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EAZ

Les media dans la tourmente après les élections

Le 16 nov. 2016

La presse l’avait donné perdant. Après sa victoire, les media qui ont soutenu Trump triomphent, et le plus puissant d'entre eux s’intéresse de très près à la France....

Novembre 2016 : les media américains courbent l’échine, conscients d’avoir échoué. Sur 200, 194 ont soutenu Hillary Clinton aux dépends de Trump. La victoire de ce dernier leur a fait l’effet d’une bombe, dont peu se remettent encore. Une leçon d’humilité ? Plusieurs grands media américains ont d’ailleurs présenté leurs excuses.

Beaucoup d'électeurs américains voulaient quelque chose de différent. Bien qu'ils aient crié et hurlé, les journalistes n'étaient pas à l'écoute.

 

Margaret Sullivan, éditorialiste du Washington Post

«Les journalistes se sont rendus dans les États Républicains pendant plusieurs jours, ils ont interviewé des mineurs ou des chômeurs de l'industrie automobile dans la Rust Belt, nous ne les avons pas pris au sérieux. Ou, du moins, pas assez».

«Comme tout le monde, nous nous sommes trompés», confie Tony Romando, PDG de Topix Media.

Jim Rutenberg a déclaré dans le New York Times, en tant que correspondant, avec beaucoup de dureté : « Les media d’information ont largement manqué ce qui se passait autour d’eux ».

La défaite est cuisante. Si certains pointent du doigt la responsabilité des sondages. « Comment les sondeurs ont-ils pu se tromper à ce point ? » s'interroge USA Today ; d’autres s’en prennent à la toile. On accuse notamment Google et Facebook d’avoir pesé dans le débat et influencé le scrutin. La raison ? La mise en valeur et le mode de diffusion du réseau social et du moteur de recherche qui auraient tendance à relayer en priorité, ou au même titre que les vrais, de faux articles allant dans le sens du candidat républicain. C’est ainsi que de nombreux sites, classés d’extrême droite et annonçant des chiffres douteux (Dreutz, égalité et réconciliation…) se sont retrouvés en première ligne des actualités proposées sur Google France. Une ineptie selon Mark Zuckerberg, à qui on fait le même reproche, et qui souligne que les hoax ne représentent qu'une minorité d'articles diffusés sur la plate-forme. Et pourtant Facebook et Google, ont annoncé conjointement lundi des mesures pour empêcher les sites qui publient de fausses informations de faire de la publicité sur leurs plateformes.

Google a en effet annoncé que son service publicitaire AdSense était désormais limité aux sites jouant la transparence : « Dorénavant, nous limiterons nos services publicitaires sur les pages qui cachent, falsifient ou mentent sur l’identité de leur gérant, la nature de leur contenu ou l’objectif poursuivi par leur site web. » De son côté, Facebook a ajouté à sa liste d’éléments illégaux ou interdits, les fausses actualités. Reste à savoir démêler le faux du vrai, quand le plus souvent les deux se mélangent. Il semblerait pourtant, selon Business insider, qu'un groupe d'étudiants ait résolu le problème en seulement 36 heures sur Facebook.

En attendant, tous se remettent en question. Seul un medium sort son épingle du jeu et pour cause. Il s’agit du Breitbart, dirigé par le directeur de campagne de Donald Trump, Steve Bannon. Fondé en 2007 par Andrew Breitbart, un collaborateur conservateur du Washington Times, Breitbart News se revendique comme un site d'informations très conservateur, voire d’extrême droite. Steve Bannon, souvent décrié comme étant un homme aussi puissant que dangereux, n’a cessé de soutenir la candidature du milliardaire ; il se dit même que ce serait lui qui aurait poussé Trump à se présenter suite à l’humiliation que lui avait fait subir Obama en 2011, lors du traditionnel dîner des correspondants à la Maison Blanche. En réponse à Trump qui émettait des doutes quant à son certificat de naissance, Obama s’était fendu devant l’assemblée d’un « Donald peut désormais se poser les vraies questions, comme  : ‘Avons-nous vraiment marché sur la Lune  ?’ ; ‘Que s’est-il vraiment passé à Roswell  ?’ ; ‘Où sont Biggie et Tupac  ?’ »... provoquant l'hilarité générale.

Exemple de merchandising proposé sur Breitbart news

Steve Bannon est désormais haut conseiller et chef de la stratégie à la Maison Blanche, il remporte une vive adhésion chez les plus extrémistes des mouvements racistes, le KKK pour ne citer qu'eux. Son prochain défi ? Lancer son medium en France et en Allemagne pour favoriser l'arrivée au pouvoir de partis populistes. Il a d’ailleurs adressé ce message au FN sur radio-londres.fr. « Nous pensons que la France est l’endroit où il faut être. Avec ses jeunes entrepreneurs, les femmes de la famille Le Pen… Marion Maréchal Le Pen est la nouvelle étoile montante ». Ce à quoi l’intéressée s’est empressée de répondre : « Je réponds oui à l’invitation de Stephen Bannon, directeur de la campagne Trump, à travailler ensemble ».

Comme le rappelle Le Monde, Andrew Breitbart, le fondateur du site éponyme, n’avait pas hésité à qualifier Steve Bannon de « Leni Riefenstahl du Tea Party », du nom de la cinéaste de la propagande nazie. C’était avant sa mort en 2012, et avant que Steve ne le remplace.

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