Un mammouth estampillé du logo de Mastodon

Le rachat de Twitter fait le bonheur de Mastodon, son alternative libre et sans pub

© Hermione Bosseboeuf

Ça tombe à pic, le réseau social lancé en 2016 vient de lancer son application Android. 

Qu’adviendra-t-il de Twitter maintenant qu’Elon Musk a mis la main dessus ? Le milliardaire souhaite notamment assouplir la modération qu’il juge trop stricte. Et ce n’est pas au goût de l’ensemble des utilisateurs qui ne sont pas forcément alignés avec les idées libertariennes du patron de Tesla. Certains envisagent carrément de quitter le réseau et de trouver refuge chez Mastodon, un réseau social open source créé en 2016, qui profite de l’occasion pour faire son come-back. À la manière de Signal et Telegram, qui avaient profité des changements de conditions d’utilisation de WhatsApp en 2021.

Le timing est plutôt approprié : Mastodon vient de lancer son application Android, un an après la version iOS. 

Ce regain d’intérêt pour le réseau au social au mammouth se constate sur… Twitter. Le réseau social alternatif fait l'objet de 67 173 messages publiés sur les dernières 24h selon Visibrain, dont 7 868 tweets au plus haut pic d'activité, c'est-à-dire hier à 21h00, moment de l'annonce du rachat de Twitter par Elon Musk. 

Un nombre d’utilisateurs actifs doublé 

Le réseau, qui compte environ 4 millions d’utilisateurs au total et 500 000 utilisateurs actifs mensuels, a fait état d'un afflux de plus de 40 000 utilisateurs pour la seule journée d’hier. Deux fois plus de personnes utiliseraient le réseau quotidiennement, a avancé Eugen Rochk, le jeune ingénieur allemand qui a fondé le réseau social. Celui-ci rapportait déjà un regain d’intérêt dès les débuts des manœuvres d’Elon Musk

Mais de quoi s’agit-il au juste ? Comme Twitter, Mastodon permet d’envoyer des messages limités en nombre de caractères. Mais ici on les appelle « pouet » plutôt que tweet. On peut répondre aux pouets, les enregistrer, suivre les personnes dont les pouets nous intéressent… 

Mastodon, c’est un peu comme Twitter, mais pas tout à fait 

Contrairement à Twitter, Mastodon est garanti sans publicité et sans revente de données personnelles. Et il est opéré de manière décentralisée. C’est-à-dire que le réseau qui se définit comme un « fédiverse » (une fédération de plus de 2 000 serveurs) est géré par les internautes eux-mêmes. 

Mastodon est divisé en plusieurs sous-communautés appelées « instance ». Chacune a ses propres règles et ses centres d’intérêt. N'importe qui peut créer son instance. Un utilisateur novice peut toutefois être rebuté par cet aspect, puisqu’il ne saura pas forcément quelle communauté rejoindre si aucune de ses connaissances ne se trouve sur Mastodon.  

Certains outils comme Instances.social permettent de s’aiguiller et de trouver une instance en fonction de sa langue, la taille de la communauté que l’on souhaite rejoindre et les règles de modération que l’on préfère. 

Pas de pub, donc pas les mêmes moyens financiers que Twitter

Ceux qui s’attendent à retrouver la même expérience utilisateur que sur Twitter seront forcément déçus. Comme le rappelle l’un des développeurs du site, Mastodon est une organisation à but non lucratif, le site est opéré par deux principaux développeurs, et il est financé grâce aux dons. D’ailleurs certains nouveaux utilisateurs font déjà part de leur impatience en attendant (trop longtemps à leurs yeux) leur confirmation d’inscription. Par ailleurs, si on quitte Twitter par crainte d’une modération trop souple, il vaut mieux bien choisir son instance Mastodon, car ce sont leurs administrateurs qui sont responsables de la régulation des contenus.

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commentaires

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  1. PIERRE YVES JOUBAUD dit :

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