Un couple qui s'enlace sur une plage

Amour : c'est quoi le «  situationship » que pratique la génération Z ?

© Tim Mossholder

Plus franches ou fluides, floues ou décomplexées, les relations de la génération Z culbutent nos représentations de l'amour.

Après le trouple et le mariage avec son meilleur pote, la sex recession et les messages envoyés à l'univers, le « situationship » devient le nouveau mode par défaut des relations amoureuses entre adultes miniatures.

Couple : cela veut dire quoi, être en situationship ?

Si vous êtes un fan de séries télé pour adolescents, vous connaissez forcément l'acronyme DTF, pour define the relationship ( « définir la relation » ). Comment l'utiliser ? Exemple : « Est-ce que toi et Laure avez DTF ?  » La réponse doit permettre d'accoler une étiquette claire sur la nature de la relation. Sauf qu'aujourd'hui, en matière de relations, on donne plutôt dans le flou artistique. Entre engagement pragmatique et jeux sexuels entre amis, la recherche effrénée d'un amour éternel, à la fois passionné et romantique, semble s'est considérablement délité. Mais comme l'explique la BBC, cela ne veut pas dire que les Z ne croient plus à une forme d'attachement : « Ils trouvent plutôt de nouvelles façons de satisfaire ces besoins qui correspondent mieux à leur vie. Ce changement a donné naissance à l'idée de "situationship" — un terme qui décrit la zone grise entre amitié et relation amoureuse. »

Leur quête ? Confort, tendresse, et plus si affinité. « Cela résout une sorte de besoin de sexe, d'intimité, de compagnie sans pour autant avoir vocation à durer », explique Elizabeth Armstrong, professeur de sociologie à l'université du Michigan aux États-Unis. « Le terme situationship a atteint un niveau record dans le trafic de recherche Google cette année, après avoir commencé à gagner du terrain à la fin de 2020. L'intérêt est mondial, il concerne toutes les ethnies, genres et orientations sexuelles. » Et sur TikTok, le #situationship frôle déjà le milliard de vues...

L'anti « escalator relationnel »  : repenser le sexe et l'amour

Pourquoi cet attrait ? Il ne s'agit pas de dévaluer l'amour ou les relations sexuelles, mais d'accepter que certaines relations soient faites pour durer un temps, et ce sans pour autant être perçues comme inférieures ou amoindries. Avec le situationship, pas question donc qu'une relation condamnée à se terminer à la fin d'un semestre d'étude à Prague soit vue comme une « perte de temps. »

Pour Elizabeth Armstrong, ces relations sont populaires car elles remettent en cause « l'escalator relationnel »  : ou l'idée que pour être réussies, les relations doivent suivre une structure linéaire et atteindre certains jalons traditionnels, comme la cohabitation, les fiançailles, le mariage, les enfants... Une conclusion partagée par Lisa Wade, professeure agrégée de sociologie à l'université de Tulane, aux États-Unis : après avoir mené en 2020 plus de 150 entretiens avec des étudiants de premier cycle, elle a observé que la génération Z est plus réticente que les précédentes à DTF ou à privilégier des relations « qui avancent ».

Privilégier son propre parcours

En plus d'être épuisés par le vide généralisé et débilitant des applications de rencontres, les Z sont aussi plus soucieux de leur avenir que les millennials. Plutôt que sur leur statut amoureux, les jeunes préfèrent se concentrer sur la stabilisation de leur situation financière, leurs loisirs ou leur carrière. Moins romantiques peut-être, plus pragmatiques sûrement.

commentaires

Participer à la conversation

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.