Twitter en enfer avec Elon

Rachat de Twitter par Elon Musk : récit d'une semaine d'enfer

© Joe Rogan podcast

La semaine qui a suivi l’annonce officielle du rachat de Twitter par Elon Musk vous a semblé chaotique et confuse ? On récapitule les points clés.

Personnel viré puis dé-viré, badge d’authentification vendu à 8 dollars, interdiction des comptes faisant la satire d’Elon Musk et la fuite des annonceurs… La semaine suivant le rachat de Twitter n’a pas été de tout repos. Voici ce qu’il faut en retenir.

Une reprise en main brutale

L’une des premières décisions d’Elon Musk en tant que CEO de Twitter a été d’annoncer la suppression de près de la moitié des effectifs de l’entreprise, soit 3 700 personnes sur 7 500. Pour cela, le nouveau patron a utilisé des méthodes de management brutales déjà mises en place chez Tesla. Il a notamment demandé aux ingénieurs de fournir les 50 dernières pages de codes écrits lors des 30 derniers jours et de partager les morceaux de codes les plus complexes. 

Ce coup de pression avait pour objectif d’évaluer les développeurs les plus efficaces pour mieux virer les autres. Concrètement, ce sont des ingénieurs de Tesla qui ont passé en revue le nombre de lignes de codes (sur une infrastructure qu’ils ne maîtrisent pas) afin de prendre des décisions rapides et au doigt levé. Les licenciements ne se sont d’ailleurs pas fait attendre. Le 4 novembre au matin, les employés virés ont reçu un mail les prévenant que leur accès au siège était bloqué. Face à ce non-respect de la loi (en Californie, l’employeur doit donner un préavis de 2 mois), plusieurs employés ont porté plainte collectivement devant un tribunal fédéral de San Francisco. D’après TechCrunch, ce sont surtout les services en charge des questions des droits de l’homme, de l’éthique, de l’accessibilité et de la curation qui ont subi les pertes les plus lourdes.

Ironie de l’histoire, le dimanche 6 novembre, de nouvelles offres d’emploi étaient publiées sur le LinkedIn de Twitter tandis que d’après le site Bloomberg, une douzaine d’employés qui s’étaient vus notifier leur départ ont été réintégrés dans l’entreprise qui a prétexté une erreur. 

La grande blague de l’authentification

L’une des grandes mesures rapidement prises par Elon Musk c’est aussi la mise à disposition du badge d’authentification contre la somme de 8 dollars. Ce dernier devait être accessible pour 20 dollars, mais comme Stephen King n’était pas content, le prix a été diminué (comme quoi, il faut toujours négocier publiquement avec Elon). 

Même si cette décision semble avoir été prise de manière totalement inconsidérée, elle a généré beaucoup de remous et de commentaires de la part des utilisateurs certifiés de la plateforme. En effet, ce petit badge bleu était auparavant délivré à la demande selon certains critères comme le fait d’être reconnu comme une personnalité influente dans un domaine en particulier. À présent, n’importe qui peut obtenir cette forme de crédibilité en payant 8 dollars par mois. Pire encore, ce badge offrira un surcroît de visibilité algorithmique. Rapidement, les internautes ont fait savoir que les arnaqueurs, et notamment ceux qui se font passer pour Elon Musk en proposant des deals incroyables sur des cryptomonnaies, allaient profiter de cette aubaine. Plusieurs comptes parodiques reprenant le nom et la photo de l’entrepreneur (avant son implantation capillaire et ses multiples opérations de chirurgie) sont d’ailleurs apparus pour montrer l’absurdité d'un tel dispositif.  

Face à la multiplication de cette blague, le chantre de la liberté d’expression a fait savoir que tous les comptes prenant des noms de célébrités et notamment le sien, sans indiquer dans la bio qu’il s’agit d’une parodie, seraient rapidement suspendus. Une sanction qui a frappé dès le 7 novembre la comédienne Katty Griffin qui avait ouvert un compte au nom d'Elon Musk.

C’est la faute des activistes

Le jour même de sa prise de fonction, Elon Musk s’était fendu d’un message à l’attention des annonceurs leur disant qu’il ne fallait pas s’inquiéter et que « plus de liberté d’expression » ne voulait pas dire que la plateforme allait devenir une sorte de Far Ouest. Pourtant peu de temps après, de nombreux tweets racistes ou négationnistes, non modérés, sont apparus sur la plateforme. 

Les réactions ne se sont pas fait attendre. Plusieurs annonceurs comme Cheerios, Häagen-Dazs, General Motors Mondelez international (le fabricant des biscuits Oreo), Pfizer et Audi ont annoncé avoir suspendu leur dépense publicitaire sur le réseau. Un collectif de 50 associations de défense de la démocratie et de lutte contre la désinformation a par la suite adressé une lettre ouverte aux 20 plus gros annonceurs sur Twitter, dont Coca-Cola, Google et Disney pour les encourager à mettre la pression sur Elon Musk si ce dernier continuait son projet de réduction de la modération. En réponse à cette fronde, Elon Musk a fait ce qu’il aime faire, à savoir accuser les militants de vouloir « détruire la liberté d’expression ».  

La fin des threads, les journalistes et le reste

Pour finir sur les épisodes de ce feuilleton un brin épuisant, deux autres petites infos sont à noter : l’annonce d’une option permettant d’attacher un texte long format à un tweet plutôt que de copier-coller une image issue d’un bloc-notes. Certains y voient la fin des threads qui sont considérés comme un format de lecture plus engageant qu’un gros bloc de texte. 

Enfin, Elon Musk a affirmé vouloir faire de Twitter « la source d’information sur le monde le plus précise ». Quand plusieurs internautes ont ressorti des tweets de désinformation très récents produits par le milliardaire, ce dernier a mis en cause les journalistes comme « un problème » indiquant qu’ils n’étaient pas la source d’information la plus légitime. De quoi avoir une pleine confiance dans l’avenir de ce réseau social. 

commentaires

Participer à la conversation

  1. Anonyme dit :

    C'est article est une parodie de journalisme.
    1/ Vous oubliez de préciser l'essentiel. Elon Musk est Republicain et Twitter Démocrate...d'ou l'enfer.
    2/ Les tweets racistes, xenophobes etc... ont été adressés par des groupes (activistes ou non) qui cherchaient à tester/démontrer que sans filtrage (voulu par Musk) on pouvait désormais dire n'importe quoi sur Twitter. Votre article laisse penser que dès le rachat de Twitter par Musk, les racistes pouvaient enfin s'exprimer. C'est malhonnête !
    Suite à cette campagne de tweets-test haineux, Elon Musk a réagi en mettant en place un filtrage (humain/ai) et en excluant tout membre tweetant de tels propos. Bref pas exactement ce que vous relatez dans votre article.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.