Un homme avec du scotch sur la bouche

Zoom censure des manifestations virtuelles à la demande de la Chine

© FL-photography via GettyImages

Sur Zoom, on peut tout faire. Ou presque.

Parmi les grands gagnants de la crise du Covid-19, on trouve bien évidemment Zoom. Malgré des failles de sécurité, l’application de visioconférences est devenue un indispensable du confinement. Des milliers d’utilisateurs ont pu organiser leurs réunions et continuer à travailler à distance. Certains ont même utilisé Zoom pour récolter des fonds. D’autres pour manifester en ligne en soutien au mouvement Black Lives Matter. Sur Zoom, on peut tout faire. Sauf organiser un rassemblement virtuel pour commémorer les manifestations de la place Tian’anmen.

Des commémorations virtuelles censurées

Le 4 juin 2020 avait lieu le 31e anniversaire des manifestations pro-démocratie de la place Tian’anmen. Confinement oblige, les commémorations se sont déroulées sur Zoom, permettant ainsi aux résidents chinois de participer. Et ça n’a pas été du goût de Pékin. Les comptes de trois activistes, Wang Dan, Zhou Fengshuo et Lee Cheuk-yan, ont alors été suspendus.

Dans un communiqué sur son blog, Zoom s’est expliqué sur la situation. L’entreprise raconte avoir été contactée par le gouvernement chinois. Ce dernier a indiqué que ces activités de commémorations étaient illégales sur le territoire chinois. Pékin a donc demandé à Zoom de se conformer aux lois locales et d’empêcher ces manifestations en ligne. Aussitôt dit, aussitôt fait : 3 des 4 réunions en ligne visées par la Chine ont effectivement été interdites. Et Zoom d’ajouter qu’il n’appartient pas à l’entreprise « de changer les lois des gouvernements qui s’opposent à la liberté d’expression. »

Démonstration de puissance du Grand Firewall chinois

Zoom a depuis réhabilité les comptes suspendus. En effet, les organisateurs des réunions sont basés aux États-Unis et à Hong-Kong. Ils ne sont donc pas soumis aux lois chinoises. L’entreprise a reconnu son erreur en la matière. Comme dans tout bon mea culpa corporate, Zoom promet de faire mieux la prochaine fois. Mais la solution proposée ressemble à un véritable outil de censure à destination du pouvoir chinois.

« À l’avenir, Zoom ne permettra plus que des demandes émanant du gouvernement chinois impactent des utilisateurs en dehors de la Chine continentale », peut-on lire sur le blog de Zoom. L’entreprise américaine promet donc de développer une fonctionnalité pour empêcher des utilisateurs d’assister à une réunion en fonction de leur lieu de résidence. Et offre donc à Pékin un super outil pour renforcer son Grand Firewall.

Alors que du côté des réseaux sociaux américains, on brandit la liberté d’expression pour se décharger de la question de la modération, Zoom préfère remballer son étendard free speech et dérouler le tapis rouge à la Chine. Chacun son truc.

premium2
commentaires

Participer à la conversation

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.