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Egocentrique ou engagée : les deux visages de la génération Z

Le 11 juin 2018

Après les millennials, place à la génération z ! A la fois engagés et auto-centrés, accros aux images parfaites d’Instagram et  en quête d’acceptation de soi, une seule lettre ne suffit pas à définir ces adolescents.

Plus connectée et diverse que jamais, la génération Z défie tous les stéréotypes. Il y a ceux qui emploient leur temps à récolter les likes sur Instagram et ceux qui veulent changer le monde à coups de hashtags sur Twitter. Ceux qui érigent Kylie Jenner en idole et ceux qui admirent les activistes engagés. Il n’y pas une mais des générations Z. Dans ce large éventail de personnalités, la Generation Me - génération du moi – s’oppose à la Generation We – génération du nous.

Génération We : activisme, inclusivité et Tech for Good

Pour la Génération We, moins visible mais tout aussi connectée, la compassion est bien plus cool que les dernières baskets de Kanye West. Ces adolescents s’opposent frontalement aux dangers des réseaux sociaux, qui peuvent impacter leur santé mentale, et veulent mettre les nouvelles technologies au service bien. A seulement 16 ans, Amanda Southworth a déjà développé deux applications pour aider sa génération à se sentir mieux : AnxietyHelper pour la santé mentale des jeunes et Verena destinée à la communauté LGBTQ.
Amanda Southworth - TedTalk
Les mots d’ordre de la Génération We sont body positivism et acceptation de soi. Sur les fils Instagram, pas de culte de la perfection. Au contraire, ces jeunes érigent leur vulnérabilité comme une force avec toujours la volonté d’inspirer chacun à être soi-même. Ce n'est pas Kim Kardashian qu'ils suivent sur les réseaux sociaux mais des comptes comme celui de Peter Devito qui publie des portraits non retouchés de mannequins avec de l'acné.

pete devito instagram

A la différence des « Me », les « We » accordent encore beaucoup d’importance aux études supérieurs même si les institutions doivent changer pour s’adapter à leurs valeurs. Ils aspirent à faire le bien et veulent des universités plus green, plus inclusives, avec plus de diversité. Et la génération We compte bien apporter ses valeurs dans le monde du travail. « Je ne crois pas que les dirigeants d’entreprises devraient essayer d'enfermer notre génération dans un stéréotype. Ce qui nous définit est notre diversité et ils devraient considérer chaque personne pour ce qu’elle est vraiment », explique Kristie, une Américaine de 19 ans.

Cette génération plus engagée que jamais adopte des modes de consommation qui lui sont propres. La génération du nous préfère dépenser plus pour des aliments de qualité – un quart de son budget - que des vêtements (20% du budget). Ils comptent bien changer le monde et militent pour des restaurants avec des options plus diverses et inclusives : végétariennes, sans gluten ou halal. Alors que la Génération Me passe son temps en ligne pour nourrir ses propres intérêts, les We utilisent la technologie pour communiquer et s’organiser autour d’activités qui ont du sens comme le mouvement « anti-armes à feu» #MarchForOurLives à la suite de la tuerie dans le lycée de Parkland en Floride.

Génération Me : likes, réseaux sociaux et entrepreneuriat

Souvent plus visible, la génération Me est accro aux tendances et s’efforce de les suivre jusqu’à l’épuisement émotionnel. Ils ont grandi avec les réseaux sociaux et jonglent constamment entre deux identités : virtuelle et réelle. Pourtant bien conscients des risques pour leur santé mentale, ils ne se détournent pas pour autant des médias sociaux. « On n’a pas vraiment le choix d’être ou non sur les réseaux sociaux, la vraie question c’est plutôt de savoir ce qu’on y fait » déclare Paris, une Australienne de 15 ans interrogée dans le cadre de l’étude WGSN. Sur ces canaux digitaux, ils ne communiquent plus avec des mots ni avec des emojis mais avec des mèmes.

La génération Z, c’est avant tout la génération YouTube. Avec ses millions de vidéos et des formats plus bizarres les uns que les autres, le réseau social remplace la télévision. Désormais tout s’apprend sur Internet. Alors pourquoi aller à l’école ? Les moins de 18 ans remettent en cause les modèles traditionnels de l’éducation. Des modèles qui ne sont plus en phase avec leurs aspirations professionnelles : en Chine, 54% d’entre eux rêvent d’être livestreamer. Quand ils se tournent malgré tout vers les systèmes éducatifs traditionnels, ils ne veulent pas de théorie. Ils cherchent avant tout à acquérir des compétences pratiques et concrètes pour exercer un métier plus épanouissant que bien rémunéré.

Pour cette génération du moi, accro aux tendances et aux influenceurs, la priorité est au personal branding. Pour exister sur les réseaux sociaux, il faut se distinguer et trouver la prochaine tendance avant tout le monde. La quête de la prochaine nouveauté qui envahira Instagram ou YouTube est une pression constante sur les épaules de cette Génération Me. Un phénomène qualifié de « hype culture » et illustré par des marques comme Supreme, Palace ou Bape pour lesquels les clients sont prêts à patienter des heures et dont les produits se revendent à prix d’or. Pour gagner de l’argent de poche, les membres de la génération Z ne passent plus leurs étés à travailler au fast-food. Ils préfèrent s’engager dans le business de la revente d’article de mode de marques prisés sur des plateformes spécialisées. Un « petit job » qui peut rapporter plusieurs milliers de dollars ainsi qu’une expérience entrepreneuriale.

hype culture

Qu'ils soient plutôt Génération Me ou Génération We, rien n'est vraiment figé pour cette génération où tout va très vite. Sur les réseaux sociaux, là où tout se passe, des jeunes actrices engagées comme Amandla Stenberg ou Rowan Blanchard peuvent même faire le lien entre les Me et les We.

 

Crédit Image : Getty Images

Commentaires
  • Article intéressant mais cette dualité n'est-elle pas commune à toutes les générations, et amplifiée par les modes de communication et les réseaux sociaux ? N'est-ce pas plutôt la génération de la communication excessive.

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