Champ de Milo-Sorgho dans l’Indiana tôt le matin-sud

Field100, un projet agricole qui adapte les cultures au changement climatique

© William Reagan

Et si on remplaçait la culture du maïs par du sorgho, du quinoa ou encore de l'amarante ? C'est ce que propose le projet de champ expérimental « Field100 », qui explore les questions relatives à l'avenir de l'agriculture dans un contexte de changement climatique.

En collaboration avec le centre de recherche Laimburg, la marque allemande Dr. Schär, spécialisée dans les aliments sans gluten, a créé l'un des champs les plus riches en biodiversité jamais cultivés. Baptisée « Field100 », l'initiative vise à promouvoir et préserver la biodiversité. Situé dans les Alpes du Tyrol du Sud, ce champ expérimental réunit 100 variétés de plantes différentes. L'objectif ? Repenser les méthodes agricoles et adapter les cultures aux changements climatiques. Alors, que contiendront les assiettes du futur ?

Field100, s'orienter vers des cultures alternatives pour s'adapter au changement climatique

Au terme de la première année d'expérimentation, la première récolte « Field100 » permettrait déjà selon les chercheurs de tirer quelques enseignements  :

  • Les cultures non régionales, telles que le sorgho, le quinoa et l'amarante, ont dépassé les attentes en termes de croissance. Ces semences, qui nécessitent un faible apport hydrique et sont adaptées au climat chaud, pourraient ainsi à l'avenir constituer un complément viable aux cultures locales.
  • Les anciennes variétés constituent un important réservoir génétique pour les futures activités de sélection. En effet, leurs caractéristiques agronomiques pourraient s'avérer utiles pour s'adapter aux conditions climatiques changeantes.
  • Certaines variétés locales comme l'avoine et le sarrasin semblent parfaitement cohabiter avec des cultures habituellement importées, telles que l'amarante népalaise ou le quinoa des Andes.

40 % des espèces végétales sont en danger d'extinction

Face aux défis climatiques et démographiques, la biodiversité est cruciale pour la sécurité alimentaire. Pourtant, 40 % des espèces végétales sont menacées d’extinction. La perte de biodiversité est particulièrement critique en ce qui concerne l'agriculture. En effet, selon la FAO (Food and Agriculture Organization), seules neuf espèces de plantes alimentaires représentent 66 % de la production végétale totale. Cette dépendance à l'égard de quelques espèces végétales et le manque de variations génétiques rendent notre système alimentaire vulnérable.

Dans cette optique de conservation nécessaire, Dr. Schär a annoncé qu'il fera don des graines récoltées à la banque de gènes du Centre de recherche de Laimburg au terme du projet. L'objectif est double : « rafraîchir » l’inventaire et préserver la richesse de la banque pour les générations futures. Une décision dont se réjouit Manuel Pramsohler, chercheur au centre de recherche de Laimburg, qui a déclaré : « Les ressources phytogénétiques sont un trésor pour l'avenir et nous avons l'obligation de les conserver pour les prochaines générations. Field100 est une étape importante car il contribue à la sauvegarde des ressources phytogénétiques et aide le public à prendre conscience de l'importance de la biodiversité. »

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