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Photo de la jeune chanteuse Poupie
© Luna Harst

Artistes, militants, influenceurs… ces Z qui ont marqué 2020

Le 4 janv. 2021

Climat, question de genre, lutte contre le racisme, féminisme, consommation, véganisme... ils sont encore juniors mais sont acteurs du changement dans la société. Et n'essayez pas de les faire rentrer dans les cases binairement conçues par leurs aînés.

POUPIE

« Prête à exploser son cœur »

Autrice, compositrice, musicienne, interprète - 21 ans

Cette chanteuse nouveau genre est très douée et a le talent de le savoir. Sur des notes reggae, son titre Ça me dérange dissèque ses phases d’anxiété, qu’elle calme en les noyant dans un univers street mais acidulé. Avec son épaisse crinière rousse, son large sourire, la jeune chanteuse hyperactive confiait sur le plateau de La Nouvelle Star que, sur scène, elle est « prête à exploser son cœur ».

Instagram : @poupie.tv

LOUS AND THE YAKUZA

« Être populaire pour aider les gens à long terme »

Autrice, compositrice, interprète - 23 ans

Lous a toujours écrit, toujours chanté. À 23 ans, la jeune femme a vécu plusieurs fois dans la rue, en s’accrochant toujours à son désir de partager ses compositions. Avec son album Gore, la Belge à la personnalité solaire livre des textes vacillant entre joie et peine, extase et spleen. « Je ne veux pas être une artiste de niche, mais être populaire pour accompagner les gens longtemps », explique-t-elle.

Instagram : @lousandtheyakuza

MARIANA BENENGE

« Pour exister, il faut qu’on te voie ! »

Danseuse professionnelle de waacking, créatrice de la marque Tantine de Paris - 22 ans

Originaire de Kinshasa, Mariana a toujours baigné dans le monde de l’art, des couleurs vives et de la musique. « Là-bas, on fait attention à son allure. Pour exister, il faut qu’on te voie ! » La jeune femme l’a compris à 15 ans, quand sur un défilé de mode « tout le monde se ressemblait, c’était tellement trop sobre et minimaliste ». Pour elle, la beauté, ça doit être de l’énergie.

Instagram : @mariana_benenge

 
 
 
 
 
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LL

« Je ne souhaite pas être cantonnée à un style de musique. »

Autrice, compositrice, musicienne, interprète, chanteuse R’n’B - 21 ans

Léa a commencé le violon à 6 ans, écrit ses premiers textes au collège, et signé un contrat avec le label indépendant Jeune à Jamais. Autant pop qu’hip-hop, R’n’B, voire parfois presque trap dans ses prods, la jeune Lyonnaise livre des morceaux doux, poétiques et expérimentaux, et « ne souhaite pas être cantonnée à un style de musique ». Son nouveau titre, Kumbia, est plus rythmé que les précédents.

Découvrir ses titres sur SoundCloud : LL❦

XIUHTEZCATL MARTINEZ

« La musique permet de rassembler tout le monde. »

Activiste, écologiste, rappeur - 20 ans

Teint basané, longs cheveux noirs et large sourire, ce jeune Américain d’origine aztèque souhaite mobiliser les jeunes face au dérèglement climatique. À 6 ans, il apparaît pour la première fois en public et témoigne déjà d’une grande sensibilité pour l’environnement. À 18 ans, il décide d’entamer une carrière dans la musique. Selon lui, « l’activisme peut parfois être perçu négativement. Tandis que la musique permet de rassembler tout le monde et de s’engager dans le mouvement de sa propre façon. »

Instagram : @xiuhtezcatl

CHARLIE RANO

« Rendre le théâtre plus concret pour les jeunes, en les faisant rire »

Humoriste, journaliste, actrice, féministe - 20 ans

Charlie a un bon débit. Ses « farces » publiées sur YouTube avec MadmoiZelle font un carton. Originaire de Saint-Denis, Charlie colle sur les murs de Paris le nom des victimes de féminicide. Sa web-série Scénique ta pièce sur YouTube reprend cinq grands classiques en y ajoutant une touche de féminisme et beaucoup d’humour. « Nous voulons faire parvenir ces pièces aux jeunes, pour leur donner envie d’aller au théâtre. »

