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PaladinAmber, la streameuse qui ne se laisse pas faire
© paladinamber viaTwitch

Comment les streameuses luttent contre le sexisme sur Twitch ?

Le 6 juill. 2020

Sur la plateforme de vidéo en direct, le public est majoritairement masculin et pas toujours bien attentionné. Comment les streameuses réagissent-elles en cas d’attaque sexiste ?

Comme beaucoup d’autres secteurs avant elle, l’industrie du jeu vidéo est en train de vivre son moment #MeToo. En plus d’avoir des problèmes de harcèlement sexuel ou des comportements sexistes dans les studios de développement, la scène gaming et la plateforme Twitch en particulier est aussi un bastion de masculinité toxique. Les streameuses qui jouent en direct sur le réseau sont bien souvent importunés par des membres de leur communauté ou bien confrontés à des insultes et des comportements déplacés de la part d’autres joueurs. Face au manque de réactivité de Twitch, les streameuses commencent à contre-attaquer en mettant en évidence les comportements inappropriés.

Dénoncer les comportements sur les autres réseaux

Rendre publiques les agressions sur des réseaux comme Twitter est la première arme à disposition des streameuses. L’avantage du format, c’est qu’il est possible de capturer en vidéo les moments exacts où les joueurs dérapent afin de mieux les exposer par la suite. C’est ce qu'a fait Chassidy Kaye, plus connue sous le pseudo de Triumph Cupcake, une streameuse spécialisée dans le jeu Overwatch. Cette dernière se heurte régulièrement à d’autres twitcheurs (souvent des jeunes hommes) au comportement sexiste. En juillet 2019, alors qu’elle était en direct sur Twitch, elle est tombée sur un groupe de joueurs qui a mal pris ses réflexions sur leur façon de jouer. Ces derniers lui ont demandé dans l’hilarité générale « de la fermer » puis d’aller à la cuisine « leur préparer un sandwich » tout en se gaussant sur le « QI bas des femmes ». La twitcheuse a posté l’extrait vidéo sur Twitter ainsi que les pseudos des joueurs toxiques qui l’ont insultée.

La streameuse QuarterJade a, elle aussi, subi des assauts verbaux de la part d’un joueur qui faisait partie de son équipe. Là encore, la conversation enregistrée a été diffusée sur Twitter afin de susciter une réaction de la part de la communauté. Malheureusement, la joueuse est loin d’être la seule à essuyer des insultes en ligne et d’autres streameuses ont avoué par la suite qu’elles préfèrent fermer leur micro et ne pas révéler qu’elles sont des femmes, pendant les parties.

Pour le moment, cette mise en avant des comportements toxiques permet surtout de libérer la parole et de rendre le problème plus visible. Cependant, les joueurs proférant des insultes pendant les parties sont rarement punis.

Troller les fans sexistes pour les faire taire

En plus de devoir gérer les joueurs toxiques, les streameuses interagissent avec leur communauté de spectateurs et d’abonnés payants. Sur une plateforme comme Twitch, où la grande majorité des utilisateurs sont des hommes, les remarques sexuelles et sexistes sont malheureusement monnaie courante. Pour lutter contre ce fléau, la streameuse australienne PaladinAmber, Amber Wadham de son vrai nom, a une méthode plutôt efficace. À la moindre parole déplacée de la part de sa communauté, elle enclenche un dispositif de « breaking news » à multiple caméras afin d’envoyer le rustre se faire voir ailleurs de manière comique et ferme à la fois.

Cette belle manière d’éduquer les masses se retrouve aussi chez Ashley Roboton, une streameuse qui a eu le malheur d’apparaître sur la plateforme de gaming avec un pull à col roulé. Moquée par les spectateurs hommes qui lui demandent de montrer davantage de poitrine, la vidéaste a eu le bon réflexe d’interrompre son chat et d’inciter fortement les spectateurs mécontents à fermer leurs bouches.

L’union fait la force

Une autre solution pour lutter contre les agressions sexistes consiste à créer des collectifs de streameuses au sein desquels les utilisatrices de Twitch peuvent se soutenir et se mettre en avant. C’est justement ce que fait Stream’Her, une plateforme d’échange créée sur Discord et Twitch. Les joueuses peuvent y promouvoir leurs émissions ou bien faire venir un public plus féminin. Comme pour l’association Les Internettes, le site de Stream’her répertorie les femmes de Twitch afin de les rendre plus visibles. Il faut dire que sur cette plateforme, Deujna, la première streameuse française en nombre de followers, arrive seulement au 38e rang du classement national. La lutte pour une scène vidéo ludique plus équilibrée et moins sexiste ne fait que commencer.

David-Julien Rahmil - Le 6 juill. 2020
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