Les produits cultivés en laboratoire ou produits synthétiques

Lutter contre le réchauffement climatique au moment des repas : zoom sur les aliments du futur

© Valentina Kruchinina - getty

Trouver des alternatives à nos régimes actuels presse. La consommation de poudre d'insectes et de viande de champignon pourrait-elle aider à limiter le changement climatique ? Zoom sur les aliments du futur.

Le monde devrait avoir 9,7 milliards de bouches à nourrir en 2050, soit 1,9 milliard de plus qu'aujourd'hui. Dans le même temps, les États se sont engagés à passer à une économie neutre en carbone pour lutter contre le changement climatique en signant l'Accord de Paris. Et pour atteindre cette neutralité, l'alimentation joue une place centrale. En effet, l'agriculture et les systèmes alimentaires mondiaux représentaient jusqu'à 31 % des émissions de gaz à effet de serre en 2021, selon l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture. Si nous voulons minimiser nos impacts nous devons apporter des changements radicaux.

Alimentation : « Il n'est pas nécessaire de passer par la technologie »

Dans une étude publiée le 25 avril 2022 dans la revue scientifique Nature Foods, des chercheurs finlandais déclarent avoir créé un modèle qui permet de calculer l'impact des différents régimes alimentaires sur le réchauffement climatique. Grâce à leurs ajustements ils sont parvenus à un modèle qui permet de réduire de 80 % l'impact sur l'environnement. Mais cela a un prix. En effet, certaines variantes du régime tirent une grande partie de leurs protéines de viande de cultures à base de cellules, de microalgues ou encore de lait produit à partir de cellules mammaires de vache.

Mais bonne nouvelle, l'étude révèle aussi que les régimes qui réduisent simplement la consommation de viande et de produits laitiers sont presque aussi respectueux du climat. « Il n'est pas nécessaire de passer par la technologie » , a déclaré Rachel Mazac, chercheuse en systèmes alimentaires à l'Université d'Helsinki et autrice de l'article. En effet, l'étude montre que le remplacement de 80 % des sources d'alimentation animale par des options à base de plantes entraîne une réduction de 75 % de l'impact climatique. Le modèle démontre même que la seule réduction de la consommation de viande diminue de 60 % l'impact environnemental.

Aliments du futur : lait cultivé à partir de cellules mammaires, viande de culture et protéines microbiennes

L'étude nous dresse un panorama des « aliments nouveaux ou futurs » , qui devraient composer nos futurs repas. Sans surprise, côté « anciens aliments » on trouve principalement les farines d'insectes, qui fournissent une excellente source de protéines et de graisses saines.

Dans la catégorie « nouveaux aliments » on retrouve des aliments tels que la spiruline, la viande de champignon ou encore le varech (algues). Mais ce n'est pas tout, puisque nos futurs menus seront aussi probablement composés de lait cultivé à partir de cellules mammaires ainsi que de viande de culture et de protéines microbiennes. Ces dernières ne sont pas encore sur le marché mais plusieurs entreprises y travaillent, comme Turtle Tree Labs.

L'ajout de ces nouveaux aliments à un régime alimentaire quotidien ne nécessiterait pas de manger des grillons entiers ou d'avoir de gros cordons de varech dans vos salades. [...]. La plupart se présentent sous forme de poudre. C'est plutôt comme si vous pouviez l'incorporer dans des pains, des shakes protéinés, ce genre de choses.

Rachel Mazac, chercheuse en systèmes alimentaires à l'Université d'Helsinki

Le menu du futur : à table !

Selon la chercheuse, la journée pourrait commencer avec un petit-déjeuner composé d'un milk-shake protéiné à base de lait de vache brassé dans des cultures cellulaires, saupoudré de poudre d'insecte pour les protéines, d'algues pour les vitamines et de bouillie de chicouté cultivée en laboratoire pour le goût. Au déjeuner, on pourrait déguster un hamburger à base de cellule souche de bœuf et pour le dîner, un burrito à base de protéines fongiques (viande de champignon).

En attendant de sauter dans le grand bain et de surmonter sa « néophobie alimentaire » , il est toujours possible de réduire sa consommation de viande et de produits laitiers afin de rendre notre régime alimentaire à la fois plus sain et moins susceptible de contribuer au réchauffement climatique.

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