Un visage recouvert de paillettes vertes

Tous sous coach : ils racontent comment leur coach a changé leur vie

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Pour se rendre la vie plus douce, ranger leur maison, mieux faire l'amour ou interpréter leur thème astral, ils ont fait appel à un coach. Retour sur une expérience qui les a enchanté.

L'époque est compliquée et notre niveau d'anxiété monte en flèche. Pour se faire du bien, il y a ceux qui choisissent le microdosing à base de champignons hallucinogènes, et ceux qui optent pour les bains sonores ou le yoga kundalini. D'autres encore décident de s'offrir les services d'un coach de vie. Objectif : reprendre le contrôle de leur maison, de leurs émotions ou de leur vie sexuelle. Ils savent que les spécialités ne sont pas toujours reconnues, que les services – relativement onéreux – ne sont pas remboursés. Pourtant, ils vont confier à un coach leurs secrets et douleurs les plus intimes. Rencontre avec ces aficionados du coaching.

« C’est une relation un peu bizarre. On a la famille, les psy, les amis, le mec. Là c’est un peu tout ça à la fois. »

« Ma coach astro a mis le doigt sur quelque chose : elle a noté que ma lune est en bélier, à l’opposé de mes autres planètes, en bas sur la carte. C’était aussi la première fois qu’on me parlait de Chiron (ndlr : un astéroïde qui orbite entre Saturne et Uranus et représente dans le thème natal une blessure profonde), un élément qui explique beaucoup de choses dans ma relation aux émotions. »

Après des études en production événementielle, Zoé, 30 ans, travaille comme serveuse à Bruxelles. Depuis toute petite, sa mère « très branchée astro » décortique son thème astral et celui de ses amis. Souvent, elle affirme : « On voit bien que tu es balance ! » Très vite, Zoé estime que l’astrologie peut être un outil intéressant pour décrypter sa personnalité et celle de son entourage.  « C’est une lecture complexe, il ne faut pas regarder seulement son signe solaire, c’est justement quelque chose que Madame Rima analyse très bien. »

Zoé* a découvert sa coach astro grâce au podcast Z comme Zodiaque d’une autre astrologue. Son humour, sa légèreté et sa manière de lire les astres séduisent la Bruxelloise qui contacte Madame Rima sur Instagram. Après beaucoup de DM et de blagues astro échangées, Zoé signe pour une lecture de thème astral (autour de 90 euros à l’époque) avant de suivre une formation d’un mois et demi sur Zoom, mixant astrologie, yoga, tarot et méditation olfactive, une méditation soutenue par une huile essentielle en rapport avec sa personnalité (huile de fragonia pour Zoé).

« J’ai suivi 5 séances pour environ 300 euros. Ce que je voulais c’était me reconnecter à mes émotions. On se parlait quasiment tous les jours sur Voxer (ndlr : une app permettant de se laisser des messages vocaux.) Cela m’a rassurée, cela m’a donné le sentiment de ne pas être seule avec mes tracas. » Aujourd’hui, comment Zoé qualifie-t-elle sa relation avec sa coach ? « C’est une relation un peu bizarre. On a la famille, les psy, les amis, le mec. Là c’est un peu tout ça à la fois. »

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Irène avait « un pète au casque », maintenant elle est « libre »

Cette relation pleine de tendresse avec son coach, Irène, 53 ans, l’éprouve aussi envers Julien, coach en rangement, qui l’a aidée à « ne plus être possédée par ses possessions. »

Dans l’Essonne, Irène vit au milieu d'un parc dans une petite maison jusqu’alors bourrée d’affaires du sol au plafond. « Cela sortait de tous les côtés… 400 paires de chaussures (sans compter les bottes !), 25 parfums, des tiroirs débordants de tissus, stylos, trombones… Je cachais tout partout et ne jetais rien en me disant "au cas où" », raconte-t-elle avec un rire léger.