Instagram : @charlie_rano

 

YUNG LEAN

« Dans mon travail comme dans la vie, je ne suis aucune règle. »

Auteur, compositeur, interprète, rappeur - 23 ans

Le Suédois Yung Lean est désormais une figure phare du cloud rap, empruntant un nom faisant écho à la drogue (la lean) qui fait encore des ravages parmi les rappeurs US. Le rappeur tourmenté s’insurge contre l’hédonisme et, dans Miami Ultras, il se voit en train de creuser sa propre tombe. « Dans mon travail comme dans la vie, je ne suis aucune règle », explique-t-il.

Instagram : @yunglean2001

IMANE BOON

« J’accompagne mes followers dans tous les moments. »

Étudiante, cuisinière - 21 ans

Cette jeune étudiante à la Sorbonne a commencé par poster des recettes simples, végé et sans four, sur son compte Instagram. Près de 75 000 abonnés plus tard, Imane se filme désormais dans tous les moments de son quotidien. « La cuisine, c’est la dimension principale de mon compte, mais en réalité j’accompagne mes followers dans tous les moments de leur vie étudiante », explique-t-elle.

Instagram : @recettes.echelon7

MAGICALBODIES.TATTOO

« Besoin d’inscrire sur mon corps »

Tatoueuse, artiste, féministe - 23 ans

Passionnée de dessin, Alice utilise des encres véganes pour tatouer essentiellement des corps de femmes dans la nature, privilégiant les traits fins et les couleurs vives. Elle est féministe, inclusive et tournée vers l’« écoféminisme ». Sur son corps, chacun de ses tatouages évoque ses convictions. « J’avais besoin d’inscrire sur mon corps cet engagement », dit-elle.

Instagram : @magicalbodies.tattoo

 

 
 
 
 
 
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PHILO COHEN

« Nous trouverons toujours un projet »

Artiste, écrivaine - 22 ans

À l'âge de 16 ans, Philo a quitté Paris pour New York. Elle étudie actuellement la photographie et l'anthropologie visuelle au Sarah Lawrence College et vient de rentrer de six mois à Tokyo. En 2015, elle a créé SPECIWOMEN, une communauté de jeunes femmes artistes pour mettre en avant leur travail et leur créer une place dans le monde de l'art. « Tout le monde est bienvenu, nous trouverons toujours un projet. » Depuis 2018, elle publie une revue annuelle qui rassemble les plus beaux projets de l’année.

Instagram : @chatwithphilo

JUSTINE VILGRAIN

« J’ai pu me rendre compte que j’avais un talent »

Entrepreneuse, cofondatrice de Braw Haus, créatrice du logo certified dyslexic - 24 ans

Justine est dyslexique et ne veut plus que ce soit une honte. « À l’école en France, je n’avais pas de bonnes notes et j’étais frustrée. Au contraire, en Angleterre, j’ai été baignée dans un univers artistique où j’ai pu me rendre compte que j’avais un talent », explique-t-elle. Aujourd’hui, cofondatrice de la communauté de créatifs indépendants Braw Haus, elle a créé le logo certified dyslexic pour indiquer son handicap et expliquer sa « créativité orthographique ».

Instagram : @justinevilgrain

THÉO SCUBLA

En se diversifiant, les entreprises prennent de meilleures décisions.

Entrepreneur, cofondateur et PDG de each One et de WERO - 25 ans

Théo Scubla était encore étudiant à l’ESCP lorsqu’il a fondé each One, une entreprise qui propose aux réfugiés un programme de douze semaines de cours et d’accompagnement pour trouver un emploi. Selon lui, « c’est en se diversifiant que les entreprises ont la capacité de prendre de meilleures décisions ». En 2018, il lance WERO, cabinet spécialisé dans le recrutement des personnes réfugiées. Près de 150 personnes sont recrutées en CDI tous les six mois.

