir, la nouvelle compétition

Finalement, au lieu de nous faire aller aux pays des rêves plus vite, les objets connectés pour dormir nous donnent encore un autre but à atteindre. Une autre variable à maîtriser. Une nouvelle case à cocher tous les jours. Ils transforment le sommeil en une nouvelle compétition et pourraient bien nous emmener tout droit vers l’insomnie.

Les chercheurs n’ont pas déterminé si les trackers sont à l’origine des problèmes de sommeil ressentis par les patients ou s’ils ont simplement permis de les amplifier. Parmi les 3 cas présentés, seulement un patient a acheté son bracelet connecté lui-même. Les autres les ont reçu en cadeau. Au moins, vous savez ce qu’il ne faut pas mettre sous le sapin cette année.

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