Avec son coach, Irène s’est petit à petit attaquée à toutes les pièces de la maison, en commençant par le plus facile, la bibliothèque, là où il n’y avait pas pour Irène d’attaches émotionnelles. « Ce qui m’étouffait, c’était les vêtements dont j’avais rempli deux penderies et 40 cartons. » Alors qu’Irène décide d’entamer une formation de coach en accompagnement de deuil d’animaux domestiques, elle réalise qu’elle doit avant tout balayer devant sa porte. « Je me suis dit qu’il n’était pas possible d’accompagner les gens alors que j’avais un pète au casque… »

Pas à pas, Irène fait le tri. Quand elle entrepose tous ses vêtements sur son lit, elle pleure face à la pile monstrueuse qui atteint le plafond. « Je me suis demandée comment j’allais pouvoir dormir ce soir. Mon coach m’a très tranquillement affirmé que tout serait rangé avant la fin de la journée. C'était miraculeux. » Les sacs poubelle étiquetés à donner « Mireille », « Pauline » ou « à revendre sur Vinted » remplacent peu à peu l’amas de vêtements. Irène respire déjà mieux. « Le dernier bastion, c’était les chaussures. Je les donne deux par deux à la femme de mon neveu, je ne peux pas les vendre, cela me fait de la peine, je ne sais pas… »

Comme tous les objets que l’on n’utilise pas ne méritent pas forcément de finir hors de sa maison, Irène a gardé sur les conseils de son coach « un carton sentimental ». Dedans elle a enfermé une poupée offerte par la femme qui la gardait quand elle était enfant, une robe turquoise brodée de sa mère, un vêtement pour bébé cousu main… Prochaine étape, s’attaquer à la maison de sa maman, qui habite un petit duplex de l’autre côté du jardin d’Irène. « Elle n’aime pas jeter, elle était même du genre à se retrouver attristée si elle trouvait une petite poupée abandonnée dans une rue sale, elle la prenait et la lavait. Du coup sa maison devenait limite flippante, lugubre, avec des poupées aux yeux crevés partout… »

Entamer ce processus a fait un bien fou à la quinquagénaire, qui ne regrette pas d’avoir requis les services d’un coach. Pour elle, tout le monde peut ranger ; mais tout le monde ne peut pas accompagner les autres dans ce cheminement émotionnel. « Je me suis rendue compte que la seule chose que je possède c’est moi. Traîner 75 000 valises empêche de bouger librement, ce tas d’affaires est en fait la meilleure excuse du monde pour se soustraire aux choses dont on rêve en se disant qu'on ne peut pas. Maintenant, je suis libre. »

« J’avais besoin de retrouver deux choses, ma maison et moi-même »

Se sentir libérée, c'est aussi ce que voulait Camille*. À 23 ans, cette étudiante en droit s'est sentie plonger dans une sorte de dépression au fil des confinements. « J'avais accumulé plein de bordel, des fringues commandées sur Internet, des albums photos, des vieux cahiers du primaire. Il y en avait dans tous les sens, cela sortait de partout. Dès que je posais un pied chez moi, je me sentais comme un lion qui tourne en cage... » Sur Instagram, Camille déniche un coach en rangement, qu'elle paye 200 euros pour l'aider à vider et réorganiser sa maison sur deux jours. « Je n'ai rien dit à mes parents, ils n'auraient pas compris que je dépense une telle somme là-dedans. Mais franchement, je ne dirais pas que cela m'a sauvé la vie, ce serait exagéré... Mais un peu quand même. Cela m'a permis d'y voir plus clair et de repartir sur de bonnes bases. Je me suis résignée à bazarder le hoodie troué d'un ex qui m'avait traitée comme de la merde, à jeter certains carnets scolaires dont je ne me rappelais plus et à donner ou revendre mon surplus de vêtements. C'était un peu comme reprendre possession des lieux. Et de moi par la même occasion. »

