Ellen Page dans le film Bliss, en train de travailler dans un diner

Où sont passés les ados ? Ils ne veulent plus travailler au McDo !

Le 3 mai 2018

Vent de panique dans les fast-food américains : les adolescents, main d’œuvre prisée car peu coûteuse, désertent les rangs.

Il y a encore quelques années, les fast-food américains fonctionnaient grâce à une recette bien huilée (non, on ne parle pas de celle des frites) : main d’œuvre bon marché = repas à petits prix.

Mais aujourd’hui, les managers se trouvent fort démunis : les candidats à ces jobs étudiants sont de moins en moins nombreux. En parallèle du phénomène, les fast-food ont tendance à ouvrir de plus en plus d’établissements. Conclusion, les clients affluent dans des restaurants où personne ne peut s'occuper d'eux, faute d'employés.

Le tout donne lieu à des situations cocasses : le New York Times rapporte ainsi que des gérants de restaurants se retrouvent aux fourneaux ou derrière le comptoir pour servir les clients. Pourtant ce ne sont pas les initiatives qui manquent pour renflouer les rangs : petites annonces sur Craigslist, rencontres directes avec d’anciens employés de restaurants fermés…

La conséquence sur le business se fait directement sentir : si un restaurant peine à servir suffisamment rapidement ses clients un jour de rush, il sera quasiment vide le lendemain, comme le confie Jeffrey Kaplow, qui possède un Subway à Manhattan.

Quand ils ne servent pas de burgers, que font les ados pendant leur summer ?

Keith Miller, un autre franchisé de Subway, fait le même constat que son confrère. Il confie qu’avant, il recevait des tonnes de C.V. pour des jobs d’été. « Je me demande bien ce que peuvent faire les ados pendant leurs vacances », s’amuse-t-il.

Il s’avère que le teenage dream américain se vit loin des cornets de frites… et des patrons parfois pénibles : les journalistes du New York Times partagent l’exemple de Gavin Poole, un jeune américain de 17 ans qui a préféré monter sa petite entreprise de jardinage et de bricolage plutôt que de dépendre des humeurs d’un boss, et « préparer son avenir ».

Par ailleurs, et c’est plutôt une bonne nouvelle, les jeunes se montrent plus intéressés par les études que par le passé (surtout quand ils bénéficient d’une bourse), comme le montre une analyse du Bureau of Labor Statistics.

Plus d’avantages sociaux… Mais aussi plus de robots

Cette révolution silencieuse pousse les entreprises à revoir leurs politiques RH. Pour ré-attirer les nouvelles recrues, les employeurs mettent la main au panier : dans le secteur, les salaires augmentent en continu depuis 2014 pour atteindre une moyenne de 10,93$ de l’heure – ce qui reste sous la moyenne horaire nationale, comme le précise le New York Times.

Ces efforts financiers sont renforcés par des avantages sociaux : assurance dentaire, remboursement des transports… McDonald’s a même annoncé améliorer son programme facilitant l’accès à l’éducation. Les équipes prévoient d’y injecter 150 millions de dollars sur 5 ans, et permettent aux employés qui travaillent depuis 90 jours (contre 9 mois auparavant) d’en bénéficier. On n’en est pas encore au même stade que certaines industries, qui proposent des tests ADN gratuits à leurs équipes, mais ce n’est peut-être pas plus mal…

Certaines entreprises adoptent une toute autre stratégie : plutôt que de chercher à faire revenir les jeunes, elles décident tout simplement… de les remplacer par des machines pour certaines tâches. Bornes automatiques pour commander, robots pour contrôler la qualité ou la température de la nourriture, distributeurs de sodas en libre-service… Investir dans l'humain ou dans le robot, chacun son choix !

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