Affiche du documentaire : « Trans, uniques en leur genre ».

Transidentité : la soirée spéciale de M6 critiquée pour son traitement misérabiliste

© 6Play

La chaîne M6 diffusait hier soir le documentaire « Trans : uniques en leur genre » qui retraçait le parcours de trois personnes transgenre. Une soirée spéciale vivement critiquée avant même sa diffusion et qui a animé la Toile tout au long de la soirée.

Jeudi 6 octobre, M6 organisait une soirée spéciale animée par Karine Lemarchand autour du thème de la transidentité. Au programme, le documentaire « Trans : uniques en leur genre » suivi d’une soirée débat « Enfants trans : que faire ?  » L'objectif selon les producteurs : faire découvrir des « chemins de vie face à la transidentité ».

Le documentaire de M6 sévèrement condamné par les associations

Un peu plus tôt dans la journée, l’association Fransgenre condamnait vivement la soirée à venir dans un communiqué intitulé « Nos vies et nos droits ne sont ni un sujet de divertissement ni un sujet de débat !  ». Qualifiant le documentaire d’ « affligeant », Fransgenre ne mâchait pas ses mots : « désinformation, focalisation sur la souffrance, misérabilisme, voyeurisme... ».

Des critiques partagées par l'Association des journalistes lesbiennes, gays, bi, trans et intersexes (AJL) qui a également dénoncé un traitement faisant : « une énième fois, la part belle au sensationnalisme, aux images choc et aux seuls témoignages dépolitisés ».

Au-delà du documentaire, les associations militantes n’ont pas caché leurs inquiétudes quant au débat organisé après la diffusion. En cause ? Le casting. En ligne de mire ? Deux invités. Solange, la mère d’une jeune fille trans s’opposant à la transition chez les mineurs et Blandine, la créatrice du podcast Rebelles du genre, qui s’oppose à la notion de genre. Les deux associations reprochent à M6 de donner la parole à des personnes ouvertement qualifiées d'homophobes, « encourageant ainsi la promotion de la transphobie à grande échelle ».

L'association Fransgenre a elle aussi vivement condamné le casting du débat déclarant dans son communiqué de presse : « Nous enjoignons M6 et tout autre média à traiter le sujet de la transidentité avec respect et rigueur, sans donner la parole à des militants dont le seul but est de répandre la désinformation et la haine. » Elle a reçu le soutien de plusieurs autres associations comme Stop Harcèlement de Rue, Libération Lesbienne ou encore Laisse Bien Ta Gaieté.

Outre les invités, l'AJL a également qualifié l'intitulé du débat « Enfants trans : que faire ?  » d'insupportable. Un titre qui selon l'association « laisse entendre que les personnes trans sont des problèmes pour la société ».

Le documentaire sur la transidentité vivement critiqué sur Twitter

Lors de sa diffusion, l'émission a également beaucoup fait réagir la twittosphère. Selon Visibrain, le documentaire aurait généré 254 456 tweets sur les dernières 24h (soit 5 % de plus que pour la diffusion du complément d’enquête sur le marketing d’influence sur la même période).

Parmi les 3 participants, c’est Emma qui a touché le plus les internautes (524 tweets la mentionnent), suivi d’Aéla (131 tweets) et de Zach (97 tweets). L'outil de veille des réseaux sociaux observe un pic d’activité à 22h00 correspondant à la séquence émotion entre Aéla et son père se remémorant l’annonce de la transition de Nicolas vers Aéla.

En dehors des quelques messages de soutien, la majorité des tweets ont largement décrié le documentaire de M6.

Parmi les expressions les plus utilisées pour le commenter, nous retrouvons des mots forts tels que : « désinformation », « dégoût », « transphobes », « matraquage », « stigmates » ou encore « propos dangereux ».

Le débat qui a suivi la diffusion du reportage fut également, pour les internautes, l’occasion de dénoncer les propos et les positions « choquantes » tenues par Blandine et Solange sur les transitions.

La twittos @transeignante a quant à elle fait part de son étonnement quant au choix du casting.

Ce n'est pas la première fois que la chaîne et son animatrice vedette sont critiquées pour leur traitement jugé « sensationnaliste ». En janvier 2021, le documentaire sur l'obésité « Opération Renaissance » avait lui aussi été sévèrement condamné. Dans les deux cas, la ligne de défense reste la même : « nos témoins sont " hyperfiers" d’avoir montré leur vérité. »

Rappelons que l'homophobie est un délit.

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