Le visage d'une femme qui ferme les yeux

Coach en stock : ces nouveaux coachs qui mettent de l'ordre dans votre vie

© Cottonbro

Ils vous apprendront à ranger vos placards, faire le deuil de votre animal de compagnie, prendre soin de votre jardin… En deux mots, les néo coachs sont là pour vous recentrer et vous permettre de retrouver le goût des choses simples.

Équilibre émotionnel, minimalisme et proximité avec la nature leur tenaient à cœur, ils en fait leur métier. En quelques mois, Julien, Maya, Marie et d'autres se sont constitués une clientèle qui les sollicite pour remettre de l'ordre dans leur penderie, leur tête, leur vie...

À la rencontre de ces accompagnateurs professionnels qui redessinent le travail de coach.

Madame Rima, coach astrologie, réveille la balance qui est en vous

Son slogan sur Insta (1 442 abonnés) annonce la couleur : « Mon miroir magique t’accompagne pour parler à ton ❤️‍🔥 sans passer par ton 🧠 » À base de tarot, d'écriture intuitive et automatique, de reiki (une méthode de soins d'origine japonaise), de yoga, de méditation olfactive et surtout d'astrologie, Marie, alias Madame Rima, entend utiliser toutes les cordes de l'ésotérisme et des pratiques énergétiques pour accompagner sa clientèle.

Comme elle l'explique dans son podcast Madame Rima Parle, la trentenaire souhaite rendre son métier le plus intelligible et accessible possible. « Nous vivons dans une période décentrée, très tournée vers l'extérieur, qui nous sur-sollicite beaucoup. Avec ces bruits de fond, il est très difficile d'atteindre son émotion et de regarder ce qui est. » Pour cela, plusieurs formules : Marie commence par une séance de deux heures lors desquelles elle analyse le thème astral (l'interprétation de la « carte du ciel » calculée à partir de l'heure exacte de la naissance). Objectif : « identifier la clé de son dialogue intérieur. » Cette première étape peut être suivie d'un accompagnement d'un mois (tarif : 950 euros) pour apprendre à mieux se reconnecter à son intuition et à « utiliser les bons outils pour se reprendre en main au travers d'un cadre extrêmement lâche. »

Pour vivre de ce nouveau travail, Marie a dû inventer son métier : « J'ai développé via Instagram et mon podcast une clientèle essentiellement féminine, pas forcément férue d'astrologie, mais encline à décrypter ses émotions, une activité qui dans notre société patriarcale rebute encore bien des hommes ! Et pourtant, l’astrologie a été construite par des hommes barbus qui faisaient de la géométrie, c'était une pratique très cartésienne... » Ingénieur agronome de formation, Marie est convaincue qu'il faut soigner l'individuel avant de soigner le collectif, une formule qui trouve un large écho. « Ça marche parce que mon positionnement parle aux gens. Je vais taper dans ma propre désorientation et mes désillusions pour aider les autres. Et comme je ne passe pas non plus mes journées à brûler de la sauge, les gens se reconnaissent facilement en moi. »

Julien, home organizer, désencombre votre salon et votre esprit

Pour aider les autres à s'affranchir d'un passé parfois trop lourd, Julien, 38 ans, est devenu ce que les Anglo-Saxons nomment un « home organizer » , soit un organisateur de maison. Lui préfère une autre terminologie, celle de coach en simplification de la maison, désencombrement, tri et organisation des espaces de vie et de stockage.

« Je veux alerter les gens sur le trop-plein. L'hyperproduction et l'hyperconsommation ont des conséquences néfastes sur le porte-monnaie des particuliers et les relations qu'ils nouent entre eux. Le matérialisme et la reconnaissance sociale par l'objet entraîne une dangereuse course au remplissage du vide... » Concrètement, le travail de Julien consiste à aider ses clients à gérer la « prise de décision des objets » . Ils doivent apprendre à décider en conscience que certains objets restent tandis que d'autres doivent être donnés ou recyclés... En ligne de mire : le recentrage sur soi plutôt que sur ses possessions. « Je travaille de manière très concrète : on sort les affaires à trier et ranger et j'accompagne mes clients objet par objet. Soit on leur trouve une place dans la maison, soit on les en fait sortir pour les injecter dans l'économie circulaire. Ce travail est important car je considère que chacun est responsable de ce qu'il possède. Et plus largement, de l'état du monde. »

