Comment les réseaux vont pouvoir modérer les contenus ?

Devenant le refuge de l'extrême-droite, les plateformes sociales sont pressées de modérer leurs contenus

© duncan1890 via Getty Images

Des plateformes plus petites comme Mewee, Substack ou Spotify se retrouvent avec un problème de modération sur les bras et vont devoir mettre plus de moyens et de volonté pour contrôler les contenus publiés.

Presque inconnu du grand public, le réseau social MeWee (une sorte de Facebook plus respectueux de la vie privée) se retrouve face à un problème inédit. Ce dernier a vu affluer en l’espace de quelques mois des millions de militants extrémistes Pro-Trump, d’adeptes de QAnon ou membres de milices d’extrême droite après leur éviction de Facebook et la fermeture de la plateforme Parler. 

Dans un article de OneZero, on apprend que cette petite place du web habituellement fréquentée par quelques personnalités mainstream comme Dwayne Johnson ou Tim Berners-Lee doit maintenant affronter une horde d'utilisateurs habitués aux discours haineux et racistes allant à l’encontre de conditions d'utilisations plutôt strictes. Face à ce qu’on pourrait qualifier d’invasion, le fondateur du réseau, Mark Weinstein, n’a qu’une centaine de personnes dédiée à la modération des échanges. Autrement dit, la plateforme se repose énormément sur ses propres membres pour rapporter les contenus jugés interdits et se retrouve vite débordée.

Une demande de modération de plus en plus forte

Cette histoire peut être jugée anecdotique. Pourtant, elle se répète un peu partout sur le web. Après le réveil tardif des réseaux sociaux les plus populaires, la question de la modération des propos et des comportements est devenue centrale, même pour les plateformes plus petites. « C’est un grand challenge pour les réseaux sociaux de plus petite taille, explique le chercheur spécialisé dans les mouvements extrémistes, J.M. Berger, à OneZero. Ce qui est certain à ce stade c’est que le moindre effort de construction d’une plateforme sociale ou d’une application doit prévoir dans son business plan une part importante de budget d'attention pour la modération de contenu. »

Cet effort de modération ne concerne d’ailleurs pas toujours les appels à la haine. Ainsi la journaliste Clio Chang de la Columbia Journalism Review s'interroge sur la présence du journaliste conservateur Andrew Sullivan sur la célèbre plateforme de newsletter payante, Substack. Ce dernier avait créé une polémique en publiant des extraits du livre The Bell Curve liant le quotient intellectuel aux origines ethniques. Sur Spotify, ce sont les podcasts du très populaire Joe Rogan qui sont dans le viseur des employés de la plateforme. Ce dernier est accusé d’avoir tenu des propos transphobes, mais aussi d’avoir invité dans son émission des personnalités extrêmement controversées comme Alex Jones ou le fondateur de l’organisation néo-fasciste des Proud Boys, Gavin McInnes.

La fin du marché libre des idées ?

Jusqu’à présent, l’idée qu’une plateforme web puisse mettre le nez dans les contenus éditoriaux qu’elles diffusent était volontairement mise de côté par ces mêmes réseaux qui se réclamaient de la liberté de parole ou bien d’une certaine neutralité politique. Férus de libertarisme, les pontes de la Silicon Valley ont toujours estimé que toutes les idéologies se valaient et que ces dernières devaient s’affronter sur une sorte de « libre marché » idyllique.

À présent, ils se retrouvent dans la position délicate consistant à devoir véritablement encadrer le débat public en tant que société privée. Ce pouvoir est d’ailleurs jugé très inconfortable par le CEO de Twitter Jack Dorsey, qui a été le premier à bannir définitivement Donald Trump de son réseau. « Je ne me réjouis ni ne suis fier d'avoir à bannir Donald Trump de Twitter, ou de la manière dont nous avons pu en arriver à cette décision, a-t-il indiqué. Cela établit un précédent qui me semble dangereux : le pouvoir qu'un individu ou une entreprise a sur une partie de la conversation publique mondiale » .

Les enjeux prochains vont être cruciaux. Les plateformes vont devoir trouver un « juste milieu » parfaitement transparent dans leurs règles de modération. Si elles sont trop lâches, elles risquent d’être envahies par des contenus extrémistes pouvant mener à des appels à la violence ou a la haine. Si elles sont trop strictes, d'être accusées de participer à la cancel culture et de censurer des opinions politiques dignes d’être débattues sur la place publique. 

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commentaires

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  1. jerome C dit :

    et bien sur, selon 'David Julien Rabmiln(qui signe l'article) ce ne peut etre que l extreme droite qui preche la haine et personne d'autre, comme si la ''gauche ou ''extreme gauche navait pas ete resposnsable de millions de morts dans les camprs de redressement en ex Union Soviétique ou en Chine auujourd hui et comme si cetait ''l"extrême droite' qui jetait des bombes partout dans le monde au nom de l idélogie fumeuse de l slam radical et enlevait des jeunes filles et des enfants pour les mettre dans des bordels... Mr David Machin n a pas l air d'avoir lu les journaux, il ne sait pas bien entendu que cela existe... et ca ne l'empêche pas d'ecrire des articles , voila le vrai ^roblemes qu il faut resoudre aujourd hui , arriver sur internet et ailleurs a controler la c.....

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