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Une jeune femme qui fait de la boxe
© cottonbro via Pexels

Cyberharcèlement : Facebook, le pire réseau pour les adolescentes

Le 7 oct. 2020

Dans l'espace public comme sur les réseaux sociaux, les femmes doivent faire face au harcèlement. Et ça commence dès l'adolescence.

Entre insultes, dickpics non sollicitées et humiliations, il ne fait pas bon être une femme sur Internet. Et d’après l’ONG Plan International, ça ne s’arrange pas pour la génération Z. Une étude menée auprès de 14 000 femmes âgées de 15 à 25 ans dans 22 pays – dont la France ne fait pas partie – montre que plus de la moitié d’entre elles (58%) ont déjà été victimes de harcèlement et d’abus en ligne. Encore plus frappants, les résultats sont quasi-uniformes à travers le globe. De Lima à Djouba en passant par Sydney, les filles de la Gen Z se heurtent à la violence d’Internet. Même lorsqu’elles n’ont pas vécu la situation elles-mêmes, une grande majorité a dans son entourage d’autres filles qui ont subi du cyberharcèlement, indique le rapport. Les premières violences en ligne se situent entre 14 ans et 16 ans, un âge où les ados sont particulièrement vulnérables.

Facebook, le pire réseau où être une jeune femme

Pendant le confinement, on a assisté à une recrudescence du revenge porn, notamment via l’explosion des comptes « Fisha » sur Snapchat. Sur ces groupes privés sont diffusées des photos à caractère sexuel de jeunes filles sans leur accord, parfois accompagnées de lien vers leur profil perso. La pratique a de quoi donner la nausée mais d’après l’étude International Plan, Snapchat est loin d’être le pire des réseaux pour les jeunes filles. Elles sont 10% à rapporter avoir été victimes de harcèlement sur la plateforme, soit un peu plus que sur Twitter (9%). En revanche, près d’un quart des sondées ont été cyberharcelées sur Instagram.

Mais c’est Facebook qui remporte la palme du réseau le moins sécurisé avec 39% de femmes harcelées sur la plateforme. « Je me sens moins attaquée sur Instagram. Il y a plus de violence sur Facebook », affirme une participante à l’étude péruvienne de 24 ans. Tandis qu’une autre originaire du Malawi confie qu’elle « préfère rester sur WhatsApp parce qu’[elle s’]y sens plus en sécurité. » TikTok, le réseau social de cette génération, ne concentre que 6% des plaintes. Signe d’une amélioration pour cette génération ?

Les types de harcèlements vécus par les femmes

Le terme cyberharcèlement englobe malheureusement un spectre assez large de pratiques. En tête de celles-ci, les insultes, subies par 59% des sondées. Suivent les menaces de violences sexuelles ou physiques, qui concernent 47% des femmes. Malgré l’émergence du mouvement body positive, les réseaux sociaux et le monde des adolescents restent propices au body shaming, subit par 39% des femmes de la génération Z. Le harcèlement sexuel concerne aussi 37% des sondées.

Évidemment, les attaques en ligne contre les femmes croisent d’autres types de harcèlement : 26% doivent également faire face à des commentaires anti-LGBTQ+ et 29% des attaques racistes.

Des insultes virtuelles, des conséquences bien réelles

Ces attaques sur les espaces virtuels ont des conséquences bien réelles, mises en lumière par le rapport. Ainsi, 42% des adolescentes à travers le monde ressentent les effets psychologiques du cyberharcèlement. La même proportion fait même face à une baisse de l’estime de soi. Enfin, un quart d’entre elles se sentent physiquement vulnérables à cause du harcèlement sur les réseaux sociaux. Résultat : elles sont 18% à avoir arrêté de poster des contenus dans lesquels elles expriment leur opinion. Un peu plus d’une adolescente sur dix a même carrément arrêté d’utiliser certains réseaux sociaux. Un chiffre qui encouragera peut-être les grosses plateformes à s’emparer du problème.

Pour retrouver l'étude complète ainsi que sa méthodologie, cliquez ici.

Alice Huot - Le 7 oct. 2020
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