Poignée de mains entre deux hommes avec échange d'argent

Microsoft accusé de corruption : un ancien employé lance l'alerte

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Nouveau scandale chez les géants de la tech ! Après son éviction de Microsoft, Yasser Elabd a dévoilé les rouages d’un système de corruption impliquant de nombreux ex-collègues.

Après l’affaire Frances Haugen du côté de Meta, ou l’épopée Susan Fowler chez Uber, c’est au tour de Microsoft de faire les gros titres. Yasser Elabd, employé chez Microsoft de 1998 à 2018, a dénoncé un système de corruption au fil d’une étude publiée sur Lioness, plateforme spécialisée dans le soutien des lanceurs d’alerte. D’après lui, de nombreux employés seraient impliqués dans un grand système de pots-de-vin, notamment en Afrique et au Moyen-Orient. Quatre ans après avoir quitté l’entreprise, Elabd monte au créneau.

200 millions de dollars par an : le montant annuel versé dans les pots-de-vin

Partenariats d’influence, corruption… En 20 ans de carrière chez Microsoft, Yasser Elabd assure en avoir vu de toutes les couleurs. D’après l’ancien employé, ce qui a d’abord été de l’ordre d’un mauvais pressentiment a été confirmé en 2016. Un détail de facturation, 40 000 $ émanant d'un fonds de développement de Microsoft, envoyés à un client africain qui n’apparaissait pourtant pas sur les listes officielles des clients en interne. Cherchant à interroger les managers, ils les trouvent peu bavards, et visiblement très peu affectés par cette manœuvre suspecte. Les deux ans qui ont suivi, Elabd dit avoir consacré pleinement son énergie à tenter de changer la tendance pour que Microsoft éradique ces activités qui apparaissaient de façon récurrente.

Pour lui, de nombreux collègues alimentaient cette mécanique où les virements et les faux contrats s’étendaient dans les pays où l’entreprise souhaitait élargir son aura, notamment au Ghana, au Zimbabwe, au Qatar ou en Arabie saoudite. D’après le média américain The Verge, il s’agissait surtout de répondre à des demandes suspectes de fonds d’investissements africains, ou dans les cas saoudiens et qataris, à des commandes officielles des gouvernements pour des licences Office pour plusieurs millions de dollars, mais dont le budget finissait toujours par s’évaporer loin de là où il devait atterrir initialement.

En 2018, Yasser Elabd est évincé de l’entreprise. Il dit aujourd’hui avoir été le « paria » de ses collègues qui selon lui n’avaient rien à redire à ce système de corruption. D’après lui, le montant investi dans ces pratiques avoisinerait les 200 millions de dollars par an, ce qui l’a poussé à soumettre ses soupçons aux gendarmes de la Bourse américaine (SEC) en 2019, puis à lancer l’alerte cette année. Entre-temps, Microsoft a assuré avoir repris les choses en main sur cette affaire qui remonterait déjà à plusieurs années (source : Figaro/AFP). Affaire à suivre.

Source : The Verge

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