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Des manifestants pour la planète
© Halfpoint via GettyImages

No school, no kids, no shopping... qui sont les insurgés du climat ?

Marie Tétrel
Le 3 déc. 2019

On n’a pas deux planètes, et ils ont la nette impression qu’on est en train de cramer la leur. Alors, les insurgés du climat disent NO.

No School : c'est pas sur les bancs de l'école qu'on va sauver la planète

Depuis que Greta Thunberg, lors de la COP24 de décembre 2018, a appelé ses congénères à la grève scolaire internationale pour le climat, on n’arrête plus nos ados. Ils seraient deux millions de jeunes mobilisés par les Fridays for Future, dans plus de 120 pays et 2 000 villes dans le monde. Le mouvement Youth for Climate, lancé en Belgique, multiplie les antennes locales et organise des marches. En août 2019, face au lac Léman, le sommet Smile for Future a réuni 450 jeunes venus en bus ou en train depuis 38 États européens. Au programme : conférences et ateliers. Chez les trentenaires, le lobby citoyen La Bascule n’a pas réussi à monter son « Woodstock pour le climat » en 2019, mais le promet pour l’année prochaine.

No Négo : on ne badine pas avec le climat

« Aux arbres, citoyens ! » Pour la faire courte, ils jugent les engagements pris par les États très largement insuffisants pour lutter contre le réchauffement climatique. La Marche du siècle de mars 2019 a réuni des dizaines de milliers de manifestants à travers la France. À l’origine, une ribambelle de youtubeurs et une toute jeune organisation : Le Mouvement. Contre « l'inaction climatique », certains appellent à la désobéissance civile, non violente. Le collectif Extinction Rebellion (XR), têtes de mort et drapeau noir, compte rallier à sa cause 3,5 % de la population, proportion qui est censée donner la victoire aux révolutions non violentes. D’autres mouvements radicalisés – ANV COP21 (branche résistance d’Alternatiba), Deep Green Resistance – se font peu à peu un nom. Eux, c’est sûr, ils sont plus chauds que le climat.

No Kids : pas de planète, pas d'enfant

C’est le retour en grâce des idées de Thomas Robert Malthus, prêtre anglican qui préconisait au début du XIXe siècle de faire moins d'enfants pour éviter les famines. Les raisons ? Les désastres écologiques et les conclusions d’une étude de 2017 selon laquelle réduire d’un mouflet la famille reviendrait à diminuer de 58,6 tonnes par an nos émissions de CO2. L'équivalent de 50 allers-retours Paris-New York, tout de même. À ce tarif, les jeunes seraient de plus en plus nombreux à hésiter à se reproduire. La sociologue Charlotte Debest tempère : il n’y aurait que 5 % de personnes concernées par le non-désir d’enfanter.

No Bro : la convergence des luttes

L’écoféminisme fait de deux causes une seule lutte. Écologie et féminisme, même combat contre le « capitalisme patriarcal » qui oppresse les femmes et détruit la nature… Dans les faits, elles sont effectivement les plus touchées. Le risque de décès dû aux désastres environnementaux est 14 fois plus élevé chez les femmes et les enfants. En 2018, une étude américaine indiquait que les comportements comme « aller à l'épicerie avec un sac en toile réutilisable plutôt qu'utiliser des sacs en plastique » étaient perçus comme « féminins ». L’écoféminisme devra donc extirper quelques clichés. Ben non, l’écologie, c’est pas un truc de bonnes femmes. En France, le premier festival écoféministe a été organisé par le collectif Les Engraineuses en juin 2019.

No Shopping : la décroissance comme mode de vie

Ils l’affirment. Leur bonheur à eux, ils ne le trouveront pas en promo. Pas en tête de gondole non plus. Ils vont se le tricoter à la main. Ils préfèrent se faire une rando à leur rythme que de prendre l’avion pour aller vite plus loin, faire des confitures en pot plutôt que de manger des fraises en hiver, se laver les cheveux à la farine plutôt que de se tartiner de perturbateurs endocriniens... Une filiation baba, un petit côté bobo, qui se la joue survivaliste. Parce que savoir reconnaître les plantes sauvages et boire l’eau des rivières, c’est sympa, aussi. Allez... des « survibabos », quoi.


Cet article est paru dans la revue 20 de L'ADN. Pour vous en procurer un exemplaire, cliquez-ici.


 

Marie Tétrel - Le 3 déc. 2019
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