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une jeune fille joue avec du slime face caméra.
© ferrantraite via getty image

YouTube s'attaque, très timidement, à la monétisation des vidéos pour enfants

Le 8 janv. 2020

Afin de se mettre en conformité avec une loi visant à protéger les enfants en ligne, YouTube introduit de nouvelles règles de monétisation, mais laisse le choix aux créateurs de déterminer s'ils doivent s'y soumettre.

Commentaires pédophiles, captation de l’attention des plus jeunes, influenceurs arnaqueurs... YouTube n'assure pas toujours un environnement sécurisé à ses plus jeunes utilisateurs. Après avoir laissé prospérer les chaînes aux contenus débilisants ou glauques à destination des enfants, voire des bébés, l'entreprise annonce la démonétisation partielle des vidéos qui ciblent les moins de 13 ans.

Derrière cette mesure, se cache en fait une mise en conformité avec la loi Children’s Online Privacy Protection Act, ou COPPA. Votée en 1998, cette dernière veut assurer la protection en ligne des enfants de moins de 13 ans et interdire notamment la collecte de leurs données personnelles. Après la publication par la Federal Trade Commission (agence américaine chargée de faire appliquer le droit de la consommation) d'une mise à jour destinée aux créateurs de contenus sur YouTube, la plateforme avait promis d’éclaircir les règles concernant les vidéos s’adressant à ce public particulier.

La fin de la monétisation ?

Pour se mettre en conformité avec la loi, YouTube a donc décidé de retirer toutes fonctionnalités de monétisation qui utilisent les données personnelles des internautes. La première à en faire les frais est la publicité personnalisée qui s'affiche en fonction des profils des utilisateurs. Exit également le « super chat » qui permettait aux juniors de faire des donations ou le « merch shelf » (un petit menu déroulant horizontal qui présentait des produits à acheter). Les commentaires, les notifications, les options de playlist ou le live chat sont aussi bannis des vidéos pour enfants.

Ces dernières ne sont toutefois pas intégralement démonétisées. YouTube autorise toujours l'utilisation de publicités ayant un rapport avec le sujet ou la thématique du contenu. Interrogé sur ce point, YouTube a refusé de préciser dans quelle proportion on trouve ces publicités moins intrusives dans les contenus pour enfants.

 

Les vidéastes deviennent juges et partis

Reste à déterminer quelles vidéos sont concernées par cette nouvelle réglementation. Interrogé par nos soins sur les critères retenus, YouTube nous a renvoyé sur un billet de blog publié le 6 janvier 2019. L’équipe y précise que les vidéos visées ont des sujets, des personnages, des thèmes centrés sur les enfants. Les vidéos de gaming ou d’animation ne devraient pas rentrer dans ces critères. En revanche, les chaînes contenant des comptines pour bébés, ou bien mettant en scène des enfants comme Swan et Néo par exemple, sont en plein dans la cible.

Toutefois, ne comptez pas sur YouTube pour jouer le rôle de shérif. En effet, la plateforme refusant toujours d'être considérée comme un média, ne mettra pas en place les mesures pour déterminer ce qui est – ou pas – un contenu pour enfants. Ce sera aux youtubeurs eux-mêmes de faire ce travail. Pour le faire, ces derniers pourront cocher une case dans les paramètres de YouTube Studio. Si YouTube ne propose pas de moyen d'éditorialiser les contenus publiés sur sa plateforme, des techniques de machine learning seront tout de même déployées pour scanner les vidéos et faire des vérifications a posteriori.

Rassurer les youtubeurs

Cette liberté laissée aux créateurs est aussi une stratégie pour rassurer ces derniers. Ces derniers mois, de nombreux youtubeurs avaient exprimé des inquiétudes sur le sujet de la démonétisation. Le roi des rats, Jessyanimation, Deo Toon ou bien encore Lama Faché se sont insurgés, estimant que cette mise en conformité pourrait signer la disparition pure et simple de leur chaîne.

 

En fin de compte, il n'en est rien. En effet, la plupart des chaînes que regardent les enfants sont considérées comme destinées à un public large. Elles échappent donc à ces mesures et pourront continuer à générer des revenus sans trop de problème.

David-Julien Rahmil - Le 8 janv. 2020
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