une statue d'homme tenant un serpent à bout de bras

NoNutNovember, ce défi qui encourage les hommes à cesser la masturbation

© Frederic Leighton

Depuis quelques années le NoNutnovember est passé du statut de blague de collégiens à celui de véritable rituel masculin sur la libido et contre l’omniprésence du porno. 

« En octobre tu peux secouer le parasol, mais en novembre, tu le gardes entre les jambes ». Rassurez-vous, ce dicton stupide n’existe pas vraiment. Il résume pourtant fort bien le NoNutNovember (« nut » veut dire éjaculer en argot américain), ce défi qui encourage les hommes durant tout le mois de novembre à ne pas se masturber. 

Les règles du NoNutNovember

Pour participer au NoNutNovember, rien de plus simple. Il suffit de s'engager à ne pas se masturber ou avoir de relations sexuelles. Il est permis de regarder du porno et d’avoir une érection, mais cette dernière ne doit pas être entretenue. Enfin, il est autorisé d’avoir une éjaculation nocturne involontaire. Certaines règles sont interprétées de manière plus ou moins rigoriste. La masturbation est parfois admise, mais ne doit pas mener à l’orgasme et l’éjaculation, ce qui explique pourquoi certaines communautés BDSM spécialisées dans des pratiques tournant autour de la frustration participent avec plaisir à ce mois frugal.

Un réservoir à mèmes

Apparu au début des années 2010 sur différents forums comme 4Chan, ce challenge était avant tout un canevas permettant de créer des mèmes sur le besoin irrépressible de se masturber malgré l’interdiction, mais aussi de se moquer des internautes qui échouaient et avouaient leur faute publiquement. À présent, ce challenge est toujours pris au second degré, mais il porte en lui des questions sur la nouvelle masculinité et l’omniprésence du sexe sur Internet. 

Prise de contrôle de la masculinité

Dans un environnement numérique ou le porno est continuellement à portée de clic, le NoNutNovember semble presque être une tendance à contrecourant, voire réactionnaire. Il n’est pas rare de lire dans les témoignages d’hommes qui y participent, une envie de vouloir reprendre le contrôle de sa libido, mais aussi de lutter contre l’addiction au porno. 

Certains y voient une forme de grand reset de leur système de distribution de dopamine,un peu comme une cure de désintoxication. D’autres vont plus loin en invoquant une véritable maîtrise de leurs instincts et une redirection de leur énergie sexuelle vers des préoccupations plus intellectuelles. Il n’est d’ailleurs pas rare de voir des communautés masculinistes, parfois liées à l’extrême droite, s’investir dans ce challenge censé apporter la maîtrise sur son corps et, par procuration, une sorte de maîtrise sur le reste de la société. Cette ascèse sexuelle volontaire est d’ailleurs le seul argument pouvant aller dans le sens de ce défi puisque d’un point de vue purement médical, l’arrêt de la masturbation n’apporte aucun bienfait et aggraverait même les risques de cancer de la prostate.

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