habillage
premium1
premium1
Une personne avec du tissu qui vole autour d'elle

Frugalité, coopération, espoir... le monde d'après selon Li Edelkoort, la papesse de la mode

Le 20 avr. 2020

Li Edelkoort publie un nouveau manifeste et lance le World Hope Forum pour construire le monde post-coronavirus.

« Nous pouvons repartir de zéro et construire de nouveaux systèmes qui placent le bien commun au-dessus des égos individuels. » Pour la papesse de la mode Li Edelkoort, c’est clair, la crise du Covid-19 est une opportunité.

Depuis 2015 et son manifeste anti-fashion, la chasseuse de tendances nous le répète : la mode est morte. Ou plutôt le système « dément » sur lequel l’industrie repose. Cinq années plus tard, et en plein milieu d’une crise mondiale sans précédent, la Néerlandaise poursuit sa croisade antifashion et publie un nouveau manifeste. Celui du « monde d’après » et surtout, celui de l’espoir.

Vers une société plus frugale et créative

Début 2020, Li Edelkoort nous disait déjà qu’il était temps pour le monde de la mode de « faire mieux avec moins ». Avec la pandémie, la tendance se transforme en évidence. « La plupart des gens ne veulent pas retourner dans la même société et désirent un changement profond », affirme-t-elle. Pour la défricheuse de tendances, l’expérience du confinement change profondément notre rapport au monde et nous mènera vers une société plus frugale mais plus créative. En apprenant à « dépenser du temps plutôt que de l’argent », nous nous détachons de notre addiction au matériel pour « entrer dans le royaume du faire et du partage. »

À en croire l’immense file d’attente devant la boutique Hermès de Guangzhou à sa réouverture, la frugalité n’a pas convaincu tout le monde. Mais pour Li Edelkoort, il ne s’agit pas que des consommateurs mais d’une remise à plat complète de toute l’industrie.

Vers une mode de l’essentiel

La crise du Covid-19 serait « l’occasion unique de faire un retour en arrière sur cette pratique démente de sortir le cachemire en mai et les maillots de bain en novembre », clame Li Edelkoort. Elle prédit donc moins de superflu et des vêtements plus « essentiels et uniformes. » Mais ça ne veut pas dire moins de créativité, puisqu’elle voit aussi, dans ce monde d’après, l’avènement du product design. Et, avec lui, l’automatisation de l’artisanat à petite échelle. En somme, utiliser la créativité pour innover sur les moyens de productions plutôt que sur le style de l’automne 2020.

Vers une économie de l’espoir

La pythie de la mode n’est pas du genre à appeler le changement de ses vœux en restant les bras croisés. Elle profite donc de ce manifeste pour lancer le World Hope Forum pour contre-balancer le Forum Économique Mondial. Ce rendez-vous international et virtuel aura pour objectif de « reconstruire la renaissance de la société tous ensemble ». Pour cela, le changement climatique et « tous ceux qui sont impliqués dans les chaînes de production et les services » devront être au cœur des préoccupations. Le futur selon Li Edelkoort implique donc de nouveaux pactes entre tous les acteurs du secteur : fabricants de fils, producteurs de matières premières, designers indépendants, maisons de couture et industriels textile. Et elle en est persuadée, « l’économie de l’espoir a la capacité de transformer la société de l’intérieur. »

Alice Huot - Le 20 avr. 2020
À lire aussi
premium2
premium1

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.