Oh Hi Mark !

Facebook est-il à côté de la plaque avec son métavers ?

© Facebook

Présenté dans une vidéo mêlant réel et réalité virtuelle, le « métavers » de Mark Zuckerberg semble sortir d’un vieux film de science-fiction quand on le compare aux systèmes déjà existants.

« Salut, et bienvenue dans Connect. Aujourd’hui nous allons parler de métavers » . Dans une vidéo d’une dizaine de minutes annonçant, entre autres, le changement de nom de son entreprise (de Facebook à Meta), Mark Zuckerberg en a profité pour nous donner sa version du futur du web et une rapide présentation de ce qu’il appelle le métavers.

Pour le CEO, le plus important reste bien évidemment de « connecter les gens » . Pour ce faire, Meta va permettre aux internautes d'accéder à un espace numérique en 3 dimensions grâce à un casque de réalité virtuelle. Le tout devrait ressembler à une maison que l’on peut personnaliser à souhait avec des objets « capturés dans la vie réelle » . Dans le reste de la vidéo, on le voit en train de choisir l’apparence de son avatar et de participer à un jeu de cartes dans une autre salle virtuelle située dans l’espace, ou bien partager une représentation en trois dimensions d’une œuvre de street artist. Et malgré l’enthousiasme plus ou moins bien joué de Zuckerberg, on ne peut s’empêcher de ressentir une pointe d'ennui, face à un projet qui paraît déjà ringard.

Second Life et Roblox l’ont déjà fait

Cette idée de permettre aux internautes de fabriquer une maison virtuelle ou de dialoguer ensemble dans un environnement numérique existait déjà du temps de l’expérience virtuelle Second Life, mise en place par Linden Lab en 2003. À l’époque, l’entreprise avait déjà imaginé une économie virtuelle avec des marques faisant leur publicité au sein de l’univers ou bien des modélisateurs indépendants, vendant leurs objets en 3D aux utilisateurs via une marketplace. Ce système a depuis largement été répliqué et amélioré au sein d’autres plateformes comme Roblox. À la différence de Second Life (et aussi de Facebook), ce sont surtout les enfants et les adolescents qui parcourent cet univers continuellement renouvelé grâce à ses 800 millions de jeux vidéo. Comme Fortnite, Roblox propose aux jeunes un endroit qui leur ressemble et qui n’est pas fréquenté par des adultes. On pourrait croire que c'est ce public que veut viser le métavers de Zuckerberg. Or il n'en est rien. Ce qu'il propose n'a rien d'un jeu vidéo ou d'un univers qu'aimeraient fréquenter les plus jeunes.

Un LinkedIn virtuel ?

Le CEO a véritablement besoin de sang neuf pour sortir son entreprise du bourbier. En effet, le réseau social est en panne de croissance dans les pays occidentaux tandis que les plus jeunes préfèrent TikTok et d’autres plateformes plus ludiques. La firme est aussi pointée du doigt par les enquêtes des Facebook Files qui ont notamment montré les effets néfastes d’Instagram sur la santé mentale des jeunes filles. De ce fait, elle a décidé de suspendre le développement de son réseau social réservé aux moins de 13 ans.

On pourrait croire que le métavers est une porte de sortie pour faire revenir les plus jeunes. Pourtant, quand on regarde plus en détail cette vidéo, le créateur de Facebook insiste surtout sur les applications professionnelles de son monde numérique. Plus de la moitié de la présentation est dédiée au travail à distance ou bien aux réunions virtuelles qu’il sera possible de faire. Pour Mark Zuckerberg, le travailleur du futur sera donc ravi de porter toute la journée un casque de réalité virtuelle à plus de 500 dollars afin de simuler sa présence dans un bureau, avec des collègues. Cette stratégie qui semble surtout viser les ventes d’un appareil coûteux qui n’a jamais vraiment décollé sur le marché grand public semble bien à côté de la plaque quand on le compare aux concurrents qui sont déjà rentrés dans le web 3.0.

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