Jeune femme devant plantes cannabis

Cannamoms : ces mamans qui fument du cannabis pour être moins stress avec junior

© Patronestaff via Getty Images et Jeff W. via Unsplash

Alors que le stigma autour de la consommation de cannabis part en fumée (haha), elles s'en grillent une pour se relaxer et profiter plus de leur progéniture.

Légal en Californie pour les adultes depuis 2016, le cannabis est de plus en plus plébiscité par des mères soucieuses de ne pas insuffler leur stress à leurs enfants et de se sentir plus apaisées au quotidien. En France, les cannamoms (cannabis + moms, mamans en anglais) pointent timidement le bout de son nez...

Fume-moi si tu peux

Pour la journaliste américaine Danielle Simone Brand, elle-même consommatrice, le phénomène des cannamoms ne date pas d'hier. Dans son ouvrage publié en 2020, Weed Mom : The Canna-Curious Woman's Guide to Healthier Relaxation, Happier Parenting, and Chilling TF Out (Weed Mom : le guide de la femme canna-curieuse pour une relaxation plus saine, une parentalité plus heureuse, et une putain de détente), elle explique que le cannabis l'a grandement aidé. Grâce à la fumette, Danielle a pu ralentir le rythme et apprendre à mieux profiter de ses enfants, sans se sentir contrainte de les coucher au plus vite pour évacuer les corvées de la journée et avancer sur sa to do list domestique. Loin de consommer pour planer, la majorité des cannamoms se contenteraient selon la journaliste de micro-doser pour rester alertes et concentrées. Beaucoup d'entre elles affirment en effet fumer de l'herbe comme elles boiraient un verre de vin au dîner.

Si la journaliste a écrit ce livre à destination des « mamans mainstream qui ne savent pas grand-chose à propos du cannabis » , elle observe que l'omerta qui règne sur la consommation de cannabis chez les mères est en train d'être levée. « Les cannamoms sont sorties du bois, et elles avaient besoin d'un livre pour identifier leur mouvement. »

Mouvement qui prend de l'ampleur alors que la légalisation du cannabis gagne du terrain en Amérique du Nord. Depuis 2018, la consommation de cannabis est légale au Canada. Après la Californie et l'État de New York, d'autres États américains assouplissent aussi leur législation sous la pression des Démocrates. Depuis, les communautés en ligne fleurissent comme des plants de sativa...

Cannamoms sur les réseaux

Sur le subreddit r/beyondthebump (351 000 membres) dédié aux questions de parentalité, les discussions autour de la consommation de cannabis vont bon train, et ce depuis plusieurs années. Dès 2016, l'internaute treesknees89 posait la question : « Les mamans, quel est votre avis sur la consommation de marijuana ?  »

Sur Facebook, des espaces privés proposent aujourd'hui d'échanger sur le sujet, à l'instar du groupe The canna Mom Club, rassemblant plus de 4000 membres. Ici, on dialogue entre « mamans défoncées responsables et fonctionnelles » au sein d'une « zone de non jugement. » (Pas besoin d'être techniquement mère pour rejoindre le groupe, déclarent les administratrices, vous pouvez aussi être la Tante Cool qui rend l'enfant à la fin de la journée ou encore pet parent, maman dévouée d'un animal à fourrure...)

Et sur l'application américaine Peanut rassemblant plus de 2,5 millions d'utilisatrices, on déniche aussi un groupe dédié aux mamans qui aiment bien s'en rouler un pendant que les gamins font la sieste, le « 420 mums » . Ici, les membres échangent sans complexes ni langue de bois, à l'instar de Laura qui interroge : « Y'en a-t-il qui fument et allaitent ?  » , ou de Dayna qui s'exclame : « Je me prépare à déposer mon plus grand à la crèche. Trop hâte de rentrer à la maison et de boire un café avec un J. Et vous comment ça va ?  »

Alors que le mommy Internet (l'Internet des mamans) prend de plus en plus d'ampleur en proposant des safe spaces où les mères peuvent s'affranchir des diktats d'une maternité sublimée, les cannamoms semblent bien avoir trouvé leur place sur les réseaux. Comme le rappelle Le Monde, le regard porté en France sur les parents (et surtout sur les mère) consommateurs de cannabis demeure plutôt sévère. Selon une étude menée par l'Inserm, plus les consommations seraient régulières chez les parents, plus cela accroîtrait la probabilité de consommation à risque chez les adolescents...

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