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rassemblement autour d'un réservoir d'eau au yemen

Quand les réseaux sociaux sauvent le Yémen de la pénurie d'eau potable

Le 19 mars 2018

Les réseaux sociaux retrouvent parfois leur capacité à servir de grandes causes. Au Yémen, c’est un hashtag qui a sauvé des milliers de personnes de la soif.

D’après l’ONU, « le monde fait face à sa pire crise humanitaire depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale, avec plus de 20 millions de gens confrontés à la faim et à la famine dans quatre pays ». Parmi ces pays : le Yémen, en proie à une guerre entre l'Arabie saoudite, les troupes loyalistes du Yémen et les rebelles Houtis depuis plus de 3 ans. Pourtant, les ONG ne parviennent pas à mobiliser la communauté internationale, et la centaine de réservoirs installés sur le territoire ne sont plus approvisionnés.
« Le Yémen est une catastrophe oubliée », assène Anwar Alhaimi dans une interview accordée à Slate. Frappé par la douleur de son pays, ce jeune ingénieur de l’aviation civile et propriétaire d’un cybercafé lance alors un appel sur ses comptes Facebook et Snapchat. Mi-décembre, il crée le #saqia_1000 (« 1000 moulins à eau » en arabe), accompagné de cette photo.

vieil homme portant des jerricans d'eau au yémen

En deux mois seulement grâce à ses réseaux, Anwar (suivi par 5 500 personnes sur Facebook) recueille six millions de rials yéménites, soit près de 20 000 euros. Les donateurs, des particuliers, sont très souvent des Yéménites expatrié·e·s dans les pays du Golfe ou aux Etats-Unis.

« Il y a beaucoup de groupes sur Facebook pour les Yéménites, explique à Slate Emtenan Al Madwahi, une expatriée maintenant installée en Egypte qui suit Anwar Alhaimi. Cela me donne le sentiment d’être au quotidien en lien avec mon pays. Lorsque je peux faire un don par l’intermédiaire de ces groupes, j’ai l’impression d’être utile, même si c’est une goutte d’eau dans l’océan. »

Grâce à l’argent récolté, ce sont 1 000 réservoirs qui ont pu être inspectés et remplis, soit six millions de litres d’eau sont livrés à plus de 30 000 personnes d’après les calculs d’Anwar.

Mais celui-ci ne s’arrête pas là. Pour éviter que l’épidémie de choléra qui a déjà tué plus de 2 000 personnes ne s’étende, Anwar sensibilise ses compatriotes aux règles d’hygiène élémentaires, comme le fait de ne pas jeter ses ordures près des réservoirs, ou changer régulièrement ses jerricans pour éviter qu’ils ne deviennent toxiques et propagent des maladies.

« Je ne veux pas me demander pourquoi on ne nous vient pas en aide : je pense simplement à comment, à mon niveau, je peux aider » explique Anwar. Petit à petit, gagner du terrain sur la guerre et la misère grâce à la mobilisation sur les réseaux sociaux.

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