Instagram : @theoscubla

PALADIN AMBER

« Vire ton fétichisme malsain de mon tchat »

Streameuse Twitch - 23 ans

L’Australienne Paladin Amber est célèbre dans le monde du jeu vidéo pour son franc parlé qui recadre les machos. Dans son stream le plus diffusé, un joueur lui demande s'il peut « la payer pour voir ses orteils », ce à quoi elle répond « va te faire foutre » et « vire ton fétichisme malsain de mon tchat ». Elle explique faire le choix de l’humour pour évincer les streameurs toxiques. Et ça lui réussit. Sur Twitch, elle cumule près de 94 000 followers.

Twitch TV : @PaladinAmber

HATTI REES

Questionner la façon dont les gens perçoivent l’identité

Artiste, maquilleuse, réalisatrice - 24 ans

Poupée extraterrestre ou zombie aux dents acérées, Hatti se maquille sans cesse. « Je ne remets pas en cause la beauté conventionnelle, mais la façon dont les gens perçoivent la femme, l'art, les problèmes environnementaux, la politique, l'identité et la santé mentale », explique-t-elle. Hatti Rees travaille actuellement sur une exposition aux Pays-Bas au Stedelijk Museum, ainsi que sur la réalisation d'un album et d’une vidéo.

Son compte Instagram : @hatti_rees

 

 
 
 
 
 
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SHIGO LADURÉE

« Chaque personnage est l’illustration d’une de mes souffrances »

Drag-queen, artiste - 18 ans

Shigo LaDurée s’intéresse à la culture drag-queen dès l’âge de 12 ans. « Au collège, les gens ne m’acceptaient pas tel que j’étais. » Et poster des looks de drag sur Instagram a été pour lui un acte hyperlibérateur. « Chaque personnage est l’illustration d’une de mes souffrances qui rend bien visuellement. » Ce jeune artiste, qui passait son bac en 2020, a pour projet d’ouvrir également un compte YouTube pour montrer son autre côté : « Micha ».

Son compte Instagram : @officialshigo

 

 
 
 
 
 
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LÉA MOUKANAS

« Il n’y a pas d’âge pour s’engager. »

Entrepreneuse, écrivaine - 21 ans

Léa publiait son premier roman à 14 ans, et son second un an après. La même année, elle créait l’association Aïda, en hommage à sa grand-mère décédée d’une leucémie foudroyante, pour aider les patients et soutenir la recherche médicale. « Au début, on ne me prenait pas au sérieux à cause de mon âge, raconte-t-elle, alors qu’il n’y a pas d’âge pour s’engager, et notre génération exige de l’immédiateté. » En mars 2020, la jeune Franco-Libanaise participait à Debout citoyennes aux côtés de Marlène Schiappa.

PELILLOS ALAMAR

« Sentons-nous puissantes et libres… »

Photographe, artiste - 24 ans

Poils sous les bras, bourrelets, vergetures…, sur son compte Instagram, Mar, jeune Espagnole diplômée des Beaux-Arts, rend visible le corps des femmes qui ne correspondent pas aux normes de beauté établies par la société. « Sentons-nous puissantes et libres de faire ce que nous voulons de nos corps », explique-t-elle dans ses stories. « Mettez vos plus beaux sous-vêtements et envoyez-moi vos photos. »

Son compte Instagram : @_ pelillosalamar_

 
 
 
 
 
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GHETTO TWINS

« Exprimons-nous par la danse »

Danseurs - 18 ans

Les frères jumeaux Aristide Shema et Freddy Sheja dansaient déjà en Ouganda, où ils ont grandi. Ils vivent aujourd’hui à Saint-Nazaire, où ils ont été rejoints par leur jeune frère. Depuis, ils se filment en train de danser dans tous les lieux emblématiques de la ville. Les trois frères ont été repérés par deux rappeurs américains, Ayo et Teo – « Notre vidéo avec eux a été vue plus de 100 000 fois » –, mais aussi par Cardi B et Pull&Bear.

