Personnes allongées au sol, recouverte d'un drapeau LGBTQ

Les employés d’Amazon organisent un die-in pour dénoncer la vente de livres transphobes

Des employés perturbent la célébration du mois des fiertés chez Amazon. Ils entendent dénoncer le double jeu de l'entreprise qui parraine un événement LGBTQIA+ tout en proposant des ouvrages considérés comme transphobes dans son catalogue.

Les employés d'Amazon ne courbent plus l'échine et comptent bien se faire entendre. Mercredi 1er juin, des manifestants ont interrompu un événement du mois des fiertés parrainé par Amazon. Une trentaine de manifestants a pris d'assaut la cérémonie de levée du drapeau de la fierté organisée sur le campus d'Amazon à Seattle. Parmi eux, des membres du groupe interne d'activistes LGBTQIA+ « No Hate At Amazon » (Pas de haine chez Amazon).

Dans leurs discours, les manifestants ont dénoncé le double jeu de l'entreprise dont le catalogue de livres contient des ouvrages considérés comme transphobes par les employés. Un paradoxe pour cette entreprise qui parraine pourtant le mois des fiertés LGBTQIA+. Les employés considèrent que le sponsoring de tels évènements est une tentative maladroite pour laver l'image d'une entreprise qui continue de s'enrichir grâce à la vente de contenus nuisibles aux personnes transgenres.

D'après le média Business Insider, le porte-parole de l'entreprise a déclaré dans un email que « l'entreprise choisit de vendre des livres d'un très large éventail de points de vue, y compris des livres qui entrent en conflit avec ses valeurs et ses positions envers les personnes transgenres et LGBTQIA+ » .

Amazon en pleine schizophrénie

Ce n'est pas la première fois que sa « schizophrénie » sur le sujet est reprochée à Amazon. Plus tôt dans l'année, près de 600 employés d'Amazon ont signé une pétition demandant au géant américain de cesser la vente des livres Irreversible Damage et Johnny The Walrus, au motif que ces ouvrages présentent la question transgenre comme relevant de la pathologie mentale. La décision d'Amazon de continuer à vendre ces ouvrages a conduit certains employés à la démission.

Tous les employés n'ont pas les moyens financiers de démissionner. En revanche certains sont prêts à manifester, « un risque que beaucoup d'entre nous sont prêts à prendre car nous ne pouvons pas continuer à travailler pour cette entreprise et fermer les yeux sur sa politique » , a déclaré un employé au site Business Insider. L'employé en question a demandé à rester anonyme, indiquant qu'Amazon avait déjà licencié des employés qui avaient protesté contre les politiques de l'entreprise.

Un taux de suicide plus élevé chez les personnes transgenres

Le choix de proposer un die-in (une forme de manifestation dans laquelle les participants simulent la mort) vient souligner un fait tragique : le taux élevé de suicides chez les jeunes transgenres victimes de discrimination. En effet, selon une étude publiée dans la revue The Lancet Diabetes & Endocrinology, le risque de mortalité chez les personnes transgenres serait deux fois plus élevé que chez celles cisgenres.

Dans le même état d'esprit, en mars 2022, la Seattle Pride (série d'événements qui a lieu chaque année fin juin pour célébrer la fierté LGBT à Seattle) avait refusé le parrainage d'Amazon pour son défilé annuel de la fierté, en raison des « dons financiers de l'entreprise aux politiciens qui proposent et soutiennent activement la législation anti-LGBTQIA+, et qui s'opposent aux pro-LGBTQIA+ et à d'autres législations sur les droits humains » .

Au regard des lois récentes votées par les républicains visant à restreindre l'accès des jeunes transgenres aux traitements médicaux, aux sports et aux installations publiques, nul doute que le combat ne fait que commencer.

commentaires

Participer à la conversation

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.