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une scène post apocalyptique
© Bulgac via Getty Images

Comment une entreprise fait face au coronavirus après s’être entraînée… pour l’apocalypse

Le 4 mai 2020

Au Royaume-Uni, les équipes de chez Tesco sont particulièrement décontractées face à la pandémie de Covid-19. Il faut dire que quatre ans plus tôt, elles s’étaient entraînées de manière un peu extrême.

Imaginez que du jour au lendemain, vous ne puissiez plus vous rendre au travail. Que votre quotidien soit complètement chamboulé. Que vous ne puissiez plus rencontrer physiquement vos collègues. Le scénario a un goût de déjà-vu. Et alors que la majorité d’entre nous a été grandement bouleversée par la crise du coronavirus et le confinement qui va avec, les équipes de Tesco, qui avaient vécu quatre ans auparavant un « entraînement à l’apocalypse »… le vivent plutôt bien.

Anticiper la crise en se préparant au pire

À l’époque, l’initiative du patron de Tesco, Dave Lewis, avait été jugée « ridicule et extrême », confie-t-il au Guardian. Il avait imaginé un scénario dans lequel les équipes devaient se débrouiller alors que le siège de Welwyn Garden City serait complètement hors d’état de fonctionner. Un exercice qui n'a rien d'évident quand on sait qu’environ 4 000 sites à travers le Royaume-Uni en dépendent pour fonctionner correctement.

Les leçons apprises en 2016 ne sont évidemment pas toutes applicables à la crise du coronavirus. Mais l’exercice aura quand même permis de favoriser le travail à distance pour une bonne partie des équipes, rapporte Dave Lewis. Elles ont en effet l’habitude d’utiliser Zoom pour des appels de groupe qui réunissent parfois des centaines de collaborateurs et collaboratrices.

Ainsi, depuis la mise en place des mesures de confinement, seule une trentaine de personnes se sont rendues sur le campus de l’entreprise – qui en accueille d’habitude 6 500. Pas mal.

Il faut dire que la situation est évidemment « moins pire » que le doomsday imaginé lors de la simulation de 2016. Mais pour Dave Lewis, c’est en se préparant au pire qu’on peut faire face aux crises du quotidien.

Identifier tôt les premiers signaux

Travailler à distance plutôt que dans des bureaux, OK. Mais c’est une autre paire de manches quand on travaille dans les magasins. Là aussi, le conseil du patron de Tesco est précieux : les équipes se sont préparées dès le mois de janvier à la crise qui, à l’époque, n’était pas prise très au sérieux par l’Europe.

Les préoccupations concernaient les produits venant de Chine… mais pas que. La chaîne de supermarchés a très rapidement identifié les problèmes d’approvisionnement qui pourraient survenir si le virus venait à toucher le vieux continent. Résultat : une cellule de crise opérationnelle dès la fin du mois de janvier et des réunions quotidiennes.  

S’adapter, toujours

Même si rien ne préparait les personnes travaillant en magasin à la réalité de la situation – des stocks censés durer sept semaines écoulés en seulement cinq jours – Dave Lewis estime que la force de ses équipes est de savoir s’adapter rapidement. Pas question de baisser les bras ou d’arrêter toute l’économie. Au contraire : le distributeur a fait appel à plus de 40 000 travailleurs et travailleuses supplémentaires pour faire face à la demande. Dave Lewis fait aussi attention aux usages : les consommateurs et consommatrices cherchent plutôt à se faire livrer ? L’entreprise a embauché 12 000 « collecteurs » et 4 000 chauffeurs supplémentaires. Elle a aussi adapté les horaires des magasins pour que ceux-ci puissent récupérer les commandes la nuit.

 

Comme ça, ça paraît simple. Mais ça demande surtout beaucoup de sang-froid et une préparation millimétrée. Face à la crise, on essaye donc d’anticiper plutôt que de flipper. Car les crises, c’est cyclique ; les virus, ça s’en va et ça revient. Le coronavirus a chamboulé nos habitudes et nos modes de travail, et il serait utile d’en tirer les leçons pour appréhender ce qui pourrait nous arriver après. Bon, on espère quand même que ce ne sera pas l’apocalypse tout de suite… mais au pire, on saura utiliser Zoom.

Mélanie Roosen - Le 4 mai 2020
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