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© filo via Getty Image

La modération de Facebook supprime-t-elle des pages médias par erreur ?

Le 7 nov. 2019

Sur Facebook, plusieurs médias engagés ont vu leur visibilité baisser ou bien leur page purement et simplement supprimée. À qui la faute ?

La nouvelle en a choqué plus d’un. Le 29 octobre 2019, la page Facebook Complots faciles pour briller en société qui réunissait plus de 600 000 personnes a tout bonnement disparu du réseau social. À la manière du Gorafi, la page parodique mettait en avant des théories du complot complètement farfelues pour la beauté du LOL. Dans un post de blog, son auteur, Dimitri Halby explique que cette suppression sans préavis a été faite après la publication d’un post qui se moquait « d'une théorie conspirationniste sur l'origine de l'homosexualité ».

Quand les médias engagés disparaissent

Ce n’est pas le premier média basé sur les réseaux sociaux à connaître des problèmes de suppression ou d’audience. La page Les Répliques, dont la ligne consiste à mettre en avant les meilleures punchlines Twitter, a indiqué qu’elle avait récemment reçu plusieurs menaces de suppression de la part de Facebook.

Au-delà des suppressions temporaires ou définitives, d’autres médias engagés se plaignent depuis cet été d’une baisse très importante de leur audience. C’est notamment le cas de ThinkerView, une chaîne d’interview créée par un collectif de hackers et très appréciée des mouvements contestataires comme les Gilets Jaunes. Depuis le mois de juillet, ce média a constaté une diminution de sa visibilité qu’il a attribuée à un « changement d’algorithme ».

D’autres pages créées par des collectifs de gauche radicale, comme Lille insurgée, Bretagne noire, Collectif Auto Média énervé ou Cerveaux non disponibles, ont aussi constaté cette baisse d’audience, comme le rapporte cet article (en accès payant) de Mediapart.

Les raisons de la censure

Facebook est-il en train de mener une guerre contre des pages ou des médias qu’il considère comme « borderline » au nom de sa lutte contre les fake news ? Difficile d’être catégorique sur ce point, tant les raisons invoquées par le réseau social sont floues. En effet, la plateforme prévient des suppressions avec des messages très évasifs, indiquant que les posts vont à l’encontre des « standards de la communauté », sans toutefois préciser quels sont les contenus qui posent problème. Contacté par nos soins, Dimitri Halby nous a expliqué que le service de modération a même supprimé sa page après sa demande de recours et l’apport d’une contextualisation de sa parodie.

L’une des pistes les plus envisagées reste toutefois celle d’un usage coordonné du bouton « signalement ». C’est en tout cas ce que met en avant la page des Répliques. Après avoir posté des captures d’écran montrant les réactions enjouées de militants d’extrême droite après l’attentat contre la mosquée de Bayonne, la page avait reçu près de 2 000 signalements pour « contenu indésirable ».

Une enquête interne est en cours

Même constat de la part de Dimitri Halby qui explique avoir « en permanence, des gens qui signalent la page en masse ». Dans ces cas-là, Facebook passe en revue le contenu considéré comme haineux. Traités de manière automatique ou bien à l’aide d'entreprises spécialisées, ces posts pourraient êtres confondus avec de vraies théories du complot ou des messages de haine. Ces quiproquos en série entraîneraient alors des cas de censure injustes.

Au-delà de ces suppressions malheureuses, les auteurs de ces pages dénoncent un dialogue de sourds avec la plateforme. « Le véritable souci, c'est qu'il est impossible de communiquer avec un être humain chez Facebook, indique Dimitri. Le seul moyen à disposition c'est justement de contacter le service presse, mais pour ça, il faut être journaliste. » Contacté par nos soins, Facebook affirme mener actuellement une enquête interne pour en savoir plus. L'article sera mis à jour après leur retour. 

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