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Un petit garçon devant un ordinateur brandit une liasse de billets
© Elena Gurova via Getty Images

Mighty, l’appli qui veut transformer les enfants en mini Jeff Bezos

Le 5 juill. 2021

Plus de 3 000 petits « CEO » se sont déjà lancés sur cette plateforme américaine, pour qui le commerce en ligne est un jeu éducatif comme un autre. 

Exit les petites corvées domestiques. Pour gagner leur argent de poche, les pré-ados (et les plus petits) peuvent jouer au marchand « pour de vrai ». Mighty, une jeune start-up californienne propose à de jeunes enfants de créer leur boutique en ligne en quelques clics. Cette application accessible à partir de quatre ans s’est lancée il y a un peu plus d'un an aux États-Unis et regroupe déjà 3 000 « CEO » juniors. 

Quelques CEO de Mighty, affichés en homepage du site web

L'entrepreneuriat gamifié 

Après s’être inscrit, chaque startuppeur en herbe choisit un logo, un nom pour sa boutique et les produits qu’il souhaite vendre parmi le catalogue de Mighty et de ses partenaires. On y trouve un peu de tout : de la peinture pour enfant, des jouets, des objets artisanaux, moult accessoires à l’effigie de chiens... Il est aussi possible de personnaliser certains produits (mug, casquette, tote bag, masque…) en y faisant imprimer une photo ou un dessin de son choix. Les prix vont de quelques dollars à une centaine, et Mighty prend une commission sur chaque vente. 

Pour pousser le concept encore plus loin, la plateforme permet aux bébés chefs d’entreprises de suivre leur bases de données clients, d’envoyer des mails à des prospects, mais aussi de se connecter à d’autres CEO via la partie « Communauté » de l’appli. De quoi s’échanger de bons tuyaux - « comment faire en sorte que nos amis deviennent nos clients ? » - et de faire sa publicité.

La start-up, cette belle leçon de vie

Au fur et à mesure qu’il construit son e-shop, le jeune utilisateur est récompensé. À chaque étape - création du logo, écriture de l’histoire de sa boutique - il gagne des compétences, annoncées avec de petits confettis. Bref, l’expérience de l'entrepreneuriat devient un jeu d’enfant. 

Mais l’expérience entrepreneuriale - aussi enrichissante soit-elle - peut aussi être rude et décevante, note TechCrunch. Ces montagnes russes émotionnelles sont-elles adaptées à la psyché d’un enfant de dix ans ou moins ? Dana Mauriello, co-fondatrice de l’entreprise soutient au média qu’à l’instar du sport et de la musique, créer sa e-boutique permet d’apprendre certaines leçons de vie. « On apprend le storytelling, la capacité à bien se vendre, et surtout, les jeunes apprennent qu’il est possible d’échouer, de se reprendre et de réessayer. »

L’idée séduit en tout cas les investisseurs. Mighty a récemment levé 6,5 millions de dollars. 

Sur Roblox et Depop, les ados sont déjà des chefs d’entreprise

Et cela n’a rien de très étonnant. Chez les ados et pré-ados, créer sa petite affaire virtuelle est déjà une tendance émergente, accélérée par la pandémie. Certains revendent leurs fonds de placard sur Depop ou Vinted, d’autres font du trading de sneakers, d’autres encore conçoivent des mini-jeux sur Roblox… moyennant un revenu pouvant atteindre plusieurs milliers d’euros par mois.

Marine Protais - Le 5 juill. 2021
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  • C’est assez affligeant : être entrepreneur n’est pas le seul modèle possible. Ce choix est dicté très souvent par les parents à cet âge là donc le risque est augmenté de décevoir pour les enfants : peu de succès chez ses « clients » (qui seront des copains de cour d’école à cet âge là ) et désillusion des parents

    Quant aux pré ados ou ados qui le feront en cachette, le risque est de faire du sensass ou putaclick
    Bref, à chaque âge son chalenge et ses jeux !