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Une jeune femme avec un miroir sur les yeux
© Amir Geshani via Unsplash

Digitale, sexuelle, de genre… comment les Z perçoivent-ils leur identité ?

Le 21 sept. 2020

En dehors de toutes les cases ou dans trois cases à la fois, la génération Z invente sa propre identité comme elle l'entend.

À quoi ressemblera le monde dans 10 ans ? Probablement à la génération Z – les 15-25 ans d’aujourd’hui. En s’intéressant à leur identité – multiple, complexe et diverse –, l’étude The Vice Guide to 2030 nous aide à imaginer le monde de demain et à comprendre celui d’aujourd’hui.

Dès à présent, le mot d’ordre de la génération Z est fluidité. Chez les juniors, on refuse les étiquettes, on se crée les siennes, on en choisit plusieurs ou pas du tout. Bref, on fait ce qu’on veut, on est qui on veut. Pas question donc de rentrer dans les mêmes cases que leurs aînés : en matière d’orientation sexuelle, ils sont presque la moitié (48%) à se placer en dehors de l’hétérosexualité. La diversité est donc une valeur clé pour cette nouvelle génération. Dans tous les aspects de la société, ils s’attendent à un boom de la représentation des communautés marginalisées.  Bye bye les normes, place à la liberté.

Laissez-moi choisir mon identité

Pour les jeunes, la fluidité de l’identité est une évidence. Et ils aimeraient bien que le reste de la société en soit aussi certain qu’eux. Près de deux tiers d’entre eux (62%) affirment que chacun devrait pouvoir choisir l’identité qui lui convient. En comparaison, les millennials sont 52% à dire la même chose quand leurs parents de la Gen X ne sont plus que 36%.

En matière d’identité, la question du genre est particulièrement centrale. Là encore, la fluidité est de mise. Ils sont ainsi 41% à se considérer neutres sur le spectre de la masculinité et de la féminité. Et ça a plus à voir avec une certaine libération qu’avec de la confusion ou de l’incertitude. « La masculinité et la féminité offrent un éventail tellement large d’expériences et d’identités que je n’ai aucune idée d’où je me situe sur ce spectre. Et je trouve ça vraiment cool, » confie Katherine, 22 ans, l’une des sondées.

Nommer ou ne pas nommer, telle est la question

S’affranchir des normes, ça veut dire inventer ses propres « catégories ». Ou les supprimer carrément. La Gen Z n’a pas encore tranché. En effet, d’après l’étude, ils sont 55% à penser que les « étiquettes » sont inutiles puisqu’elles ne les aident pas à se définir réellement. Deux tiers des Z trouvent d’ailleurs les différents termes pour parler d’identité trop limitants. Et une courte majorité souhaiterait avoir plus d’étiquettes à disposition. Paradoxalement, ils sont 47% à reconnaître que les étiquettes créent des barrières dans les conversations.

« Nous n’avons pas besoin d’avoir des étiquettes si rigides pour définir notre identité, notre genre ou notre orientation sexuelle. Ces étiquettes sont plutôt à destination des générations d’avant, pour les aider à comprendre la fluidité de ma génération », résume Eleni, 18 ans, pour qui la multiplication des étiquettes est un cliché de sa génération.

Une identité digitale plus authentique

La vraie génération digital native, c’est eux. La multiplicité des identités numériques et physiques est parfaitement intégrée chez les ados. Pour un tiers d’entre eux, l’identité en ligne serait même plus authentique que celle hors ligne. Ils restent minoritaires dans leur génération mais c’est une énorme progression par rapport aux générations précédentes : un millennial sur cinq et seulement un X sur dix partagent le même avis. Qu’on se rassure, la majorité des jeunes la génération Z considèrent quand même qu’ils sont plus authentiques au contact de leurs amis proches en dehors des réseaux sociaux.

Le travail, cheval de bataille de l’identité

L’étude montre que pour les Z, l’identité n’est pas qu’une affaire perso. Au contraire, toute la société est concernée. Pour 2030, 75% des personnes interrogées aimeraient donc que la formation à la diversité et à l’inclusion soit obligatoire à l’école. Deux tiers des jeunes voudraient que ça soit aussi le cas dans le cadre professionnel. D’ailleurs, ils misent gros sur le travail. La moitié d’entre eux imagine ainsi que dans 10 ans, leur travail aura un rôle plus important qu’aujourd’hui dans leur identité. Dans le même temps, deux jeunes sur cinq sont persuadés que l’origine ethnique et le genre seront de moins en moins important dans l’expression de leur identité. La quête de sens au travail a donc de grandes chances d'être toujours d'actualité dans 10 ans.


Méthodologie

Les statistiques de The Vice Guide to 2030 proviennent de quatre études VICE Voices menées aux États-Unis et au Royaume-Uni durant l’année 2019, chacune portant sur environ 500 personnes.

Alice Huot - Le 21 sept. 2020
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