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Deux agents de sécurité RATP de dos
© RATP

Homophobie, menaces… quand la sécurité RATP dérape

Le 29 oct. 2019

Menaces, propos homophobes et interpellation musclée de la part des forces de sécurité. C’est le cocktail détonant filmé par un usager de la RATP lundi 28 octobre. L’entreprise a réagi mais peine à convaincre. Pour Nicolas Vanderbiest, il s’agit d’un cas de « désynchronisation temporelle ».

« Je viens de me faire agresser par la sécurité RATP ». C’est avec ces mots qu’un utilisateur de Twitter a partagé, lundi 28 octobre 2019, une vidéo de son agression, alors qu’il filmait les forces de police. L’intervention est violente, ponctuée de menaces, de propos homophobes… et se solde par une expulsion de l’usager, pourtant en règle.

18 000 tweets plus tard…

Ce n’est évidemment pas la première fois qu’une marque est épinglée sur les réseaux pour les pratiques de ses équipes. Et en général, quand ça dégénère, les entreprises réagissent. Visibrain, plateforme d’écoute des réseaux sociaux, recense plus de 18 000 tweets relatifs à l’incident, avec des mots-clés plutôt évocateurs : « interpellation violente faciès », « agression »…

La RATP a répondu à l’internaute, demandant plus d’informations sur la séquence, et promettant de remonter l’incident en interne.

Une réaction qui n’a pas satisfait le principal intéressé… à cause de ce que Nicolas Vanderbiest appelle « une désynchronisation temporelle ».

Réagir tout de suite ou attendre d’enquêter ?

Pour celui qui dirige les opérations de Saper Vedere, une agence spécialisée dans les affaires publiques, la réaction de la RATP est la bonne. « La séquence diffusée est victime de deux phénomènes. Tout d’abord, un phénomène de cadrage : on voit uniquement ce qui est disponible à l’écran, pas en-dehors. Ensuite, il y a le phénomène de démarrage et d’arrêt : on ne sait pas ce qu’il s’est passé avant, ni après la vidéo. On peut uniquement juger le pendant. »

À ce sujet, la RATP constate que « les propos tenus [par les agents] ne sont pas acceptables ». En revanche, elle ne prend pas position sur d’éventuelles sanctions. « C’est normal, estime Nicolas Vanderbiest. Le public exige une rapidité d’exécution sans prendre en compte ce que cela demande en interne. » Il explique que dans ce cas de figure, il convient de mener une enquête interne, et donc d’identifier les agents, de les auditionner, de récupérer les éventuelles images des caméras de surveillance… « Tout cela demande du temps. Il s’agit d’un cas de désynchronisation temporelle ». On estime qu’une organisation met du temps à réagir « alors qu’elle est en réalité assez rapide en choisissant de lancer une enquête interne en moins de 24h ».

Il n’est pas possible de diffuser un communiqué public promettant des sanctions tant que l’enquête n’est pas aboutie. « Les impacts de la crise seraient très forts en interne. Alors que d’un point de vue du bad buzz externe, l’incident sera probablement oublié d’ici une semaine ou deux. »

Contacté par nos soins, un porte-parole de la RATP nous a affirmé qu'une « enquête interne [avait été] lancée dès hier soir afin d'obtenir une version exhaustive des faits. Par ailleurs, la RATP va engager des procédures disciplinaires et les agents seront reçus par leur encadrement. »

Commentaires

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  • oublié dans deux semaines ? alors que l'incident ici filmé n'est absolument pas un cas isolé ??
    comme si la vidéo n'était pas assez explicite. https://www.streetpress.com/sujet/1511259259-un-journaliste-violemment-agresse-par-agents-ratp le lien vers un article d'un journaliste publié il y a 2 ans après avoir fait exactement la même chose. Quand il y a un différent avec un contrôleur ou un agent de la ratp , la réponse est toujours que ce sont des agents assermentés... et pour avoir accès à soit disant des images vidéos , impossible sans la décision d'un juge , alors le temps qu'une plainte soit en effet validée par un juge pour avoir accès a des hypothétiques images relatant des différents, elles auront malencontreusement été éffacées.
    Quand le prétexte de la sécurité est l'argument imparable pour fermer la gueule à quiconque oserait l'ouvrir.