Pour se sentir mieux chez elle, Fatimah*, 42 ans, a opté pour le feng shui, une méthode chinoise qui orchestre l'aménagement de son espace afin de faire en sorte que le Chi – l’énergie – circule au mieux. Sur les conseils d'une copine de fac, elle contacte un coach qui lui fixe rendez-vous dans son petit appartement de Montreuil où elle réside depuis près de 12 ans. « J'y ai aussi vécu plusieurs années avec mon mec, et quand on s'est séparés, l'appartement était hanté par sa présence. » Dans un marché post-Covid, Fatimah redoute de vendre, elle préfère donc refaçonner son intérieur. Après leur rendez-vous, durant lequel elle évalue les lieux, son coach encadre Fatimah à distance. « Il m'a montré que mon appartement était déséquilibré entre le ying et le yang. Il y avait trop de formes géométriques, tout était très orienté vers le haut, très sombre, avec des textures dures... On a introduit de la douceur, de la rondeur... » Étalé sur un mois, le processus semble porter ses fruits. Depuis que son appart a été pimpé, Fatimah a changé de boulot et s'est découvert une nouvelle passion, la poterie. « Je passais tous les soirs devant un atelier de céramique, mais je n'avais jamais osé pousser la porte, ma famille trouve ce genre d'activités un peu inutile... Mais je voulais remplir ma maison de choses qui... me mettaient plus dans mon élément. En fait, j'avais besoin de retrouver deux choses, ma maison et moi-même. »

« J'avais envie de prendre mon pied avec ma copine, enfin !  »

Depuis toujours, Luc* est très introverti. « Renfermé border autiste, disent mes amis pour plaisanter », raconte le jeune la voix un peu cassée. « Du coup, au lit cela n'a jamais été terrible. Je me sentais toujours gêné, mal à l'aise, pas à ma place... Et cela se répercutait souvent sur ma performance. » Aujourd'hui, à 35 ans, le jeune homme a appris à ne plus voir les relations sexuelles comme une prouesse, mais plutôt comme un échange. « Ce n'était pas vraiment que j'étais dans une posture où je refusais de donner, mais plutôt que je ne savais pas comment m'y prendre. Dès que je me retrouvais nu, je perdais tous mes moyens, j'étais comme paralysé. » Après plusieurs relations courtes ou longues qu'il qualifie de « ratées », Luc tombe amoureux de Sara rencontrée à un concert de rue. « On s'est tout de suite hyper bien entendu, on se parlait beaucoup, on riait énormément... On a vite parlé de partir en voyage en Namibie et d'habiter ensemble, mais... au lit, cela ne passait toujours pas, alors qu'il y avait beaucoup de confiance entre nous. Mais soit je finissais trop vite, soit je n'arrivais juste à rien. Et les rares fois où cela durait un peu, cela n'était pas terrible, je n'étais pas à l'aise, du coup elle non plus... C'était hyper frustrant, à 32 ans, j'avais envie de prendre mon pied avec ma copine, enfin !  »

Sur les conseils de son frère aîné, Luc prend contact avec une coach sexuelle. Un peu réticent au début, Luc finit par se livrer au bout de quelques séances. « J'ai eu de la chance, je me suis rapidement senti bien, écouté sans être jugé par Nathalie, la soixantaine. » Cinq fois par moi, Luc se rend à son cabinet pour discuter. Ici, pas de longues discussions sur les traumas de l'enfance, mais des conseils pratiques et des exercices à réaliser seul ou à deux. Les deux premiers mois, Luc travaille seul avec sa coach avant d'inviter Sara à rejoindre son coaching. « Ma coach mixait beaucoup de choses, de la méditation, des sortes de soins énergétiques et un peu de thérapie de couple. On s'est retrouvés Sara et moi à peindre un tableau ensemble mais à l'aveugle... »

Luc découvre le concept de slow sex, soit faire l'amour en pleine conscience, plus lentement, sans se focaliser sur l'orgasme. Après 3 mois de suivi, Luc a cessé de voir Nathalie et a (re)trouvé une sexualité normale. « Enfin mieux que normal, quoi. C'est assez fou en fait. Ma coach ne m'a rien dit que je ne savais pas déjà. Mais je me suis senti pris en main, sans rigueur, juste comme il faut. Ouais, cela a tout changé. »

*Le prénom a été changé

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