Deux filles dans l'herbe

Objectif retraite : les Z s'y voient déjà, et dès 55 ans s'il vous plaît

© domoyega

D'après une étude, 25 % des Z entendent s'organiser pour prendre leur retraite le plus tôt possible. Normal, le corporate les gonfle et ils le font savoir.

Travailler ne fait plus rêver personne, et surtout par les Z qui entendent quitter leur job plus vite. C'est en tous cas ce qu'indique une étude menée par Goldman Sachs Asset Management publiée début décembre. Cette dernière confirme une tendance à l’œuvre chez les plus jeunes : la remise en question du monde du travail et des codes de l'entreprise jugés trop contraignants et obsolètes, voire absurdes ou injustes.

Vidéos anti-work, grande démission et retraite comme horizon

Après avoir adoré les vidéos de youtubeurs dézinguant le monde du travail et le capitalisme ou s'être affichée sur les réseaux en claquant avec panache la porte du boulot, la génération Z aurait pris une nouvelle résolution : tirer asap une croix sur le #9to5 et convoler vers une vie composée de loisirs, petites siestes ou travail associatif... Une ambition qui n'a rien d’étonnant alors que les concepts de décroissance, revenus universels et semaine de 4 jours gagnent en popularité.

D'après la banque d'investissement, les plus jeunes des sondés (âgés de 21 à 24 ans) se mettent le doigt dans l’œil au vue de leur réalité financière qui ne leur permettra pas d'assouvir leur doux fantasme. À titre de comparaison, seulement 8 % des retraités sondés par Goldman ont pu tirer leur révérence avant 55 ans, et l'âge moyen de la retraite des Américains est actuellement de 62 ans...

#corporatetiktok, là on l'on se rit de l'entreprise

Ces données chiffrées ne découragent pourtant pas Z et millennials. Faute de pouvoir atteindre leur objectif de retraite anticipée, ils préfèrent rire (jaune), vider leur sac ou railler les codes et modus operandi des corporations pour une expérience tout à fait cathartique sur TikTok. Ici, le #corporatetiktok (presque 400 millions de vues à ce jour, pour près de 300 millions au début du mois) rassemble moqueries du jargon employé dans les mails professionnels et commentaires dépités sur le non respect des arrêts maladies lorsqu'on télétravaille. (N'oublions pas non plus les sketchs sardoniques sur les fêtes de Noël un peu nulles entre collègues.)

Cette dernière vidéo est celle de la créatrice Jenna Hushka, dont les contenus dédiés à la culture corporate attirent de plus en plus d'internautes. Avec plus de 6 millions de vues pour ces vidéos, elle met le doigt sur les failles et manquements des entreprises avec humour et second degré. « Je pense qu'il est rafraîchissant de pouvoir parler ouvertement de situations réelles et de s'en moquer. Nous sommes tellement habitués à penser que nos emplois sont toute notre identité... » , a-t-elle expliqué à Dazed.

La chute de la Girl Boss

Ce désamour de l'entreprise n'est pas sans bousculer certaines imageries auparavant populaires. Jadis louée comme un parangon de modernité et de féminisme pop, d'émancipation et d'indépendance, la figure de la Girl Boss idéalisée dans les années 2010 est maintenant attaquée de toutes parts. Les OG Girl Boss : Sheryl Sandberg de Facebook et Sophia Amoruso, ancienne fondatrice CEO de la plateforme Nasty Gal.

Son éthos : le travail, les morning routines, la discipline et l'ascension dans un monde dominé par les hommes. Dans le business, la Girl Boss (ex that girl) est un leader dynamique qui régit d'une main de fer ses équipes et navigue avec audace dans les eaux troubles de l'autoentrepreneuriat. CEO ou super vendeuse MLM, elle n’économise pas sa peine et s'attend à ce que les autres fassent de même.

Mais de la Girl Boss portée aux nues, il ne reste plus grand-chose. Les incarnations IRL du persona se sont au fil des années craquelées pour révéler son vrai visage : celui d'un capitalisme dur relooké à la sauce girl power. En 2021, des scandales éclaboussent le studio de podcasts réputé Louie Media et l'équipe de la newsletter Les Glorieuses. De l'autre côté de l'Atlantique, c'est la gourou américaine du développement personnel Rachel Hollis qui s'est distinguée par ses sorties sur Twitter et achève de planter les derniers clous dans le cercueil de la Girl Boss.

Le travail est mort, vive le travail ?

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