Ce qui plait à Julien, c'est qu'il entre vite dans l'intimité des gens, l'histoire de la famille, la relation de couple, les enfants, les échecs... « Les gens se mettent régulièrement à pleurer car ils me contactent souvent dans des situations un peu border, une relation personnelle qui se détériore ou un burn out. Ils se sentent mal chez eux, à tel point que cela devient insupportable de faire un café ou de plier le linge... » Ses prestations, 60 euros de l'heure, ne se réalisent pas dans la douleur, mais Julien admet qu'elles perturbent souvent. « C'est difficile de lâcher prise sur les objets mais je constate qu'après un gros tri, les gens opèrent un changement de vie important : divorce, changement de boulot, reprise du sport... Comme si on leur retirait des boulets aux pieds. »

Irène, adoucit la perte de votre animal de compagnie

« Toute ma vie j'ai perdu des animaux de compagnie » , raconte Irène, 53 ans, résidente d'une petite ville dortoir dans l'Essonne. À la mort de son chien Titi adopté avec son mari, Irène met sept mois à sortir de sa torpeur. « J'ai vécu ça comme un anéantissement. C'était très lourd à porter, avec le regard d'une société qui souvent ne comprend pas du tout... »

Alors qu'au Canada le métier de coach d'accompagnement en décès d'animaux de compagnie est très répandu, il peine à se faire connaître de l'autre côté de l'Atlantique. Après une carrière d'hôtesse d’accueil, Irène, qui se définit comme « une bonne écoutante ayant toujours tendu l'oreille aux problèmes des autres » a décidé d'en faire son métier. Pour légitimer son nouvel emploi, elle s'astreint avant de proposer ses services, 60 euros de l'heure à l'unité, à suivre une formation reconnue par l’État. Selon elle, le coach se doit de « prendre la personne qu'il accompagne dans l'état où elle est. » Ou comme elle aime à le dire, le coach « allume la lumière dans une pièce éteinte depuis des années ; il ouvre les tiroirs où on a entassé des trucs et apprend à l'autre à les utiliser. »

Avec ses différentes prestations (présence lors de l'euthanasie, accompagnement lors des derniers jours de vie...), Irène veut avant tout faire comprendre qu'il est normal de se retrouver effondré à la mort d'un animal de compagnie qui fait parfois partie de la famille. « Ce qui importe c'est la douleur de la personne. Mon but est d'aider les gens à cicatriser. Avec le temps, cette cicatrice devient un moyen doux et apaisé de conserver un lien avec son animal. Finalement, ce que je veux transmettre, c'est de ne plus avoir peur de la mort. »

Marie, amoureuse des plantes, vous aidera à cultiver votre jardin secret

Originaire du Finistère, Marie, 35 ans, aime avoir les deux mains dans la terre. Pour elle, le jardin est non seulement « une autre pièce de la maison » mais aussi « la prolongation de l'esprit » , il est donc important d'en prendre soin. Pour cela, elle ne se contente pas de dispenser conseils et formations, elle passe à l'action avec ses clients qui « ne savent pas par quel bout s'y prendre » . Le temps de quelques rendez-vous, d'une année ou d'une saison, il faudra compter environ 150 euros pour deux heures. Selon elle, son métier est très différent de celui de jardinier. « J'aide les gens à se rendre acteur de leur jardin et à devenir autonome. Le jardin a des vertus pour l’esprit, pour la santé. Avoir les mains dans la terre, c'est se reconnecter, remettre les problèmes à leur place... Beaucoup de questionnements, d'angoisses et de frustrations s'évacuent dans la terre. »

Paysagiste de formation, Marie aime partager et apprendre des autres, ce qui l'a poussée à devenir coach jardin, un lieu infiniment intime qui pour elle en dit long sur la personnalité des gens. « Le jardin touche à plein de choses, au soi, à la cuisine, à la santé... Quand on voit le jardin de quelqu'un on a des clefs sur la personne qui l'entretient, sur ce qu'elle est en profondeur. » Allées bien entretenues, symétrie à la française et herbes folles racontent à Marie la méticulosité ou l’ouverture d'esprit des jardiniers en herbe. « Et les deux ne s'opposent pas forcément ! Avec les plantes, il n'y a rien de très définitif. C'est un terrain à explorer à l'infini avec les gens. »

Maya, death doula, vous aide à passer les phases du deuil

« J'ai réalisé que pour les athées les obsèques étaient souvent d'une tristesse infinie. Et surtout très vides, puisque le volet spirituel de la cérémonie était confié aux religieux. » Après une carrière dans le théâtre, Maya observe que ce qu'elle a appris de la scène (l'amour du texte, le fait d'être dans l'émotion et le partage collectif...) pouvait être un outil précieux à débloquer au moment de la mort.

