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Puces en silicone aux couleurs arc-en-ciel
© Laura Ockel via Unsplash

Quelles sont les 10 tech émergentes (et prometteuses) de 2020 ?

Le 18 nov. 2020

Le Forum économique mondial et le journal Scientific American ont dévoilé début novembre les 10 nouvelles technologies les plus intéressantes de 2020. Pandémie oblige, beaucoup de tech liées à la santé sont mises en avant.

Cette sélection a été faite par un comité d'une vingtaine de scientifiques, entrepreneurs, dirigeants d'organisations scientifiques et journalistes réunis par le Forum économique mondial et le journal Scientific American.

La chimie solaire pour convertir le CO2 en matière première

Donner une nouvelle vie au CO2 grâce au soleil ? C’est l’ambitieuse idée de la photosynthèse artificielle. Ce procédé (encore loin de l’industrialisation) permettrait de transformer le CO2 en molécules utilisables par l’industrie chimique pour fabriquer des médicaments, du textile, des détergents… L’un des jalons techniques du développement de cette technologie a été franchi cette année.

Le patient virtuel (ou jumeau numérique)

Des patients uniquement faits de bits et d’octets peuvent servir de cobayes pour tester de nouveaux traitements, implants médicaux et vaccins. Il s’agit plus précisément de jumeaux numériques d’organes humains, voire du corps entier. De quoi raccourcir la mise sur le marché de nouveaux traitements, d’éviter les tests sur animaux et d’élargir le panel de pathologies et de typologies de personnes sur lesquels les médicaments sont testés. Les régulateurs américains et européens ont déjà approuvé des traitements et équipements médicaux, comme des systèmes de mammographie, testés in silico (en plus de tests cliniques sur de vrais patients).

Les micro-aiguilles « non douloureuses »

Des aiguilles de l’épaisseur d’un cheveu (entre 1 et 100 microns) pourraient transformer la manière dont on administre certains traitements ou dont le sang est prélevé. Ce mode d’injection ou de prélèvement est souvent présenté sous forme de patch sur lequel sont fixées les micro-aiguilles. De quoi permettre aux patients de s’appliquer les patchs directement chez eux, prédit le rapport. Plusieurs entreprises et laboratoires sont sur le coup. La solution de Sevensense BioSystems, qui permet au patient de prélever lui-même son sang, a récemment reçu l’approbation de la FDA.

Le spatial computing (le futur de la réalité augmentée)

Imaginez que lorsqu’une personne en fauteuil roulant entre dans une pièce, les objets se déplacent pour la laisser passer. Ce scénario pourrait être possible grâce au spatial computing (traitement des données spatiales), imagine le rapport. Un moyen de numériser les objets réels et leurs positions géographiques pour créer un double numérique d’une pièce (voire d’un bâtiment ou d’une ville) et ensuite, grâce à des capteurs et des moteurs, actionner les objets dans le monde réel… Les premiers utilisateurs de cette technologie seront les industriels.

La médecine sur applis

L’utilisation de chatbots médicaux et applications de détection de symptômes a beaucoup progressé depuis le début de la pandémie, note le rapport. Certaines applications, comme Reset, un programme dédié aux personnes souffrant d’addiction, ou Somryst, une app pour traiter les insomnies, sont validées par la FDA en tant que traitement médical et sont prescrites par des médecins aux États-Unis.

L’avion électrique

Environ 170 projets d’avions électriques seraient en développement, évalue le rapport du Forum économique mondial. La plupart sont de petits avions pour de courts trajets. Mais Airbus estime que son avion électrique de 100 places verra le jour en 2030. Le gros problème reste le poids des batteries, bien plus lourdes et encombrantes qu’un réservoir de carburant, ce qui limite l’autonomie des avions électriques.

Un béton « light » en carbone

Plusieurs initiatives émergent pour alléger le bilan carbone catastrophique du béton. La start-up américaine Solidia a par exemple développé un procédé permettant de réduire de 30 % les rejets de CO2 lors de la fabrication de son ciment. Norcem, l’un des plus grands producteurs de béton de Norvège, inaugurera un site zéro émission en 2030.

L’hydrogène vert

Un moteur à hydrogène n’émet pas de CO2, mais en revanche la majorité de la production d’hydrogène aujourd’hui n’est pas propre, car elle dépend d’énergies fossiles. On parle d’hydrogène gris, noir ou brun. L’hydrogène vert est, quant à lui, produit par électrolyse d’eau, réalisée à partir d’énergie renouvelable. Les grands énergéticiens et start-up s’y intéressent de près. En France, une première unité de production d’hydrogène vert a été inaugurée cette année en Vendée par la start-up Lhyfe.

Les capteurs quantiques

Les capteurs quantiques peuvent atteindre des niveaux de précision jamais égalés, promet le rapport. Ils pourraient être utilisés par des systèmes de navigation sous-marine ou pour mesurer des champs magnétiques de très faibles fréquences et ainsi mieux détecter séismes et activités volcaniques. Le problème reste que ces capteurs, développés par plusieurs labos et entreprises, sont très coûteux à produire, et difficiles à miniaturiser.

Le génome de synthèse

Au début de l’épidémie de Covid-19, une équipe de recherche suisse a réussi à cloner le coronavirus en laboratoire à partir de morceaux d’ADN synthétique. Une prouesse technique, qui pourrait permettre d’accélérer la recherche de traitements. Créer des génomes de synthèses pourrait aussi permettre de concevoir des cellules résistantes au cancer dans le cadre de thérapie génique.

Marine Protais - Le 18 nov. 2020
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