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Une femme vêtue de sacs poubelle
© urbazon via Getty Images

La tendance mode post-Covid ? Ne plus faire de tendances

Le 24 avr. 2020

Le monde « d’après » fait fantasmer (ou flipper, c'est selon) tous les secteurs. Tout le monde veut savoir ce qui se passera demain. Mais comment fait-on pour prédire l’avenir quand on n’a plus de données à analyser ?

Le secteur de la mode subit la crise de plein fouet. Certaines entreprises font le pari de la solidarité, d’autres de continuer à agir de manière un peu crado, mais toutes sont soumises à une baisse d’activité. Problème : cette baisse d'activité et les annulations d'événements en série provoquent une pénurie de données. Or, ce sont ces données qui permettent habituellement aux marques de se projeter dans l’avenir. En cette période de disette imposée, elles se reposent donc sur les bureaux de tendance pour s’avoir à quoi s’attendre pour le monde post-Covid-19.

Mais la réponse ne leur plaira peut-être pas, selon un article de Vogue Business.

Attention aux prédictions

En l'absence de données et avec une production et une consommation ralenties, la consultante et dénicheuse de tendance Geraldine Wharry avertit les acteurs du secteur : attention aux prédictions précipitées sur le futur de l’industrie. Elle le rappelle : prédire les tendances est une activité qui a « explosé après la Grande Dépression, quand les gens ont commencé à utiliser les tendances comme service de gestion des risques, pour s’assurer de faire les bons choix. » Sauf qu'ici, on navigue en eaux complètement troubles : impossible de prévoir les comportements des gens, même en déconfinement.

Ne plus faire de tendances, c’est aussi créer une mode plus responsable

Elle alerte aussi sur les « dangers » de la discipline. Faire des tendances, c’est créer des collections qui se ressemblent, et surtout nier la personnalité des designers. En filigrane : une critique des marques de fast fashion, où une collection vient en chasser une autre – avec les conséquences écologiques et sociales désastreuses qu’on connaît, associées à la pratique. Pour Geraldine Wharry – comme pour beaucoup d’autres – il est temps que ça change. Et la crise du Covid-19 pourrait permettre d'accélérer ce changement.

Emily Gordon-Smith, directrice consumer product chez Stylus à Londres, rejoint sa consœur. « Cette pandémie a mis en avant le fait que l’idée même d’avoir des saisons était absurde. » Elle estime qu’une approche « sans tendance ni saison », où les collections seraient inspirées par les visions personnelles des marques plutôt que sur des prédictions, pourrait permettre de sortir des travers de l’industrie.

Faire confiance au talent des gens tout en étant plus responsable...

Mélanie Roosen - Le 24 avr. 2020
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