À 47 ans, Maya est accompagnatrice funéraire, un terme qu'elle préfère à celui plus anglo-saxon de death doula. Pour cela, elle a obtenu un diplôme reconnu par l'État lui donnant le droit d'exercer comme conseillère. En général, son métier se pratique dans le cadre d'une agence de pompes funèbres, mais Maya a choisi de travailler en tant que freelance afin d'être plus au contact des familles. Ses services varient en fonction du niveau d'accompagnement souhaité et des besoins de ses clients, qu'il s'agisse d'une mort attendue (une personne âgée en EHPAD...) ou soudaine (un jeune homme qui se suicide, un jeune père de famille qui fait une crise cardiaque...). Son objectif est toujours le même : la réalisation d'une cérémonie permettant de dire au revoir à la personne aimée de la façon la plus apaisée et juste possible.

En tant qu’accompagnatrice funéraire, Maya devient aussi interlocutrice avec les pompes funèbres : elle se voit déléguer par des familles endeuillées et fragiles la gestion matérielle des obsèques. « À ce niveau-là, je suis un peu comme un courtier en assurance. M'occuper de ces questions ne me prend pas beaucoup d'énergie, alors que les familles n'ont à ce moment-là pas la force de faire réaliser des devis et de les comparer... » . Avant cela, Maya fixe un rendez-vous de deux heures avec la famille pour construire la cérémonie : « Il s'agit de travailler ensemble sur un hommage qui va retranscrire le plus fidèlement possible la beauté du lien. Quand la mort est soudaine, les proches sont anéantis et épuisés, leur premier réflexe est de tirer une croix sur le cérémonial. L'idée n'est pas qu'ils se sentent obligés ; plutôt qu'ils n'aient pas de regrets. »

Cette plongée dans la souffrance brute n'est-elle pas trop drainante pour Maya ? Elle admet que c'est toujours particulier. « On est à un endroit de peine et d’empathie, ce qui fait qu'on est forcément traversé par le chagrin de l'autre. Mais je me focalise sur la communauté qui se crée autour des gens, de la lumière incroyable qui se dégage de ça. Ce sont des moments où l'humain est particulièrement vrai et beau. Il faut ensuite revenir à son chemin sans se laisser polluer, et laisser partir ce qui ne nous appartient pas... »

Coco, aide les dirigeants à atteindre l'équilibre

À 53 ans, Coco est « executive coach » depuis plus de 15 ans. Son créneau : les dirigeants de grosses PME ou du CAC 40 qu'elle tente de familiariser avec la méditation. Il y a 10 ans de ça, elle part en Birmanie accompagner deux tycoons d'un pays qui commence à peine à s'entrouvrir. « À l'époque, cela m'a permis d'expérimenter plusieurs choses : le FOMO, la détox digitale forcée, et la méditation avec les moines birmans. En voyant le bénéfice que cela a eu sur moi, je me suis dit que je voulais transmettre ça aux dirigeants. »

Pour cela, Coco suit durant 5 ans une formation incluant des retraites silencieuses selon les principes du programme MBSR (pour mindfulness-based stress reduction, la réduction du stress basée sur la pleine conscience.) Sa mission : aider les CEO à faire un pas de côté, à changer de lunettes et à se reconnecter à leur intériorité. Pour cela, elle organise le plus grand dîner en silence et pleine conscience de France et écrit trois ouvrages, dont Déconnecte si tu oses en 2019. Son mantra : « lâcher prise sans laisser tomber » , ou encore « rien n'est grave mais tout est sérieux. » Son coaching fait la part belle à la méditation, pour pour muscler leur attention et permettre à ses clients de répondre plutôt que de réagir, de ressentir plutôt que de penser. « Le corps donne toutes les informations, encore faut-il savoir l'écouter pour devenir conscient et éclairé. Et atteindre un équilibre holistique » , souligne Coco. « Ce qu'il faut, c'est s'assouplir pour faire face à l'incertitude. Car quand on est raide dans notre corps, on est rigide dans notre manière de réfléchir. »

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