Leur compte Instagram : @ghettotwins__

 
 
 
 
 
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EWURAKUA DAWSON-AMOAH

« Raconter leurs histoires culturelles »

Entrepreneuse, cadreuse, monteuse, scénariste, actrice - 23 ans

Ewurakua a fondé The Melacast Network, un site communautaire pour permettre à tous les pros du cinéma racisés d’accéder aux ressources nécessaires pour produire un film. « L’objectif est de leur permettre de raconter leurs histoires culturelles », explique-t-elle. « Il y a un manque de diversité dans la majorité des plateformes de casting, et il est temps de nous voir sur grand écran. » Elle a notamment dirigé les courts métrages Just Scream et My Rows of Corn.

PAUL MIRABEL

« Le stand-up, pour vaincre ma timidité »

Humoriste - 24 ans

Désigné en 2018 « étudiant le plus drôle de France », Paul s’est fait connaître en animant les premières parties de Fary et Roman Frayssinet. Avec son physique de brindille, il explique que son plus gros challenge aujourd’hui, c’est de vaincre sa timidité. Il redessine les frontières de la masculinité et confie sur la scène du prestigieux festival de Montreux, avec autodérision, ses difficultés à draguer les filles : « On me dit souvent que je suis gentil, mais… je n’ai pas le choix. »

Instagram : @paulmirabel

ABEL DANAN

« J’aime parler des films qui m’apportent quelque chose, mais j’aime surtout en faire »

Réalisateur, producteur, scénariste - 22 ans

Intervenant en tant que critique cinéma dans Le Cercle sur Canal+, Abel « aime parler des films, mais surtout en faire ». Très attaché au Japon, il a dédié son premier court métrage, Coming home, tourné là-bas, à l’histoire de sa famille moitié marocaine moitié japonaise. « J’ai réalisé ce film avec la volonté de faire du documentaire, de capter les choses qu’un tournage classique n’aurait pas pu m’apporter. » Actuellement, il prépare un long métrage Virtual Love sur le trouble amoureux.

Son compte Instagram : @abeldanan

FATIMA DAAS

« Lorsque l'on n’arrive pas à se le dire à soi-même, il est plus facile de l'écrire »

Écrivaine - 24 ans

Dans son premier roman La Petite Dernière, Fatima livre le récit d’une musulmane de banlieue, lesbienne, en quête identitaire. « Je n’ai aucune envie de réformer l’islam, donc, aujourd’hui, je considère vivre dans le péché », déclare-t-elle. Un roman dont l’écriture a été salutaire, qui part d’une source autobiographique, mais qui n’est pas totalement l’histoire de son autrice. « Je n'avais pas envie de faire un journal intime, mais de la littérature. Ce qui m'a aidé, c'est d'introduire de la fiction. »

 
 
 
 
 
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CAMILLE ETIENNE

« Agir, c’est prendre part à la solution »

Militante, écologiste, étudiante - 22 ans

La porte-parole du mouvement « On est prêt », invitée à l’université d’été du Medef le 27 août 2020, a défendu fièrement ses idées sur le monde d’après, sans se laisser démonter. « Agir, c’est prendre part à la solution », explique Camille, qui mêle avec brio vie étudiante à Sciences Po et activisme. « Je suis ici, parce que c’est un élan de vie. »

Son compte Instagram : @graine_de_possible

 
 
 
 
 
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ABDELILAH LALOUI

« J’étais sûr de ne pas avoir les bons codes »

Écrivain, étudiant - 21 ans

Les Baskets et le Costume est le premier livre de ce fils d’Algériens. Le titre relate son premier jour à Science Po, et plus précisément le choix de la tenue adéquate pour se fondre dans la culture de la rue Saint-Guillaume. « J’étais sûr de ne pas avoir les bons codes », explique-t-il. Il y raconte sa quête de légitimité, et comment se sentir à l’aise partout quand on vient d’un milieu populaire. Par ailleurs, son association, Tous curieux, propose de sensibiliser des collégiens de ZEP à la culture.

Son compte Twitter : @LalouiAbdelilah


Cet article est paru dans la revue de L'ADN - (Z), portrait d'une génération. Vous voulez vous procurer ce numéro ? C'est par ici.

Anaïs Farrugia - Le 4 janv. 2021
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