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deux femmes chinoise qui font un live stream pour une émission de cuisine
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BiliBili, iQiyi, Weibo : pourquoi faut-il s’intéresser aux YouTube, Twitter et Netflix chinois ?

Le 29 oct. 2019

Alors que l’influence de la Chine prend de plus en plus d’importance sur le web, son univers numérique reste encore très peu connu en Occident. Décryptage.

Si je vous dis iQiyi, BiliBili ou bien encore Douyin, il y a de fortes chances pour que ça ne vous dise rien du tout. Et pourtant, ces réseaux sociaux chinois sont utilisés par des millions d’utilisateurs dans l’empire du milieu et attisent de plus en plus la convoitise des marques occidentales qui rêvent de se tailler une part du gâteau. Cependant, la barrière de la langue ainsi que la grande muraille virtuelle qui isole le web chinois du reste du monde n’aident pas vraiment à se familiariser avec cet écosystème, beaucoup plus centralisé qu’en Occident. Suivez le guide.

WeChat (weixin) : le réseau à tout faire

Propriétaire : Tencent

Nombre d’utilisateurs actifs : 1 milliard

Chat et appels vocaux, géolocalisation, moyen de paiement, site de rencontres, commerce… WeChat c’est un peu l’application à tout faire en Chine. À Beijing, elle est même devenue complètement indispensable. C’est avec elle qu’on paye ses courses, que l’on mandate un toiletteur pour chien à domicile, qu’on réserve une place dans un restaurant… L’appli compte aussi des influenceurs pouvant assurer la promotion de marques. Ces dernières ont aussi la possibilité d’y proposer des petits programmes comme des catalogues ou des expériences géolocalisées. Vu son utilisation massive elle est aussi un moyen de contrôle et de surveillance puissant de la population avec une censure en temps réel de certains mots clés comme « Tibet » ou des suppressions de comptes punitives, véritables mises au ban de la société numérique, en cas de comportement jugé déviant par le régime.

iQiyi : le Netflix chinois

Propriétaire : Baidu (le Google Chinois)

Nombre d’utilisateurs actifs : 500 millions, dont 138 millions d’abonnés

Pensée à l'origine comme un YouTube, la plateforme s’est peu à peu transformée pour proposer du contenu payant ou sponsorisé par la publicité. À la manière d’un Netflix (avec qui elle a signé des accords de diffusion de films et de séries), l’application est l’un des poids lourds du système de production cinématographique du pays. iQiyi a ainsi investi près de 3 milliards de dollars pour produire des films.

Douyin : le TikTok chinois

Propriétaire : ByteDance

Nombre d’utilisateurs actifs : 500 millions par mois

On ne présente plus le réseau à la Vine qui permet à des millions d’internautes de poster des vidéos plus ou moins gênantes en train de danser ou de faire des playbacks. Le succès de l’application repose sur l’organisation des défis et des challenges que les équipes de Douyin mettent en place pour motiver les utilisateurs. Plus besoin de créer ou d’imaginer de nouveau concept de vidéos, l’application prémâche le travail.

Sina Weibo :  le Twitter chinois

Propriétaire : Sina Corporation

Nombre d’utilisateurs actifs : 448 millions

Imaginée au même moment que Twitter, cette plateforme de micro blogging est finalement devenue l’une des places centrales de l’influence en Chine. Comme Facebook, il est possible de diffuser des vidéos en direct, de se connecter avec ses amis ou bien suivre des personnalités qui interviennent sur les hashtags du moment. Weibo compte cependant de nombreux faux comptes d’influenceurs. Ces derniers achètent des abonnés et des vues pour quelques Yuans et démarchent les marques en leur faisant miroiter de la visibilité contre de l’argent ou des cadeaux. La plateforme est aussi mal vue par certains influenceurs qui doivent payer pour pouvoir dépasser les 10 ou 15% de vues organiques.

BiliBili : le YouTube des adolescents chinois rebelles

Propriétaire : Shanghai Hode Information Technology Co., Ltd.

Nombre d’utilisateurs actifs : 150 millions (chiffre 2017)

Entièrement tournée vers un public plus jeune, la plateforme vidéo BiliBili met en avant des contenus centrés sur le jeu vidéo, le cosplay et les mangas. Dans le journal 20 Minutes  BiliBili se présente comme une échappatoire idéale pour un public qui craint la solitude et un train de vie un peu trop sage. C’est aussi sur cette plateforme que l’on peut retrouver des vidéastes occidentaux comme Quentin Albert, qui touche un public plutôt aisé avec ses vidéos de voyages. Malgré son image de rebelle, la plateforme accueille aussi la Ligue communiste pour la jeunesse qui y a ouvert un compte pour faire l’éloge du pouvoir en place.

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